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Full text of "L'Élevage des chèvres"

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Agriculture 
Canada 

Publication 1820/F 




l 7 e levage des 
CHÈVRES 



Canada 



Digitized by the Internet Archive 

in 2011 with funding from 

Agriculture and Agri-Food Canada - Agriculture et Agroalimentaire Canada 



http://www.archive.org/details/llevagedeschvresOOemon 



Publication 1820/F 



CANAD1AM 
SEP 25 I99> 



L'ELEVAGE DES CHÈVRES 



Agriculture Canada Publication 1820/F 
On peut en obtenir des exemplaires à la 
Direction générale des communications 
Agriculture Canada, Ottawa K1A0C7. 

®Ministre des Approvisionnements et Services Canada 1989 
N°.decat.A63-1820/1989F ISBN: 0-662-95332-0 
Impression 1989 3M-6:89 

Also available in English under the title: 
Goats and their management. 



AVANT-PROPOS 

Ce guide pratique, élaboré par la Société canadienne des 
éleveurs de caprins et publié par Agriculture Canada, sera 
utile à quiconque veut se renseigner sur l'élevage des 
chèvres. 

Étant donné que les races laitières constituent la majeure 
partie du cheptel caprin du Canada, la présente publication 
est consacrée surtout à leurs besoins. Cependant, le dernier 
chapitre décrit la chèvre Angora et les Naines, la Pygmée et 
la Nigérienne; pour plus de renseignements sur ces races, 
s'adresser à la Société canadienne des éleveurs de caprins. 



Rédigé et illustré par Sara Emond, technicienne en élevage 
caprin, pour le ministère de l'Agriculture de l'Alberta. 



TABLE DES MATIERES 



INTRODUCTION / 4 

LA TAILLE DE L'EXPLOITATION / 4 



LA COMMERCIALISATION / 5 

Chevreaux de boucherie et reproducteurs 

LE LOGEMENT DES CHÈVRES / 6 

Chèvrerie 

Mangeoires 

Clôtures 

Abreuvoirs 

Salle de traite 

Amélioration de l'exploitation 

Électricité 

CHOISIR DE BONNES CHÈVRES / 12 

LA NUTRITION/ 20 

Apport énergétique 

Protéines 

Calcium et phosphore 

Sel 

Oligo-éléments 

Vitamines 

Eau 

LES ALIMENTS/ 25 

L'ALIMENTATION/ 26 

Cabris nouveau-nés 
Chevrettes de renouvellement 
Chevreaux de boucherie 
Chèvres en lactation 
Chèvres en gestation taries 
Boucs 

LA REPRODUCTION / 29 

Sélection en vue de l'amélioration génétique 

Âge à la première saillie 

Saison d'accouplement 

Détection des chaleurs 

Sélection du bouc 

Monte en main ou monte en liberté 

Insémination artificielle 



Tests de gestation 
Développement foetal 
Gestations indésirables 
Accouplements en saison et hors-saison 
Problèmes chez les chèvres 

LA PARTURITION /39 

Prévenir les problèmes 
Détecter les problèmes 
Résoudre les problèmes 
Soins après la naissance 

L'ENLÈVEMENT DES BOURGEONS DE 
CORNE/ 44 

LA CASTRATION DES 
CHEVREAUX/ 44 

LE TATOUAGE / 44 

LA TAILLE DES ONGLONS /45 

LES CHÈVRES LAITIÈRES / 45 

Traite 

Traitement du lait 
Qualité du lait 

LES MALADIES/ 49 

Infections 

Carences nutritionnelles 

Problèmes digestifs 

Parasites 

Maladies respiratoires 

Maladies provoquant la boîterie 

Infections à clostridies 

Pasteurelloses 

Myeoplasmoses 

Mammites 

Autres maladies 

Principales maladies des chèvres transmissibles 

aux humains 

AUTRES RACES / 62 

L'Angora 

Les Naines : la Pygmée et la Nigérienne 

Pour de plus amples renseignements 



INTRODUCTION 

Créatures curieuses et malicieuses, les 
chèvres touchent indéniablement une corde 
sensible du coeur humain. 

Les chèvres sont très sociables. Bien 
qu'elles semblent faire bloc face à de nouvelles 
arrivées dans le troupeau, elles acceptent la 
nécessité de vivre en commun. Acceptant aussi 
que des êtres humains fassent partie du troupeau, 
elles suivent souvent volontiers leur «maîtresse 
chèvre»... humaine. Les cabris en particulier sont 
très confiants, aux premières heures de leur vie, 
et une chèvre tolérera facilement près de ses 
petits la personne qui l'a aidée à mettre bas. Ce 
sont sans doute ces traits de comportement qui 
ont permis la domestication de la chèvre. 

La chèvre primitive a été domestiquée il y a 
quelque 10 000 ans, bien plus tôt que tout autre 
animal, même le chien. L'homme de cette 
époque la gardait surtout, semble-t-il, pour avoir 
de la viande fraîche. 

Les races caprines modernes, d'une 
productivité supérieure, ont été créées par les 
humains à partir de l'espèce primitive. De nos 
jours, l'Angora donne 10 kg de mohair par année; 
la Boer, une chèvre de boucherie d'Afrique du 
Sud à croissance rapide, atteint un poids vif de 
100 kg. Les races laitières communes peuvent 
produire plus de 1000 kg de lait en 10 mois. 

Les chèvres que nous voyons au Canada 
proviennent quasi exclusivement des races 
laitières européennes. Nous avons importé 
directement d'Europe les races laitières Alpine, 
Saanen, Toggenburg et Oberhasli. L'Alpine vient 
évidemment de France; c'est une race de toutes 
les couleurs et combinaisons de couleurs. La 
Saanen, originaire de la vallée de la Saane, en 
Suisse, est devenue la plus répandue des 
espèces améliorées, en raison de sa grande taille 
et de son excellente production; sa robe est 
uniformément blanche ou crème. La Toggenburg, 
originaire du nord-ouest de la Suisse, est une 
chèvre brune à marques blanches sur la face, le 
tronc et les pattes. L'OberhasIi, reconnue 
récemment au Canada comme race distincte, 
appartient à la famille des chèvres d'OberhasIi- 
Brienz, des Alpes suisses. Même l'amélioration 
génétique de la Nubienne s'est principalement 
faite en Angleterre. 

Si l'élevage est bien conduit, ces races 
produisent des quantités extraordinaires de lait. 
Lorsqu'elles sont exportées dans le Tiers-Monde, 
elles en donnent beaucoup moins qu'au Canada, 
mais leur production est néanmoins plusieurs fois 
supérieure à celle des chèvres indigènes. 
Croisées avec des chèvres locales, elles ont déjà 
amélioré le rendement de la nouvelle génération 
dans ces pays. 

Mais les besoins en lait de chèvre ne sont 
pas limités au Tiers-Monde. Au Canada, 



nombreuses sont les familles qui gardent des 
chèvres pour leur autoconsommation de lait. Plus 
faciles à élever que les vaches, elles mangent 
moins et la quantité de lait qu'elles produisent est 
plus facile à gérer. 

Des chèvres saines, d'un bon élevage, 
donnent du lait dont le goût ne se distingue 
pratiquement pas de celui du lait de vache. La 
plupart des personnes allergiques au lait de vache 
digèrent facilement le lait de chèvre. En outre, 
celui-ci est exempt d'agglutinine (l'enzyme qui, 
dans le lait de vache, amène la crème à se 
rassembler et monter à la surface), nous donnant 
ainsi un produit naturellement homogénéisé. Le 
lait de chèvre forme un caillé plus moelleux, que 
beaucoup de gens trouvent plus facile à digérer. 
Sa texture et sa saveur uniques à l'ensemence- 
ment en font un ingrédient essentiel de nombreux 
fromages. 

Qu'on élève des chèvres pour la production 
commerciale ou pour la consommation familiale, 
elles doivent de toute évidence être de bonnes 
productrices. Vous trouverez un excellent matériel 
génétique dans n'importe laquelle des races 
laitières canadiennes, et vous aiderez ces animaux 
à réaliser tout leur potentiel par une bonne gestion 
du troupeau et une nutrition équilibrée. L'entretien 
d'une piètre productrice est presque aussi coûteux 
que celui d'une bonne laitière; par contre, un 
animal en santé à forte production vous permettra 
de rentrer plusieurs fois dans vos frais. 

LA TAILLE DE L'EXPLOITATION 

C'est là une des premières décisions que 
vous aurez à prendre. Pour avoir assez de lait 
pour la consommation familiale, il suffirait de deux 
bonnes chèvres qui commencent une lactation 
(après avoir chevreté) à des époques différentes 
de l'année. Une chèvre qui produit 1000 kg de lait 
au cours d'une lactation de 10 mois arrive 
normalement à un sommet d'environ 5 à 5,5 L par 
jour au cours du deuxième mois, après quoi sa 
production diminue de 10 à 15% par mois. Une 
chèvre qui donne 5 L de lait en mai n'en donnera 
probablement plus que 2,5 L en octobre ou 
novembre. Au Canada, la grande majorité des 
chèvres mettent bas en mars, mais il n'est pas 
difficile de faire en sorte qu'une chèvre commence 
une nouvelle lactation au moment qui vous 
conviendra, entre février et juillet. Si l'une de vos 
chèvres met bas en février et l'autre en juillet, 
l'approvisionnement en lait sera plus régulier. 

Trois ou quatre chèvres vous donneraient 
peut-être un plus grand sentiment de sécurité, au 
cas où l'une d'elles aurait des problèmes; 
cependant, à moins que vous n'utilisiez le surplus 
de production ou que vous n'ayez un marché pour 
l'écouler, ce ne serait pas rentable. Les chèvres 
se reproduisent rapidement et les chevrettes 
deviennent généralement productrices au bout 



d'un an ou deux. Vous devrez donc décider 
combien de chèvres vous garderez et vous en 
tenir à ce nombre; la surpopulation dans la 
chèvrerie est malsaine pour les animaux et très 
frustrante pour l'éleveur. 

Si vous vous proposez de commercialiser 
votre production, le problème sera le même. La 
régularité de l'approvisionnement compte pour 
beaucoup dans la commercialisation du lait, du 
yogourt ou du fromage. En fait, la demande de 
lait et de produits laitiers est plus forte en hiver 
qu'en été. Pour y répondre, il faudra qu'un plus 
grand nombre de chèvres, sinon la plupart, 
commencent leur lactation aussi tard que possible, 
jusqu'en octobre ou novembre. 

A moins d'avoir une grande expérience de la 
production laitière en général et des chèvres en 
particulier, vous achèterez probablement plus de 
bêtes que vous ne pourrez en élever. Essayez 
d'abord, pendant environ un an, de traire une 
dizaine de sujets, pour avoir une idée de ce qui 
vous attendrait avec un plus grand troupeau; 
ensuite, si vous êtes toujours intéressé à en 
traire 50, peut-être faudrait-il tenter l'aventure! 
Ces 10 premières chèvres constitueront probable- 
ment un bon début pour un troupeau commercial, 
si vous étiez généralement satisfait de leur 
production, de leur résistance et de leur état de 
santé. Si vous renoncez à vous lancer dans la 
production commerciale, vous aurez assez d'ani- 
maux pour la sélection d'un bon petit troupeau. 

De nombreux facteurs risquent de décou- 
rager ceux qui voudraient constituer un troupeau 
commercial : difficulté de trouver de l'aide 
rémunérée fiable, animaux ne répondant pas aux 
attentes, problèmes de santé du troupeau, pour 
n'en citer que quelques-uns. Du point de vue de 
la faisabilité économique, un assez large écart 
sépare le troupeau de quatre laitières du troupeau 
de 50. Le lait de 10 laitières est souvent trop 
abondant pour la consommation familiale et pas 
assez pour la vente. Cependant, l'éleveur qui 
désire garder des animaux d'exposition de race 
pure, en comptant sur la vente de reproducteurs 
pour payer les factures, devra être à la tête d'une 
dizaine de chèvres au minimum s'il veut réussir 
des améliorations génétiques. S'il ne vend pas de 
lait, cet éleveur aura à supporter des pertes nettes 
au moins pendant les quelques premières années, 
avant de se faire une réputation. 

LA COMMERCIALISATION 

Si on produit du lait pour la vente, on doit 
respecter la réglementation de la région où on 
compte l'écouler. La plupart des municipalités et 
des comtés ont des règlements qui interdisent la 
vente de lait cru. Même le lait pasteurisé devra 
être traité de la façon spécifiée, pour éviter toute 
contamination avant de sceller le contenant. 



Le lait peut être contaminé de diverses 
façons. Les chèvres, même apparemment saines, 
peuvent évacuer dans leur lait des micro- 
organismes tels que des toxoplasmes ou des 
salmonelles. Comme elles le font de façon 
intermittente seulement, on détecte difficilement 
les bactéries par échantillonnage. Une mammite 
non virulente passe souvent inaperçue pendant un 
certain temps, même si vous procédez 
régulièrement à des numérations cellulaires ou au 
test californien de détection de la mammite (CMT) 
sur votre troupeau. Les mains du trayeur, la 
trayeuse ou même l'air de la salle de traite 
peuvent transmettre des germes pathogènes. 

Votre famille et vous-même êtes probable- 
ment immunisés contre la plupart des germes 
pathogènes présents dans le troupeau et dans 
l'environnement, mais il n'est pas certain que tous 
les consommateurs du lait que vous vendez le 
soient aussi. En fait, ce sont souvent les 
personnes les plus sensibles aux risques— bébés, 
personnes âgées, malades — qui constituent la 
clientèle du lait de chèvre. Votre devoir est de ne 
livrer à vos clients qu'un produit parfaitement 
propre et de qualité supérieure, ce qui implique la 
pasteurisation. Plus le lait sera propre au départ 
et plus tôt il aura été pasteurisé après la traite, 
meilleur il sera. 

Pour pasteuriser le lait, il faut le chauffer à 
une température à laquelle presque toutes les 
bactéries seront éliminées, après quoi on le 
refroidit rapidement pour éviter le développement 
d'odeurs anormales et la prolifération bactérienne. 
En outre, ce procédé rend inactifs certains 
enzymes du lait, notamment la lipase, qui donne le 
goût «de chèvre». 

Dans certaines régions, la vente de lait cru 
aux clients qui viennent l'acheter à la ferme, dans 
leur propre contenant, est encore tolérée. C'est 
une pratique que nous ne pouvons pas 
recommander. En fait, ce serait même une bonne 
idée d'acheter un appareil de pasteurisation pour 
le lait destiné à votre propre famille, même si vous 
ne soupçonnez aucun problème. 

Les laiteries commerciales sont obligées de 
pasteuriser tout le lait destiné à la vente. La 
plupart des fromageries pasteurisent également le 
lait avant la fabrication, simplement pour être sûrs 
que les cultures ne sont pas altérées. 

Au Canada, ce sont les provinces qui éta- 
blissent les règlements en matière de production 
laitière, l'objectif étant de rendre la consommation 
du lait parfaitement sécuritaire pour les con- 
sommateurs. Mais les règlements peuvent aussi 
servir de guide pour vous permettre de produire 
avec le minimum d'efforts du lait de première 
qualité. En respectant les spécifications appli- 
cables aux installations et les recommandations de 
salubrité, vous économiserez temps, énergie et 
argent. S'il n'existe pas de règlements pour les 



producteurs de lait de chèvre dans votre région, 
suivez ceux qui s'adressent aux producteurs de 
lait de vache. 

Peu de producteurs peuvent s'offrir un atelier 
de fabrication. En fait, la plupart des petits 
troupeaux ne produisent pas assez de lait en deux 
ou trois jours pour remplir l'appareil de 
pasteurisation d'un atelier de fabrication moyen. 
Pour que le traitement soit rentable, il faut donc 
que plusieurs producteurs coopèrent, en envoyant 
leur lait à la même laiterie. 

Dans la plupart des accords de traitement, le 
fabricant commercialise le produit fini et exige un 
approvisionnement régulier en lait de bonne 
qualité; les producteurs doivent s'engager à le 
fournir et être capables de le faire. Un contenant 
attrayant pourra tenter de nouveaux clients, mais 
si l'on veut conserver le marché, il faut que le 
produit soit disponible de façon suivie et que son 
goût soit toujours identique. 

Chevreaux de boucherie et 
reproducteurs 

Dans toute exploitation laitière, un jeune 
qu'on n'utilise pas pour le renouvellement du 
troupeau peut devenir une charge. Le nourrir 
exige en effet à la fois du temps et de l'équipe- 
ment. 

Les producteurs qui vendent leur excédent 
de chevreaux pour la boucherie élèvent souvent 
ceux qui sont nés au cours de l'été jusqu'à ce 
qu'ils atteignent le poids de mise en marché, en 
les laissant à la mamelle, s'ils ne veulent pas du 
lait. Cette pratique fait économiser du travail, mais 
c'est un peu risqué : comme l'état du pis n'est pas 
surveillé de très près, une mammite risque de se 
déclarer. De nombreux producteurs préfèrent 
donc vendre à bas prix, à qui voudra les élever 
pour la boucherie, leurs cabris de réforme de 
4 jours. 

Quelle que soit la solution retenue, encore 
faut-il qu'il existe un marché. Les marchés ne 
sont pas aussi organisés pour la viande de chèvre 
que pour celle de boeuf ou de porc, mais les 
abattoirs achètent souvent des chevreaux juste 
avant Pâques ou Noël. Ils veulent alors des 
animaux dont le poids vif est de 20 à 25 kg. Aux 
autres époques de l'année, les débouchés 
risquent d'être rares. 

Pour la vente de viande au détail, il faut que 
les animaux soient abattus dans un abattoir 
contrôlé. Si cela vous intéresse, vous pourriez 
demandez à un petit abattoir s'il serait disposé à 
réserver aux chèvres de boucherie un jour par 
semaine ou par mois; sans doute devrez-vous 
également créer le marché de vente au détail. 
Vous devrez garantir la livraison d'un certain 
nombre d'animaux ou d'une certaine quantité de 
viande, et tenir compte des goûts des clients. 
Heureusement, l'intérêt pour le chevon (viande de 
chèvre) se développe au Canada. 



Il existe aussi un marché pour les animaux 
reproducteurs, mais la concurrence y est assez 
vive. Vous arriverez parfois à vendre à des 
exploitations familiales des chevreaux améliorés 
par croisement et inscrits, issus d'un père testé, 
d'une race laitière à forte productivité et provenant 
lui-même d'une bonne sélection. Cependant, la 
demande la plus lucrative concerne les animaux 
de race pure et les «Canadian of Breed» pour les 
expositions et la production laitière. Les acheteurs 
voudront avoir la preuve de la productivité, sous 
forme de courbes de production laitière; ceux qui 
achètent à distance s'intéresseront aussi aux 
renseignements que fournissent l'inscription 
relative à la classification et les prix obtenus lors 
des expositions. Plus vous aurez de renseigne- 
ments à fournir sur les reproducteurs, plus 
grandes seront vos possibilités de répondre aux 
besoins des clients. Ne négligez pas la publicité 
si vous voulez porter ces renseignements à 
l'attention d'éventuels acheteurs; la publication de 
petites annonces dans les revues destinées aux 
éleveurs vous y aidera. 

Que vous éleviez des animaux de race pure 
ou des animaux améliorés par sélection génétique, 
à petite ou à grande échelle, vous devrez de 
temps à autre réformer une chèvre. Les raisons 
les plus courantes pour lesquelles on se débar- 
rasse d'un animal sont les mammites chroniques, 
la faible productivité et les problèmes de 
reproduction. Ne vendez jamais un animal qui 
présente de tels problèmes autrement que pour la 
boucherie. Si vous l'emmenez aux enchères 
locales, identifiez-le comme animal de réforme. Si 
vous le vendez pour la boucherie, n'omettez pas 
de signaler à l'acheteur les traitements aux 
antibiotiques qui lui ont été administrés; mieux 
encore, attendez la fin du délai de retrait 
recommandé par le fabricant du médicament. 
Évidemment, vous pouvez vous réserver l'animal 
pour la consommation : même une très vieille 
chèvre vous donnera un bon ragoût ! 

LE LOGEMENT DES CHÈVRES 
Chèvrerie 

La plupart des partisans des chèvres 
aménagent une remise ou un bâtiment existant 
pour loger leurs premiers sujets. L'intérieur de ce 
local doit être sec; non seulement les chèvres 
détestent être mouillées, mais elles tomberont 
vraiment malades si elles ne peuvent pas s'abriter 
de l'humidité et du crachin. Les murs devraient 
également être assez bien construits pour qu'il n'y 
ait pas de courants d'air. Il n'est pas nécessaire 
d'isoler le bâtiment, car les chèvres peuvent 
tolérer des températures froides, mais une bonne 
ventilation est indispensable. La condensation 
d'humidité dans un bâtiment trop chaud, sans 
aération, entraîne des problèmes respiratoires 
chez les chèvres. 



Une chèvrerie située en un lieu sec et bien 
drainé n'a besoin d'aucun plancher. En fait, un 
plancher de bois risque de pourrir et il s'y formera 
des trous; quant au béton, il est froid et humide. 
Si le sol est déjà recouvert de béton, on devra 
apporter d'énormes quantités de litière pour isoler 
les chèvres pendant l'hiver, ou construire des 
plates-formes en bois sur lesquelles elles pourront 
dormir. Une autre solution consiste à aménager 
dans un coin ou sur un côté de la chèvrerie une 
aire de repos qui peut recevoir une bonne 
épaisseur de litière. 



Il faut réserver au moins un petit parc 
d'exercice à l'extérieur de la chèvrerie. Bien 
qu'on puisse mettre une chèvre au piquet pendant 
une courte période si elle y est habituée, cette 
pratique n'est pas recommandée, à moins que 
quelqu'un ne soit constamment prêt à aller la 
dégager, à l'emmener à un nouvel endroit et à 
l'abriter de la pluie. En outre, comme les chèvres 
préfèrent mordiller des pousses que brouter 
l'herbe, il n'est 'pas facile de les empêcher de 
s'étrangler avec leur longe. La seule exception à 
la règle «ne pas entraver» s'applique peut-être au 
bouc qui ne veut pas rester dans son enclos. 



Figure 1 Plate-forme de repos 



Figure 2 Litière permanente 





Litière épaisse 



- Sol bétonné 



Figure 3 



Contreplaqué 



Le haut a 37 mm 
de moins que le bas 



A - planche 2x6 

B - planche 2 x 4 (75 mm de plus que A) 

C - planche 1 x 4, 60 cm de long 



Figure 3 Ce râtelier est pratique le long d'une cloison ou d'une 
clôture. Comme un plateau recueille la plus grande partie du foin 
que les chèvres font tomber, elles ne le piétinent pas trop. 
Prévoyez un nombre de trous individuels supérieur de 20 % au 
nombre de chèvres que vous avez à nourrir. 



120-135 cm 




Comme l'aire d'exercice sera utilisée 
pendant une longue période, entourez-la d'une 
clôture solide. Pour la plupart des chèvres, une 
hauteur de 122 cm suffira. Vous aurez besoin 
d'au moins deux portes : l'une pour laisser sortir 
les chèvres qui vont au pré et l'autre pour vous 
laisser entrer. Plusieurs types de loquets 
conviennent pour les enclos, mais on doit les 
mettre hors d'atteinte des chèvres. Les portes 
devront être assez larges pour laisser passer une 
brouette. 

Mangeoires 

De préférence à l'intérieur de la chèvrerie, 
vous devez installer une mangeoire à foin et une 
petite boîte pour le mélange de sel et de minéraux. 
Si vous avez l'intention de donner le grain en 
dehors de la salle de traite, vous pouvez le faire 
dans le même secteur. 

À propos des mangeoires, ce sera plus 
agréable de les installer à un endroit où vous 
pourrez les remplir sans vous trouver au milieu 
des chèvres. Il n'y a rien de plus frustrant que de 
devoir se frayer un chemin, une botte de foin sur 
l'épaule, au milieu d'un troupeau de chèvres 
excitées. 



Figure 5 La trémie est l'idéal pour le mélange sel - minéraux. 
Placez-la assez haut pour que les chèvres ne grimpent pas 
dessus, mais assez bas pour qu'elles puissent s'y alimenter en 
étant surélevées. 





Si vous devez placer la mangeoire à 
l'extérieur, veillez à ce que la réserve d'aliments 
soit couverte. Les chèvres préféreront être 
abritées elles aussi, autrement elles ne mangeront 
rien les jours de pluie ou de neige. De plus, pour 
éviter la prolifération de moisissures toxiques, il 
importe que le fourrage, le foin ou le grain soient 
préservés de l'humidité. 



Figure 4 





A - 22,5 cm pour les boucs, 20 cm pour les chèvres, 15 cm pour les chevreaux 
B - 15 cm pour les boucs, 10 cm pour les chèvres, 7,5 cm pour les chevreaux 



Figure 4 Pour le foin ou le grain, on peut employer une 
mangeoire protégée par des cornadis en «trou de serrure». Le 
rail de distribution évite les disputes. Si vous voulez nourrir les 
chèvres des deux côtés, augmentez la largeur pour éviter les 
bousculades. 




8 



Clôtures 

Des cloisons de planches suffisamment 
élevées gardent les chèvres dans leurs stalles, 
mais elles sont coûteuses. On préférera donc 
peut-être en installer seulement autour de la 
chèvrerie et dans les zones de forte pression 
(stalles voisines de la réserve d'aliments, stalles 
de sevrage des cabris et stalles des boucs). Pour 
la plupart des chèvres, une cloison de 122 cm 
sera suffisante, mais on a parfois affaire à un bouc 
d'un an qui tient à prouver qu'il est capable de 
sauter ! Mieux vaut donc avoir une cloison de 150 
cm autour de la stalle du bouc. Il faut être prêt à 
ajouter un fil de fer par-dessus au besoin, et pour 
ce, installer des poteaux assez hauts. 

Le treillis de fil de métal en réseaux (clôture 
de ferme) peut être un bon matériau à employer 
autour des chèvreries de grandes dimensions, 
surtout si on peut le fixer sur des planches dans le 
haut et dans le bas. Quand on utilise le treillis 
seul, les chèvres qui se dressent et se frottent 
contre la clôture retirent jusqu'à ce qu'il s'affaisse 
assez pour les laisser passer. Si l'on emploie du 
treillis trop fin, les chèvres arriveront à en étirer les 
mailles et les jeunes entreront et sortiront. 

Une solution qui rend la clôture très sûre est 
le treillis renforcé par du fil électrique. Faire 
passer du fil électrique à 5 à 8cm du haut de la 
clôture et à 30 à 42 cm au-dessus du sol 
dissuadera les chèvres de se dresser et de 
s'appuyer contre la clôture. Un autre fil électrique 
posé à 8 à 10 cm au-dessus du treillis arrêtera les 
sauteuses, surtout lorsqu'elles auront reçu une 
bonne décharge. Ce genre de dispositif apprend 
aux chèvres à respecter les fils électriques. 
Quand elles reçoivent une décharge, elles ne 
peuvent pas foncer tête première comme elles le 
voudraient. Au bout d'une semaine derrière une 
clôture électrique, la plupart des chèvres 
deviennent tout à fait dociles en présence d'un 
simple fil électrique. 

La clôture électrique est une des merveilles 
du monde moderne. Une fois que la chèvre s'y 
est habituée, elle ne s'intéresse pratiquement plus 
à rien de ce qui se trouve de l'autre côté. L'un de 
ses grands avantages est de laisser voir au 
travers. Vous pouvez ainsi surveiller vos animaux 
sans les déranger et observer tout comportement 
inhabituel qui signale une chèvre malade ou en 
chaleur, ou vous pouvez simplement observer vos 
chèvres pour le plaisir. On doit cependant tailler 
la végétation aux alentours pour que le fil reste 
bien dégagé. Une bonne cisaille à fil de nylon, 
de préférence à moteur, vaut bien l'inves- 
tissement; il serait coûteux et pourrait être 
dangereux d'employer des herbicides le long de la 
clôture. 

Même si votre électrificateur (l'appareil qui 
envoie le courant dans les fils) est d'un type 
utilisable sans isolateurs, mieux vaut employer ces 



derniers. Les chèvres ont besoin d'une forte 
décharge dont elles se souviendront, et l'on ne fait 
que gaspiller le courant en fixant le fil électrique 
aux poteaux. Assurez-vous que votre électrifi- 
cateur est compatible avec les nouveaux fils 
plastifiés; les électrificateurs «brûleurs d'herbes» 
ne fonctionnent qu'avec du vrai fil galvanisé. Le 
calibre 16 (lisse, évidemment) est facile à em- 
ployer, mais il faut des ressorts pour le garder 
bien tendu. Il se dilate à la chaleur et se contracte 
au froid. 

N'employez jamais de fil de fer barbelé pour 
vos chèvres. Comme elles ne craignent pas les 
égratignures, elles s'y frotteront jusqu'à ce 
qu'elles aient le pis déchiré — pour recommencer 
aussitôt guéries. La meilleure chose à faire est 
d'enlever le fil de fer barbelé et de le donner à 
votre voisin qui élève du bétail. Le fil électrique 
tiendra aussi les bestiaux à l'écart de la chèvrerie. 

Abreuvoirs 

Les abreuvoirs automatiques sont mer- 
veilleux. Tout ce que vous avez à faire est de les 
tenir propres. Si vous ne pouvez vous en payer 
un tout de suite, veillez au moins à ce que les 
chèvres aient toujours accès à de l'eau propre. 
L'hiver, à moins de pouvoir leur apporter de l'eau 
tiède à toutes les deux heures environ, vous 
trouverez utile d'investir dans un dispositif antigel 
pour l'eau destinée aux bêtes. Il maintiendra 
l'abreuvoir juste au-dessus du point de congé- 
lation, permettant ainsi aux chèvres de boire à 
volonté. L'isolation de l'abreuvoir aidera à réduire 
le compte d'électricité. 

Il faut protéger l'abreuvoir par un ou deux 
cornadis en «trou de serrure» (Figure 4). Une 
chèvre peut accidentellement y déposer des 
excréments en s'y appuyant, mais avec un peu de 
chance, cela se produira rarement. On doit 
pouvoir déplacer et nettoyer l'abreuvoir facilement. 

Salle de traite 

La traite nécessite un endroit tranquille, à 
l'écart du troupeau, une aire réservée à cet usage, 
en dehors de celles où séjournent les chèvres, et 
que vous pourrez tenir relativement propre. La 
plupart des chèvres qui sont habituées à la traite 
éviteront de lâcher des excréments dans la salle 
de traite, mais elles en charrieront toujours un peu 
avec elles. Pour la propreté des lieux, ce serait 
certainement un atout que d'avoir un plancher à 
cet endroit. 

Ce qui vous sera nécessaire au plus tôt, 
c'est une plate-forme de traite, qui gardera le lait 
propre tout en vous évitant des crampes. 
Certaines personnes préfèrent traire toujours du 
même côté, mais il est préférable pour votre dos 
d'alterner, si possible. Les chèvres s'y habituent 
d'ailleurs assez vite. 



Figure 6 Plate-forme de traite pliante simple 




La traite peut être mécanisée; si vous devez 
traire plus de huit ou neuf chèvres, c'est une 
possibilité à envisager. Il faut un moindre niveau 
de vide pour les chèvres que pour les vaches, de 



25 à 30 cm suffisent; le nombre de pulsations peut 
varier entre 55 pour 25 cm de vide et 65 pour 
30 cm. Il existe des griffes légères pour les 
chèvres. Consultez le représentant local en 
trayeuses; il pourra en trouver une qui vous 
convient, ou en adapter une que vous possédez 
déjà. Quand on emploie une trayeuse, le 
nettoyage est particulièrement important. 

Amélioration de l'exploitation 

Après un certain temps d'expérience avec 
une chèvrerie de fortune, vous voudrez peut-être 
agrandir votre exploitation ou y apporter des 
améliorations. Vous aurez appris alors comment 
vous aimez faire les choses, ce qui vous convient, 
à vos chèvres et à vous, et à quels endroits vous 
souhaitez disposer de plus de commodités. 

La figure 8 montre comment se fait 
habituellement la circulation dans la chèvrerie. 
Même si vous n'avez que quatre chèvres, vous 
devrez accomplir la plupart des fonctions 
représentées. L'idéal serait d'avoir une aire 
spéciale et des stalles pour chaque groupe dont 
l'alimentation diffère, mais vous devrez sans 
doute, selon vos moyens, réserver certaines 
zones à deux usages. Comme on n'utilise l'aire 
de parturition que quelques fois dans l'année, elle 
pourrait le reste du temps servir pour soigner les 
bêtes ou encore accueillir les chevreaux sevrés. 
Cependant, avant d'utiliser une aire pour une 
fonction donnée, il faut bien la nettoyer si elle a 
auparavant servi à un autre usage. 



Figure 7 




10 



Figure 8 Circulation dans une exploitation laitière 



Boucs 



boucs 



Reproduction 



Renouvelle- 
ment 



i 



Fin de gestation 



Jeunes 
sevrés 



Chevreaux 
de boucherie 



Chev- 
rettes 




17 



Chèvres 
taries 



Mise bas 



Isolement 



Zone de 
traitement 



Chèvres 
laitières 






Retour du lait 



Traitement 
du lait 



Stalle de 
contention 



Salle de 
traite 



Stockage 
du lait 



I 

l 

j 

Lait 



La première nécessité, c'est un bâtiment 
pour les chèvres en lactation. On peut opter pour 
la stabulation libre, les stalles ouvertes ou la 
stabulation entravée, mais le troupeau devra 
manger et dormir dans des locaux secs, à l'abri 
des courants d'air. Chaque chèvre en lactation 
doit disposer d'un espace de 1,8 m 2 dans la 
chèvrerie. 

On peut se passer de salle de contention si 
le troupeau est de taille modeste, mais autrement, 
c'est une grande commodité. Parfois, une des 
anciennes vous verra d'un mauvais oeil traire une 
jeune chèvre avant elle, et vous n'aurez pas le 
temps de la pourchasser pour la faire entrer dans 
la salle de traite. Réservez un espace juste assez 
grand pour que tous les animaux puissent s'y tenir 
ensemble (0,5 m2 ou un peu moins par sujet), 
mais où ils seront assez à l'étroit pour vouloir en 
sortir. 

Si vous avez la moindre intention d'agrandir 
le troupeau, tenez-en compte en dressant les 



plans de construction d'une nouvelle salle de 
traite. C'est l'aire la plus coûteuse à bâtir et à 
agrandir. Construisez aussi grand que vous 
pouvez vous le permettre; de toute façon, si vous 
avez un peu trop de place, vous trouverez à 
l'employer. Prévoyez une plate-forme de traite 
d'une longueur suffisante pour accueillir au moins 
deux fois plus de chèvres que le nombre que vous 
pouvez traire à la fois, afin de leur laisser le temps 
de manger assez de grain. On peut employer un 
coin de la salle de traite comme aire de soins; un 
endroit où il est possible d'attacher une chèvre 
quelques minutes suffira pour un petit troupeau. 

L'aire de soins doit avoisiner la salle de 
traite, là où se présentent le plus grand nombre de 
problèmes. On y conserve les médicaments, les 
cisailles à onglons, le dossier de chaque animal. 
Vous n'arrêterez évidemment pas la traite pour 
apporter l'un ou l'autre de ces soins, mais si vous 
avez la chèvre à votre portée, il vous sera plus 
facile de vous en occuper par la suite. 



11 



Si vous pouvez vous le permettre, ne lésinez 
pas sur l'aménagement d'une aire d'isolement. Il 
faut isoler toute chèvre qui présente des 
symptômes de ce qui pourrait être une affection 
contagieuse. Cela ne veut pas dire que vous ne 
veillerez pas à son confort; parfois, elle aura 
simplement besoin d'un petit moment de 
tranquillité. Comme le reste du troupeau est 
important également, il faut aménager un autre 
bâtiment pour le cas où d'autres places de soins 
seraient requises. 

Que le lait soit destiné à la consommation 
familiale ou à la vente, il faut alimenter les chèvres 
en lactation en visant une bonne production. Vous 
ne donnerez pas la même ration aux chèvres que 
vous tarissez; c'est un foin grossier de graminées, 
bien propre, donné à volonté, qui leur profitera le 
plus, en ajoutant plus tard un peu de grain, au 
cours de la gestation. Pour cette raison, les 
chèvres en lactation et les chèvres taries doivent 
prendre leurs repas séparément. On peut 
réserver une aire à chaque groupe ou simplement 
les séparer une fois par jour. Si on choisit la 
deuxième solution, il faut donner aux chèvres en 
lactation une bonne ration de luzerne de 
30 à 45 minutes avant de laisser entrer les chèvres 
taries dans l'aire d'alimentation. Si les bêtes taries 
mangent les restes, elles ne trouveront sans doute 
plus que des tiges, qui ne leur feront pas de mal. 
Si l'on retient cette solution, il faut de la régularité 
en ce qui concerne l'heure de la journée et la 
quantité de luzerne donnée. 

Les stalles de parturition doivent être propres 
au moment où la chèvre y pénètre, de préférence 
quelques heures seulement avant la parturition. Si 
l'on n'a pas l'intention de faire suivre aux cabris un 
programme d'alimentation au lait pasteurisé, on 
peut les laisser trois ou quatre jours avec leur 
mère, jusqu'à ce que son lait puisse servir à la 
consommation humaine. 

Il faut grouper les chevreaux d'après leur 
taille et leur maturité. Si vous préférez laisser les 
mères les nourrir à la mamelle, réservez-leur une 
place à part. Les chevrettes destinées au renou- 
vellement du troupeau ne devraient pas avoir 
accès au lait en quantité illimitée; par contre, c'est 
la façon la plus rapide d'engraisser les chevreaux 
de boucherie. On doit donc sevrer assez tôt les 
chevrettes de renouvellement, mais continuer à 
donner du lait aux chevreaux de boucherie 
jusqu'à ce qu'ils atteignent leur poids de 
commercialisation. 

Si on décide de conserver un bouc, mais 
sans vouloir que toutes les chèvres soient saillies 
à la même époque, il faut lui donner son propre 
logement, sa ration et son abreuvoir. Une clôture 
de 150 cm devrait le tenir éloigné des chèvres; si 
ce n'est pas suffisant, vous vous en apercevrez 
lorsqu'une des femelles entrera en chaleur ! 
Peut-être devrez-vous alors décider d'ajouter une 
planche ou un fil électrique en haut de la clôture. 



Vous pourriez encore essayer d'attacher le bouc 
à un fil de fer allant de son logement à son auge. 

Si on veut garder plusieurs boucs, on peut 
les loger ensemble, car le bouc apprécie la 
compagnie d'un congénère la plus grande partie 
de l'année. Certains éleveurs donnent à leurs 
boucs des enclos séparés, où ils ne peuvent se 
rendre visite qu'en passant la clôture, puisque 
certaines maladies se propagent par l'activité 
homosexuelle; l'uréaplasmose par exemple, 
risquerait d'entraîner par la suite une vaginite chez 
les chèvres saillies. Mais il y a peu de maladies 
transmises sexuellement chez les chèvres. 

Un seul bouc suffira pour faire entrer une 
chèvre en chaleur; par contre, l'accouplement 
n'est pas tout à fait aussi simple lorsque plusieurs 
boucs sont logés ensemble. Si c'est possible, 
ménagez une aire voisine pour le bouc que vous 
voulez utiliser, faites-l'y entrer seul, puis 
introduisez la chèvre. En saison d'activité sexu- 
elle, même des boucs bien élevés peuvent devenir 
très difficiles à manoeuvrer; donc, plus vous vous 
faciliterez les choses et mieux vous réussirez. 

Électricité 

La traite exige évidemment de l'électricité, de 
même que d'autres opérations auxquelles vous 
procéderez dans la chèvrerie. Soyez prudent si 
vous réalisez votre propre installation. Il faut du fil 
spécialement isolé, résistant à l'humidité; 
n'employez jamais d'installation de fortune, avec 
des rallonges. Les installations défectueuses et 
les courts-circuits sont une des principales causes 
d'incendie, surtout l'hiver, lorsque les chèvres sont 
emprisonnées dans la chèvrerie. Soyez prudent 
aussi avec les lampes chauffantes. Les chèvres 
en ont rarement besoin; mieux vaut ne pas en 
utiliser, à moins d'avoir l'entière certitude qu'elles 
sont sécuritaires. 

CHOISIR LES BONNES CHÈVRES 

Pour les vrais débutants qui achètent leurs 
premiers sujets, toutes les chèvres se 
ressemblent. Une fois rentrés chez eux, ils 
découvrent plus facilement leurs défauts. À ce 
moment-là, ils peuvent même ne plus rien voir 
d'autre. 

Aucune chèvre n'est parfaite. Mais il est tout 
à fait admissible d'établir des normes minimales 
pour certaines caractéristiques, de se contenter 
d'animaux qui répondent à ces normes jusqu'à ce 
que cela soit le cas de toutes les chèvres du 
troupeau, puis de réviser les normes à la hausse 
pour atteindre vos objectifs d'amélioration 
génétique. Même si votre chèvre n'est pas 
parfaite, elle a certainement plusieurs bons côtés 
qu'elle pourra transmettre à la prochaine 
génération grâce à un élevage sélectif. Vous 
pourrez arriver à une évaluation impartiale de ses 



12 



Figure 9 Chèvre bien conformée 




Figure 10 Bouc bien conformé 




13 



qualités et de ses défauts en tenant des registres 
de production laitière, des fiches de classification 
et des registres de descendance. 

L'idéal serait que vous lisiez ceci avant 
d'acheter votre première chèvre. Mais tel ne sera 
sans doute pas le cas dans les faits. Peut-être 
êtes-vous en train de décider si vous allez garder 
ou réformer cette première chèvre, ou garder sa 
chevrette comme remplaçante, ou vendre son 
chevreau comme reproducteur. Ou peut-être 
cherchez-vous une chèvre ou un bouc à ajouter à 
votre troupeau. Quel que soit votre cas, il 
convient de tenir compte des aspects suivants : 

SANTÉ Une chèvre saine est alerte, vive, 
gracieuse, sa robe est luisante, sa peau mobile et 
souple. N'achetez jamais une chèvre qui vous fait 
pitié, à moins de savoir exactement combien de 
temps et d'argent vous voulez risquer, sans parler 
de la santé de votre troupeau. Notez tout signe 
de boîterie, d'enflure des articulations, de 
mammite, de malnutrition, de diarrhée ou d'abcès 
chez un animal ou dans le troupeau. 

REGISTRES DE PRODUCTION LAITIÈRE S'ils 
sont disponibles, examinez les registres de pro- 
duction laitière de la chèvre elle-même ou de ses 
plus proches parents, mère, soeur, etc. Quand a 
t-elle eu sa première lactation ? À quel âge ? 
Combien de lait a-t-elle donné alors ? Et lors des 
lactations suivantes ? Et à l'occasion de son 
dernier test ? Quel est son taux butyreux moyen ? 
Quel poids de matières protéiques donne-t-elle par 
lactation ou par test? Comment est-elle classée 
dans le troupeau ? Connaît-on sa numération 
cellulaire ? Ce sont des questions que vous devez 
poser et les éleveurs qui pourront y répondre 
seront contents que vous les ayez posées. 

PIS De nouveau, les proches de la chèvre vous 
donneront certaines indications sur ce à quoi vous 
devez vous attendre si elle n'a pas encore de pis, 
ou concernant la situation actuelle. (N'oubliez pas 
de vous enquérir du dossier de reproduction; 
depuis quand la chèvre est-elle tarie ?). 

La mamelle doit être solidement attachée, 
haute et large en arrière, la partie antérieure 
tournée vers l'avant, les trayons bien délimités, 
d'une grosseur commode pour la traite. De bonne 
capacité, elle doit être bien soutenue par le 
ligament suspenseur médian. Un pis pendant est 
plus exposé à des lésions qui raccourciraient la vie 
productive de la chèvre. Immédiatement après la 
traite, le pis doit être dégonflé et souple au 
toucher; il ne doit pas être trop charnu. Veuillez à 
ce qu'il ne présente pas d'indurations qui 
pourraient indiquer que la chèvre a eu des 
problèmes de mammite susceptibles de se 
reproduire. 



Figure 1 1 Une bonne mamelle, solidement attachée sur les 
côtés, haute et large à l'arriére, suspendue à un écusson large. 





Figure 12 Mamelle pendante, retenue seulement par des 
cordons de peau et de tissu conjonctif. Le ligament médian 
étiré la laisse pendre dangereusement bas. 





CARACTERISTIQUES D'UNE CHEVRE LAITIERE 
Une chèvre laitière devrait avoir des formes nettes 
et ne pas être trop charnue (surtout pendant la 
première moitié de la lactation). Elle devrait avoir 
une encolure longue et mince ainsi que des jarrets 
et des flancs nets et anguleux. 



14 



Figure 13 Un ligament médian faible laisse toute la mamelle 
s'affaisser au centre, sans division entre les quartiers; les trayons 
pointent vers le haut et de côté et l'attache arrière cède sous le 
poids. 




Les côtes devraient être larges, plates et 
espacées; des os plats peuvent aussi être visibles 
dans les membres, qui devraient cependant 
paraître solides tout en ayant une coupe plutôt 
plate. Ces caractéristiques sont celles d'une 
chèvre qui utilise ses aliments pour produire du lait 
plutôt que de la chair. 



CAPACITÉ DU CORPS Une chèvre qui mange 
bien a une plus forte production laitière. Examinez 
la longueur et la profondeur du corps, la courbure 
des côtes et la profondeur dans la région de la 
poitrine. Evitez le tour de poitrine serré, qui 
entrave la respiration et donc les fonctions 
métaboliques. Le corps idéal est en forme de 
coin, le volume augmentant d'avant en arrière, 
d'un tour de poitrine généreux à des flancs 
profonds, et d'épaules nettes et dégagées à un 
abdomen large et de bonne capacité. 



Figure 14 Types d'épaules 






Épaule charnue 



Épaule disloquée 



Figure 1 5 Types de hanches 





Nettes et anguleuses : cuisses minces et incurvées Charnues : cuisses lourdes et charnues 



15 



Figure 1 6 Types de côtes 




Les bonnes côtes sont larges et plates, 
bien séparées. 




Les côtes «en crayons», minces et rondes, 
sont moins satisfaisantes. 



Figure 17 Vue de côté, une bonne chèvre laitière (en haut) a un 
corps long, un abdomen ample et une bonne profondeur de 
poitrine. Une chèvre médiocre (en bas) est courte et creuse, 
avec la poitrine et les poumons serrés; l'appareil digestif manque 
de volume. 




PATTES ET PIEDS Ces derniers doivent être 
droits, robustes, exempts d'enflures aux 
articulations. Les pattes et les pieds de la chèvre, 
qui la porteront toute sa vie à la mangeoire 
comme à la salle de traite, doivent être bien 
conformés. 

Les genoux épais, les articulations du grasset 
ou du jarret enflées, les paturons cassés, les 
pattes postérieures lourdes ou les épaules 
disloquées sont causes de douleur, de stress et 
d'une perte de production précoce. 

L'étroitesse de l'écusson met de la pression 
sur le pis, entraînant une rupture précoce des 
attaches; les pattes trop rapprochées au niveau 
des jarrets heurtent le pis lorsque la chèvre bouge, 
l'exposant à des blessures inutiles. 

LIGNE DU DOS C'est également un facteur de 
longévité; un dos solide soutiendra un corps 
d'ample capacité et lourd de cabris sans fatigue 
pour la chèvre. Une croupe large, plate, quasi 
horizontale, procure de la largeur à l'arrière de 
même qu'un support interne au tissu conjonctif 
soutenant le pis. 



ANIMAUX DE RACE OU ANIMAUX AMELIORES 
PAR CROISEMENT Si vous avez à choisir entre 
des animaux qui sont également bons 
producteurs, sains et bien constitués, le coût 
initialement plus élevé d'une chèvre de race ou 
d'une «Canadian of Breed» pourra être compensé 
par la valeur plus grande de sa descendance. Les 
chevreaux mâles améliorés par croisement ne 
rapportent que le prix de la viande, mais de toute 
façon, la majorité des chevreaux «Canadian of 
Breed» et de race pure sont également vendus 
pour la viande. Souvent aussi, la demande de 
chevrettes est assez basse pour que des 
chevrettes améliorées par croisement ou même de 
race pure soient destinées à la boucherie. 
Cependant, les chevreaux de race pure ont plus 
de possibilités d'être conservés pour la 
reproduction ou de se vendre à meilleur prix 
comme reproducteurs. 

Si la vente de chevreaux n'est pas un facteur 
dont il faut tenir compte, les chèvres améliorées 
par croisement peuvent avoir les avantages de 
plus de vigueur et de longévité, bien que ce ne 
soit pas toujours le cas. L'intérêt d'un pedigree 



16 



Figure 18 Vue de devant et d'en haut; la différence entre une 
chèvre large, d'une bonne capacité corporelle, et une chèvre 
étroite est évidente. 



Figure 19 Pattes antérieurs et pieds 




Profondeur de 
poitrine 



Largeur de la 
cage thoracique 





Tour de poitrine 



Cambrure des côtes 



Largeur des reins 



Largeur de la croupe 



mM 1 ' 



! 



i > 




Bon aplomb 




Droits 



Aplomb étroit Genoux cagneux 




Gros genou 



Genou épais 





Bon aplomb du pied et du paturon 



Paturon un peu trop saillant 



réside dans les renseignements qu'il fournit sur la 
provenance d'un animal supérieur et sur les 
possibilités de reproduire cette supériorité. Un 
nom seul, sans autre information, (registres de 
production ou d'inscription pour la classification, 
par exemple) ne signifie pas grand chose. 

RACE Dans un petit troupeau, où les installations 
sont limitées, il est souvent préférable de se 
concentrer sur une seule race. Le choix d'une 
race est surtout une question de goût personnel, 
quoique le meilleur choix soit peut-être les races 
Nubienne ou de la Manche, s'il vous faut du lait à 
un taux butyreux élevé. En général, les chèvres 
des races suisses ont une plus grosse production 
laitière. Il existe néanmoins dans toutes les races 




Paturon affaissé 




Paturon trop raide ou bouleté 



de bons sujets et des sujets médiocres. Il faut 
également choisir une race pour laquelle les 
services d'un bouc seront assurés, car les 
chevreaux croisés ont presque partout une valeur 
marchande très réduite. 



17 



Figure 20 Ce qui est à rechercher et à éviter dans les pattes postérieures de la chèvre vues de derrière 







Les bonnes pattes sont 
perpendiculaires et bien 
écartées, laissant largement 
place à une mamelle de 
bonne capacité. Les pieds 
pointent verticalement et les 
jarrets sont bien écartés 
lorsque la chèvre marche. 



Si l'aplomb des pattes est 
étroit, les pieds pointent vers 
l'avant; les pattes sont 
verticales, mais le pis est 
coincé. 



Des «jarrets de vache» 
laissent peu d'espace; si le 
pis descend, les jarrets le 
heurtent lorsque la chèvre 
marche. 



Des jambes arquées ne 
blessent pas le pis comme 
les «jarrets de vache», mais 
fatiguent les articulations du 
jarret et du paturon. 



Figure 21 Aplomb des partes postérieures vues de côté 




Une ligne verticale partant de 
la pointe des hanches 
devrait suivre la patte arrière 
jusqu'au sol. 



Des pattes à jarrets «en 
faucille» peuvent raccourcir 
la vie utile d'une chèvre. 



Une patte «en poteau» 
manque de jeu dans les 
articulations du grasset et du 
jarret, ce qui secoue le corps 
à chaque pas. Cet état, très 
douloureux, provoque 
souvent des enflures de ces 
articulations, rendant la 
chèvre infirme. 



18 



Figure 22 La ligne du dos est importante. En haut, une bonne 
chèvre; en bas, une chèvre trop haute de hanches, dont la 
croupe est trop courte et abrupte. 



Figure 23 Vue de côté d'une chèvre de boucherie 



Croupe Reins Echine Garrot 
< H x *— =fc- 






La chèvre utilisée comme reproductrice dans 
un troupeau destiné à la boucherie doit être ronde 
et charnue. Au début de la lactation, elle peut 
paraître un peu plus mince, du fait des exigences 
de la production de lait, mais en toute autre 
période, elle devrait prendre du poids facilement. 

Vous rechercherez une encolure relativement 
courte et épaisse, des épaules bien enveloppées, 
des reins larges et une croupe musclée. Vérifiez 
la présence d'une épaisseur suffisante de muscle 



Figure 24 Chez une chèvre de boucherie, recherchez les 
caractéristiques suivantes : 




Epaules larges, solides, charnues 



Côtes bien arquées . 
Bonne capacité du corps 



Cage thoracique d'une ampleur 
généreuse 



Pattes droites et robustes 
Pieds pointés bien droit 




19 



au-dessus des côtes. Pieds et pattes seront 
robustes et bien d'aplomb, de préférence avec 
une coupe des os presque arrondie. Le pis 
devrait être assez haut pour n'être pas exposé, 
surtout chez les chèvres en liberté. La capacité 
de la poitrine et des poumons est importante pour 
la circulation et l'état de santé général, tandis 
qu'une capacité généreuse de l'abdomen 
permettra à la chèvre de digérer beaucoup de 
fourrage. 

La chèvre de race «inconnue» est souvent la 
plus robuste. En croisant deux chèvres de race 
pure, cependant, un autre facteur intervient, celui 
de «la vigueur de l'hybride», soit la force et la 
vitalité obtenues en croisant les génotypes de 
sujets issus de deux populations consanguines 
mais non apparentées. Chez les bovins, il est 
prouvé que l'on peut obtenir une production 
encore plus élevée en utilisant un géniteur d'une 
troisième race sur des femelles de deuxième 
génération, profitant ainsi de la vigueur de 
l'hybride des femelles, tout en augmentant la 
vitesse de croissance et le taux de conversion des 
aliments dans la descendance. 



LA NUTRITION 

La chèvre est un ruminant. Cela signifie 
qu'en plus de l'estomac que possèdent les porcs, 
les chevaux ou les êtres humains, un grand 
«réservoir de fermentation», le rumen, fait partie 
de l'appareil digestif de la chèvre adulte. 



Dans le rumen, les aliments grossièrement 
broyés sont brassés en une mixture liquide qui 
renferme beaucoup de microbes. Ces microbes 
décomposent les fibres de cellulose pour produire 
des amidons et des sucres qui peuvent être 
digérés dans l'estomac proprement dit, la caillette. 
De plus, les microbes eux-mêmes utilisent les 
aliments pour se multiplier et prospérer; et comme 
leur excédent de population est entraîné dans 
l'appareil digestif avec le reste des aliments, ils 
fournissent à la chèvre des protéines 
supplémentaires. Les microbes du rumen 
produisent aussi des vitamines indispensables à 
l'animal, et il faut donc veiller à la santé de la 
microflore du rumen. Des changements brusques 
dans l'alimentation, notamment un accroissement 
de l'apport de grain, peuvent perturber de façon 
catastrophique l'équilibre écologique du rumen et 
provoquer des maladies, voire la mort de la 
chèvre. 

Les chèvres ont des goûts variés. Au 
pâturage, elles trouvent leur nourriture en 
grignotant et mordillant, avec les dents de devant, 
des tiges qu'elles frottent contre le mandibule 
supérieur; après quoi elles avalent sans guère 
mâcher. Les aliments pénètrent dans le rumen, 
où ils subissent le premier stade de la digestion. 
Quand la chèvre a tout le loisir de «ruminer», elle 
régurgite ses aliments en les faisant sortir du 
rumen pour les broyer de nouveau en les 
mastiquant. Cette opération ajoute de la salive 
aux aliments, empêchant ainsi le liquide du rumen 
de trop s'acidifier. Lorsque les aliments sont 



Figure 25 Appareil digestif d'un ruminant; le pointillé indique le 
trajet des aliments de la bouche jusqu'aux poches stomacales 



Intestin grêle (absorption) 



Bouche (ingestion et broyage) 




Anus 
Gros intestin (matériaux rejetés) 



Caillette (digestion) 



(décomposition des aliments fibreux et volumineux) 



20 



réduits en bouillie, ils coulent au fond du rumen et 
passent à travers deux autres poches stomacales, 
le bonnet et le feuillet, jusqu'à la caillette (estomac 
proprement dit) et à l'intestin grêle, où ont lieu la 
véritable digestion et l'absorption des nutriments. 

Le cabri nouveau-né, dont l'estomac 
antérieur n'est pas fonctionnel, ne peut digérer de 
nourriture solide. Le lait, qui se rend directement 
dans la caillette, le nourrit jusqu'à ce que le rumen 
soit suffisamment grand. Celui-ci peut se 
développer très rapidement si on encourage le 
cabri à manger de la nourriture solide en lui 
présentant du foin et des aliments concentrés qui 
flattent son palais, dès le troisième jour environ. 
Aussitôt qu'il mange assez de matière sèche, le 
jeune animal peut être sevré sans guère subir de 
choc. 

Comme tous les animaux, la chèvre a besoin 
d'eau, d'apport énergétique, de protéines, de 
vitamines et de minéraux. Elle doit d'abord 
manger pour le maintien de ses fonctions vitales : 
respiration, circulation, alimentation, chaleur 
corporelle, et pour la régénération cellulaire. C'est 
seulement ensuite qu'elle pourra utiliser le surplus 
d'éléments nutritifs pour la production (lait ou 
croissance) ou la reproduction. 

Dans la plupart des cas, on doit alimenter 
l'animal en vue de la production avant qu'il ait un 
surplus d'énergie pour la reproduction. 
Cependant, si les quantités de certains apports de 
nutriments sont marginales, certaines chèvres 
réduiront d'abord leur production de lait puis leur 
taux de reproduction, tandis que d'autres auront la 
réaction opposée. 

Le régime d'un animal doit contenir tous les 
nutriments en quantités adéquates, si l'on veut 
qu'il grossisse ou produise. Ainsi, une chèvre est 
capable de produire 6 kg de lait par jour, mais elle 
n'en produira que 3 si elle ne reçoit que la 
quantité de protéines, de calcium, de phosphore, 
de vitamine A et d'autres nutriments requise pour 
la production de 3 kg. Si l'apport énergétique, les 
matières azotées, le calcium, le phosphore et les 
micronutriments sont suffisants mais que l'apport 
de vitamine A est limité, la chèvre produira 
seulement la quantité de lait que le permet l'apport 
de vitamine A. C'est ce que l'on appelle «le 
principe du premier nutriment limitatif», et il 
importe de s'en souvenir en préparant les 
formules des rations. 

Un troupeau bien nourri est généralement 
plus productif, plus sain et exempt de problèmes. 
Une analyse annuelle des aliments que vous 
utiliserez l'hiver suivant peut vous éviter beaucoup 
d'ennuis et de frais. Il est souvent difficile 
d'évaluer à vue d'oeil des facteurs tels que la 
teneur en matières azotées ou en carotène, et les 
tableaux de valeurs moyennes peuvent être 
dénués de sens dans un cas donné. La seule 
façon de savoir ce que vous donnez réellement 
comme aliments à vos chèvres est l'analyse. 



Un agent de vulgarisation agricole se fera un 
plaisir de vous montrer comment échantillonner les 
aliments et interpréter les résultats des analyses. 
Pour l'échantillonnage, le secret est de prélever 
des échantillons en autant d'endroits différents du 
tas ou de la réserve que vous pourrez atteindre. 
Vous aurez ainsi un tableau général plus complet 
de votre situation en matière nutritionnelle. 

Ces renseignements vous permettront de 
prendre des décisions éclairées en ce qui 
concerne l'administration de suppléments 
énergétiques, protéiques ou minéraux à vos 
animaux, et vous verrez que vous économiserez 
sur les frais d'alimentation et de vétérinaire. 

Apport énergétique 

L'énergie est le carburant qu'un animal brûle 
pour, par exemple, se déplacer, maintenir ses 
fonctions vitales et produire de la chaleur en hiver. 
Les ruminants tirent principalement leur énergie 
des fibres, des hydrates de carbone et des lipides 
provenant de leur ration alimentaire. 

L'apport énergétique est généralement le 
principal nutriment d'une ration qui présente une 
carence. Le manque d'éléments énergétiques dû 
à la sous-alimentation est courant; la chèvre 
ralentit ou arrête sa croissance (et perd même du 
poids), donne moins de lait, ne conçoit pas et est 
plus exposée à la mortalité (souvent du fait d'une 
diminution de la résistance à la maladie). Des 
carences en protéines ou en d'autres nutriments 
compliquent souvent les carences énergétiques. 

La teneur énergétique du fourrage dépend de 
l'espèce et de la maturité. Lorsque les plantes 
arrivent à maturité, leur teneur en fibres s'accroît, 
leur teneur énergétique diminue et les chèvres en 
mangeront spontanément des quantités moindres. 
Les légumineuses contiennent généralement plus 
d'éléments énergétiques que les graminées 
lorsqu'elles sont coupées à peu près au même 
stade, tandis que les pailles ont une teneur en 
fibres relativement élevée et une teneur 
énergétique relativement faible. Les grains, par 
contre, où l'énergie est concentrée, sont des 
sources énergétiques ou des suppléments 
précieux. 

On peut exprimer la teneur énergétique d'un 
aliment donné de différentes façons. La matière 
digestible totale (MDT) est mesurée en 
pourcentage du poids total de matière sèche de 
l'aliment. L'énergie métabolisable (EM) est 
mesurée en mégacalories (Mcal), qui sont des 
unités de chaleur. Grosso modo, 1 kg MDT = 
4,41 Mcal EM 

Protéines 

Les protéines sont constituées de composés 
azotés, les acides aminés. Les muscles, la peau, 
les poils, les sabots et bien d'autres tissus et 
liquides du corps sont constitués de protéines. 



21 



Les micro-organismes du rumen décom- 
posent la plupart des protéines des aliments en 
composés d'ammoniac et de carbone, utilisant 
l'ammoniac pour synthétiser les protéines de leur 
propre organisme. La chèvre tire ainsi la plupart 
de ses protéines de la digestion des micro- 
organismes. Ce processus permet au ruminant 
d'utiliser des sources d'azote non protéiques, 
pourvu que les aliments aient une assez grande 
teneur énergétique. Les chèvres taries, les boucs 
et les autres animaux à qui on donne une ration 
d'entretien sont capables d'utiliser les matières 
azotées non protéiques avec presque autant 
d'efficacité que des protéines classiques comme 
celles de la farine de soja. 

Une partie des protéines passent à travers le 
rumen de l'animal sans subir de dégradation et 
s'engagent directement dans la caillette et 
l'intestin grêle. Ce sont les protéines digestibles 
dans l'intestin grêle. Bien que beaucoup de 
chèvres en arrivent à satisfaire leurs besoins 
protéiques à partir des protéines microbiennes 
produites dans le rumen, celles qui ont des 
besoins plus grands peuvent avoir besoin, en plus, 
des protéines digestibles dans l'intestin grêle. Ce 
sont, par exemple, les jeunes chevreaux en 
croissance et les chèvres laitières supérieures, 
moins capables d'utiliser les sources de matières 
azotées non protéiques, le passage des aliments 
à travers le rumen étant trop rapide pour permettre 
une bonne synthèse des protéines. Les 
composés incomplets qui en résultent risquent de 
provoquer du stress chez les chèvres, en 
réduisant la production ou le taux de croissance. 

Une carence protéique se manifeste d'abord 
par la baisse de l'appétit. Lorsque l'ingestion 
d'aliments est réduite, l'apport énergétique peut 
être insuffisant, de sorte que des carences 
énergétiques accompagnent souvent les carences 
protéiques. Les autres symptômes peuvent être, 
notamment, la réduction de la production laitière, 
des irrégularités ou des retards dans les chaleurs, 
la perte de poids ou le ralentissement de la 
croissance. 

Le foin de jeunes légumineuses constitue 
une source première de bonnes protéines pour la 
plupart des troupeaux canadiens; le foin de 
graminées en fournit généralement beaucoup 
moins. Si la teneur protéique du grain varie avec 
le type de grain et, entre autres, avec le type de 
sol, les grains ne sont pas, en eux-mêmes, une 
source majeure de protéines. De nombreux 
producteurs utilisent un supplément lacté 
commercial à 32%, qu'ils mélangent au grain 
selon les instructions et qui vise à améliorer 
l'apport protéique fourni aux chèvres laitières et 
aux chevreaux en croissance. 

Tout animal, selon la taille, l'activité, le taux 
de croissance et le niveau de production, a besoin 
d'un certain apport protéique quotidien mesuré 
selon le poids, et non en pourcentage ! Vérifiez 
les quantités que mangent vos animaux, en pesant 



leurs aliments de temps à autre, et vérifiez la 
teneur protéique de ces aliments par des 
analyses. 

Calcium et phosphore 

Ces deux minéraux, d'une importance 
cruciale en nutrition animale, sont nécessaires en 
quantités particulièrement élevées chez les 
chèvres en lactation. Le calcium et le phosphore 
interviennent ensemble dans la formation des os 
et des dents, dans les fonctions de beaucoup de 
tissus mous (y compris les nerfs) et dans la 
production laitière. Il faut veiller non seulement à 
ce que les animaux reçoivent des quantités 
suffisantes de l'un et de l'autre, mais aussi à ce 
qu'ils les reçoivent dans la proportion voulue. Le 
rapport idéal est de 1 ,5 part de calcium contre une 
part de phosphore, mais les chèvres tolèrent 
assez bien des proportions comprises entre 
1,2 contre 1 et 3 contre 1. Une trop grande 
quantité de l'un des minéraux peut provoquer des 
symptômes de carence de l'autre. 

Chez la chèvre en lactation, la carence de 
l'un de ces minéraux, si elle se poursuit pendant 
plusieurs semaines, entraîne une baisse de la 
production laitière. Si la carence est de courte 
durée, la chèvre puisera dans ses réserves sans 
que la production en soit affectée; mais à la 
longue, la production diminuera. 

Chez la chèvre en croissance, un désé- 
quilibre calcium— phosphore entraînera un ralen- 
tissement de la croissance, une apparence 
malingre et des déformations osseuses, surtout 
aux pattes. Si une chèvre reçoit trop de calcium 
en fin de gestation, elle risque de contracter une 
fièvre de lait peu après la parturition; son aptitude 
à absorber le calcium des aliments sera com- 
promise et on devra lui administrer immédiatement 
du calcium par voie intraveineuse. D'autre part, si 
un bouc reçoit un excédent de phosphore, il peut 
développer des calculs pouvant bloquer l'excrétion 
de l'urine. 

Les pâturages de légumineuses et le foin 
contiennent du calcium en surabondance. Le 
rapport calcium— phosphore dans la luzerne, par 
exemple, peut atteindre 7 contre 1. Le grain 
contient relativement plus de phosphore (de 
1 contre 4 à 1 contre 8) et peut être employé pour 
rétablir le rapport calcium — phosphore optimal. 
Dans les cas où il n'est pas souhaitable d'avoir 
trop de grain dans la nourriture, on ajustera le 
régime en remplaçant le foin de graminées par 
des légumineuses ou en administrant un mélange 
de minéraux contenant une plus forte proportion 
de phosphore. 

Sel 

Les tissus vivants ont un besoin vital de sel 
commun, ou chlorure de sodium. C'est la seule 



22 



substance que les animaux recherchent quand 
leur corps en réclame. C'est pourquoi les 
producteurs donnent souvent aux animaux du sel 
auquel sont mélangés des oligo-éléments, pour 
être certains qu'ils bénéficient d'un apport 
suffisant de ces minéraux. 

Si possible, donnez aux chèvres du sel en 
vrac plutôt qu'un bloc de sel, car elles ne 
passeront peut-être pas assez de temps à lécher 
le bloc pour couvrir entièrement leurs besoins. 
Même si vous n'y ajoutez pas d'autres minéraux, 
donnez du sel contenant de l'iode et du cobalt; les 
animaux ont besoin de ces deux éléments et le 
fourrage cultivé dans la plupart des régions du 
Canada en manque. 

Le sel doit représenter 0,5% du régime total. 
Lorsqu'elles peuvent s'alimenter à leur gré, les 
chèvres en consomment peut-être plus, mais sans 
effets négatifs apparents. 



Oligo-éléments 

Les chèvres ont besoin de nombreux 
éléments en quantités infinitésimales, mesurés 
généralement en parties par million ou même en 
parties par milliard. Malheureusement, le fourrage 
qui pousse dans certaines régions en contient 
encore moins que la quantité minime requise. 

Par ailleurs, un grand nombre de ces 
éléments risquent d'être toxiques pour les chèvres 
si les niveaux recommandés sont dépassés. Il 
faut que vous sachiez si des suppléments d'un 
minéral donné sont nécessaires ou non. Dans les 
régions où le fourrage est dénué de certains 
oligo-éléments, les producteurs peuvent en ajouter 
en quantités appropriées au sel, aux minéraux ou 
aux concentrés, sans crainte d'effets toxiques. 
D'autres carences ne seront même pas 
soupçonnées avant que des problèmes ne se 



TABLEAU 1 QUANTITES DE MINERAUX DANS LA RATION TOTALE 



Minéral 



Minimum 



Maximum 



Observations 



Magnésium 



Cuivre 



0,18% 



Potassium 


0,8 % 


— 


Soufre 


0,2 % 


0,32 % 


Fer 


50ppm 


1000 ppm 


Cobalt 


0,1 ppm 


10 ppm 



10 ppm 



80 ppm 



Des carences graves se produisent sur pâturages à croissance luxuriante. 
Symptômes : titubation, convulsions et mort. Prévention : donner du foin avant de 
mettre les chèvres au pré. Traitement : injections intraveineuses de sels de magnésium. 

Les carences sont rares dans les régimes à base de fourrages grossiers, mais il s'en 
produit parfois lorsque le régime contient une forte proportion de concentrés. 

Des carences sont possibles dans les rations à forte proportion de matières azotées non 
protéiques. Symptômes : faible rendement, perte de poils, salivation excessive, yeux 
larmoyants. 

Les carences sont rares, sauf chez les chevreaux nourris exclusivement au lait. 

Symptômes de carence : perte d'appétit, amaigrissement extrême, faiblesse, anémie, 
baisse de production. Généralement administré dans le sel à raison de 1 à 2 ppm. 

Besoins et tolérances beaucoup plus élevés que chez les moutons. Une carence peut 
se produire en présence d'un excès de molybdène. Symptômes : anémie, robe rêche 
«blanchie», déformations osseuses, possibilité de diarrhée ou de manque de 
coordination. 



Manganèse 



Zinc 



40 ppm 1 000 ppm Symptômes de carence : refus de marcher, difformité des pattes de devant, manque 

d'efficacité pour la reproduction. 

40 ppm 500 ppm Symptômes de carence : abattement, faible croissance, problèmes de peau (dermatite, 

épaisses plaques sèches sur la peau, perte de poils, lésions autour des onglons et des 
yeux), croissance réduite des testicules, faible libido, infertilité du mâle. 



Iode 



0,5 ppm 50 ppm Symptômes de carence : goitre et problèmes de reproduction (avortement tardif, foetus 

sans poils, faiblesse des cabris). Symptômes de toxicité : peau rêche et sèche, yeux 
larmoyants, problèmes de reproduction. 



Sélénium 



0, 1 ppm 3 ppm Symptômes de carence : état général déficient, faible croissance et (cas graves) 

maladie du muscle blanc (voir section sur les maladies). Symptômes de toxicité : 
boîtene, lassitude, amaigrissement et, dans les cas graves, perte d'appétit, troubles de 
vision, titubation, paralysie, mort. 



23 



manifestent chez les animaux. Une analyse de la 
nourriture destinée à vos animaux est souvent la 
façon la plus économique de déterminer quelle 
quantité de ces éléments ils consomment. 

Le tableau 1 donne un aperçu des besoins 
en minéraux chez les chèvres. Notons que, dans 
bien des cas, il faut tenir compte de l'ensemble du 
régime; si vous soupçonnez une carence en 
minéraux dans votre troupeau, consultez un 
nutritionniste ou votre agent de vulgarisation 
agricole. 

Vitamines 

Les vitamines sont des composés 
nécessaires aux processus vitaux normaux. Les 
chèvres synthétisent de nombreuses vitamines 
dans leur corps, mais il y en a d'autres qu'elles ne 
peuvent trouver que dans les aliments. 

Une chèvre saine possède toute la gamme 
des vitamines B qui lui sont nécessaires, à 
l'exception peut-être de la vitamine B12, qui peut 
être présente en quantité insuffisante dans des 
régimes déficients en cobalt. Par contre, une 
chèvre qui refuse de s'alimenter ou qui paraît 
malade, ou un chevreau élevé au lait, sans guère 
d'aliments solides, profiteront d'un apport 
supplémentaire de vitamine B administré par voie 
buccale ou par injection. Comme la chèvre 
synthétise la vitamine C, des suppléments de 
cette vitamine lui sont rarement nécessaires, si 
jamais ils le sont. 

La vitamine K est une autre vitamine que 
fabrique la chèvre, en plus d'être fournie en 
abondance par la plupart des aliments. Elle 
favorise la coagulation du sang. Cependant, dans 
les cas d'empoisonnement au dicoumarol (par du 
trèfle doux avarié), on peut administrer une 
vitamine K synthétique pour contrecarrer l'effet 
des toxines. 

La vitamine D est indispensable à la 
formation d'os solides et son absence entraîne le 
rachitisme; les os ramollissent, deviennent 
irréguliers et peuvent ployer sous le poids de 
l'animal. Les jeunes dont la mère souffre d'une 
carence en vitamine D risquent d'être atteints de 
rachitisme dès la naissance. Heureusement, cette 
vitamine est bon marché et facile à trouver. Une 
heure par jour d'exposition au soleil préviendra les 
problèmes de carence; une autre bonne source 
est le foin séché au soleil. On donnera aux 
chèvres qui vivent complètement enfermées ou 
qui doivent manger du foin conservé depuis 
plusieurs mois un supplément de vitamine D dans 
les concentrés, dans l'eau, ou encore par 
injection. Généralement, les préparations de 
vitamine A contiennent aussi de la vitamine D en 
quantité suffisante. 

La vitamine E agit avec le sélénium pour 
éviter la maladie des muscles blancs. Elle 
contribue aussi à la prévention des problèmes de 
reproduction rencontrés dans les cas de carence 



en sélénium. Les producteurs laitiers ont 
constaté que l'administration d'un supplément de 
vitamine E aux vaches et aux chèvres en lactation 
empêchait le lait de prendre un goût d'oxyde. 

Les éleveurs canadiens de chèvres devraient 
savoir que les sources naturelles de vitamine A 
risquent d'être insuffisantes pendant une bonne 
partie de l'année. Le foin vert frais et le fourrage 
sont d'excellentes sources de cette vitamine et les 
chèvres peuvent stocker celle-ci dans le foie de 
6 à 8 semaines pour en prolonger la disponibilité. 
Cependant, les pâturages en contiennent 
beaucoup moins à la fin de l'été qu'au début; le 
foin engrangé pendant plus de quatre mois a 
perdu en grande partie sa vitamine A. Pour ces 
raisons, et vu le niveau élevé des besoins en 
vitamine A chez la chèvre en lactation (3800 Ul/L 
de lait), on donnera un supplément à cette 
dernière dès le mois de septembre, jusqu'à ce 
qu'elle se trouve à nouveau en pâturage printanier. 

Les chèvres ont besoin de vitamine A pour 
de nombreuses raisons. Cette vitamine est 
primordiale pour la santé et les fonctions de la 
peau et des yeux, ainsi que pour les muqueuses 
des voies respiratoires, intestinales, génitales et 
urinaires. En entretenant ces tissus et en 
favorisant l'absorption de minéraux tels que le zinc 
et le sélénium, la vitamine A constitue une 
première ligne de défense contre les infections. 
Les carences peuvent entraîner la perte de 
l'appétit, le ralentissement de la croissance et du 
développement des os chez les chevreaux, la 
baisse de la production laitière, des problèmes 
oculaires, l'assèchement de la peau, une 
apparence souffreteuse, des infections multiples, 
la naissance de rejetons faibles ou anormaux, de 
la toux et de l'écoulement nasal. 

Les fourrages verts de feuillus fournissent de 
la vitamine A par l'entremise de leur teneur en 
carotène. Cette carotène s'oxyde à la longue 
dans la plupart des foins, mais les légumineuses 
déshydratées, surtout la luzerne en boulettes, en 
maintiennent de bons taux. La vitamine A 
synthétique utilisée dans les suppléments et les 
injections est satisfaisante, mais il faut veiller à la 
fraîcheur de l'approvisionnement et garder celui-ci 
au froid pour un maximum d'activité. Si la 
vitamine A est administrée par injection, on peut 
donner à l'animal une dose de deux mois, puisque 
l'excédent sera mis en réserve dans le foie et 
libéré au besoin. La vitamine A est 
particulièrement importante pour la chèvre 
gestante et le foetus; il faut donc veiller à ce 
qu'elle en reçoive assez pendant le dernier mois 
de la gestation. 

Eau 

Même si les chèvres ont la réputation d'être 
des animaux faibles consommateurs d'eau, 
capables de survivre et de produire dans des 
déserts, la chèvre laitière moderne a besoin de 



24 



beaucoup d'eau propre et fraîche, pour la 
croissance et la production laitière. La lactation 
accroît évidemment ce besoin; une bonne 
productrice peut boire plusieurs litres d'eau par 
jour. Elle ne peut fabriquer son lait sans eau, mais 
si l'eau mise à sa disposition n'est pas 
parfaitement propre, elle est capable de refuser 
d'en boire suffisamment. Si l'eau contient ne 
fût-ce qu'un peu d'excréments et que la soif la 
contraint à en boire, elle risque d'attraper un 
parasite qui, en définitive, réduira plus encore sa 
production laitière. 

Les chevreaux étant spécialement sujets aux 
parasites, il faut garder leur eau particulièrement 
propre. Certains éleveurs croient que les chèvres 
taries, les boucs et les chevreaux peuvent trouver 
assez d'eau pendant l'hiver en mangeant de la 
neige; effectivement, les animaux peuvent 
survivre, mais il leur faut beaucoup d'énergie pour 
faire fondre et utiliser la neige dans le rumen. Les 
chèvres ne prospéreront pas alors autant que 
vous le souhaiteriez. 

LES ALIMENTS 

FOIN La luzerne et le trèfle sont des 
légumineuses à forte teneur en protéines et en 
calcium. Toutes deux sont idéales pour les 
chevreaux en croissance et les chèvres en 
lactation, qui consomment de fortes rations de 
grain. 

La fléole des prés, le brome des prés et 
d'autres graminées contiennent généralement 
moins de protéines et de calcium que les 
légumineuses, mais ils assurent une nutrition 
adéquate pour l'entretien de base des chèvres 
taries et des boucs. 

Le foin mélangé est une combinaison de 
légumineuses et de graminées poussant 
ensemble. Il allie une bonne teneur protéique à un 
rapport calcium— phosphore un peu plus faible. Il 
est utile comme fourrage de première qualité pour 
les chèvres qui reçoivent une ration de grain 
limitée. 

GRAIN On peut donner du maïs, de l'avoine, de 
l'orge ou du froment, selon les disponibilités et les 
prix. C'est le maïs qui apporte le plus d'apport 
énergétique et le moins de protéines. Le froment 
a la plus forte teneur protéique, mais comme il est 
très lourd par rapport à son volume, il faut veiller 
à ne pas en surcharger les animaux. À poids égal, 
l'avoine et l'orge ont une teneur protéique et une 
teneur énergétique semblables, mais avec une 
densité supérieure dans le cas de l'orge. 

SUPPLÉMENTS On peut utiliser de la farine de 
canola, de la farine de soja, de la luzerne 
déshydratée ou un supplément commercial à 



32%. La farine de canola contient environ 40% 
de protéines, avec un rapport calcium — phosphore 
d'environ 1 contre 2, alors que dans la farine de 
soja, la teneur protéique est de l'ordre de 
45 à 50%, avec un rapport calcium— phosphore 
de 1 contre 2. La luzerne déshydratée, avec une 
teneur protéique de 17% au minimum, est une 
bonne source de vitamine A; son rapport 
calcium— phosphore est d'environ 7 contre 1. Si 
l'on mélange le supplément à 32 % avec du grain, 
de la façon recommandée, on aura un bon apport 
des vitamines A et D, et un rapport calcium — 
phosphore de 2 contre 1. 

On peut acheter le supplément à 32 % avec 
ou sans urée. On ne recommande pas l'urée pour 
les chevreaux en croissance rapide ni pour les 
chèvres à production élevée, car ces animaux 
mangent tellement que l'urée risque de devenir 
toxique. Les symptômes de toxicité sont, 
notamment, les malaises, le manque de 
coordination musculaire, les ballonnements, la 
prostration et les convulsions; une issue mortelle 
est possible. Si vous devez donner de l'urée à 
vos chèvres, introduisez-la progressivement au 
cours d'une période de 5 à 7 jours et surveillez 
tout symptôme inquiétant. 

ENSILAGE ET ENSILAGE PRÉFANÉ Bien que la 
teneur en humidité de ces aliments pose des 
problèmes de gel en hiver, les producteurs qui les 
utilisent signalent une production élevée. Il faut 
cependant que les chèvres prennent goût à 
l'ensilage; vous devrez les y habituer 
progressivement. 

Assurez-vous que l'ensilage soit bien 
fermenté et qu'il n'ait subi aucune contamination; 
on a relié une maladie, la listériose, à un mauvais 
ensilage. 

TUBERCULES Les pommes de terre et les 
panais, entre autres, sont des aliments que l'on 
donne volontiers aux chèvres lorsqu'on les trouve 
en abondance. On peut d'abord les hacher, puis 
plus tard les donner entiers. Le temps et le travail 
exigés ne se justifient que si le prix en est 
extrêmement bas. Il semble qu'une fois habituées 
à ces aliments, les chèvres prospèrent. 

SON DE BLÉ Souvent utilisé dans les mélanges 
de concentrés, pour donner du volume et fournir 
du phosphore. 

PULPE DE BETTERAVE Utilisée pour sa teneur 
élevée en éléments énergétiques et en fibres. 

MÉLASSE À employer modérément, car elle 
risque de causer des troubles digestifs et de 
donner au lait un goût anormal. Un maximum de 
3% dans le concentré peut aider à lier le 
mélange. 



25 



L'ALIMENTATION 



Allaitement maternel 



Cabris nouveau-nés 

Un cabri qui naît en votre absence peut être 
faible et transi; parfois, il n'arrivera pas à têter, ou 
la chèvre ne l'acceptera pas, ou encore il pourra 
souffrir d'une carence en vitamine A ou de 
quelque autre problème. Un cabri transi peut avoir 
l'air mort, mais s'il réagit lorsqu'on lui introduit un 
bout de paille dans une narine, on peut le sauver. 

Vous aurez peut-être de la difficulté à faire 
têter les cabris. Si certains n'y arrivent pas tout 
seuls, utilisez un tuyau pour leur donner le 
colostrum (lait que produit la mère les tout 
premiers jours qui suivent la naissance). Faites 
remonter la température du cabri en le trempant 
dans un bassin d'eau chaude (39-40 °C), 
enveloppez-le dans des serviettes et faites 
descendre le tuyau dans sa gorge (Figure 26). 
Vous pouvez employer n'importe quel tuyau en 
caoutchouc souple (0,75 cm de diamètre extérieur, 
35-40 cm de longueur), le meilleur étant le tuyau 
chirurgical, que l'on trouve dans la plupart des 
pharmacies et qui est peu coûteux. Une grande 
seringue en plastique (environ 100-200 ce), sans 
l'aiguille, peut être attachée à une extrémité et 
servir d'entonnoir pour le colostrum. Faites glisser 
doucement de 18 à 20cm environ de tuyau dans 
l'oesophage. Vous devriez arriver à le sentir dans 
l'oesophage, derrière la trachée. 



Figure 26 Emploi d'un tuyau stomacal 




Longtemps avant la naissance des cabris, 
vous devrez décider si vous les laisserez têter leur 
mère ou si vous les alimenterez vous-même en 
suivant un programme au lait pasteurisé ou aux 
substituts du lait. 



Si vous décidez de laisser les cabris têter 
leur mère, assurez-vous que les trayons sont 
propres et que le lait peut s'écouler facilement. Il 
faut parfois extraire un petit bouchon qui s'est 
formé dans l'orifice, avant que le lait ne 
commence à couler assez facilement pour que le 
nouveau-né arrive à sucer. Assurez-vous que le 
cabri suce bien et que sa mère l'accepte 
calmement. Parfois, une primipare n'est pas bien 
sûre d'avoir envie de voir son nouveau-né 
s'alimenter à ses trayons sensibles; rassurez-la et 
tenez-la jusqu'à ce qu'elle se rende compte que 
cela n'est pas si grave. Souvent, la mère accepte 
volontiers son petit une fois qu'elle l'a léché (elle 
peut aussi se charger de nettoyer le cabri, mais ne 
la laissez pas s'emballer et manger le placenta !). 

On peut donner du foin et un aliment de 
démarrage bien savoureux aux cabris dès le 
troisième jour. La farine de soja est un excellent 
aliment de démarrage. 

Programme au lait pasteurisé 

Si vous décidez d'adopter un programme au 
lait pasteurisé pour les cabris, retirez-les à la mère 
avant qu'elle ne les ait léchés. L'idéal serait que 
vous soyez là au moment où la chèvre commence 
à donner des signes d'intérêt pour sa progéniture. 
Si c'est impossible, et si vous ne voulez pas que 
les jeunes boivent du lait cru, enveloppez les 
trayons de la mère pour les empêcher de têter; du 
papier adhésif convient bien. 

Enlevez directement les petits à leur mère et 
placez-les dans une boîte en carton couverte. Ils 
y seront à l'aise pendant quelques minutes, le 
temps que vous vous assuriez que la chèvre est 
en bon état. Donnez-lui à boire de l'eau chaude 
avec son additif préféré— du vinaigre de cidre ou 
un soupçon de mélasse par exemple— et veillez à 
ce que sa litière soit bien propre. Si la parturition 
n'est pas terminée, inutile de changer la litière. 

Maintenant, nettoyez les cabris; la méthode 
la plus facile est de les baigner dans de l'eau 
chaude et de les assécher avec des serviettes (ou 
au séchoir à cheveux réglé sur «moyen»). 

Veillez à ce que chaque cabri reçoive au 
cours des premières 24 heures au moins 0,5 L de 
colostrum chauffé. Essayez de vous en procurer 
un peu chez un autre éleveur avant la mise bas, 
de manière à en avoir sous la main, et gardez-le 
congelé en petits sacs (100-200 mL). Décongelez 
et réchauffez un paquet pour chaque cabri (à l'eau 
chaude, pas bouillante) pendant que la chèvre est 
au dernier stade de la parturition. 

Si on n'a pas de colostrum sous la main, on 
doit procéder au traitement thermique du 
colostrum de la mère. Ce traitement prend une 
heure, aussi convient-il de le commencer le plus 
tôt possible; plus tôt les jeunes recevront le 
colostrum et mieux ils absorberont les anticorps 



26 



qu'il contient. Au bout de six heures, il ne leur 
procurera qu'une très faible protection, mais ce 
n'est quand même pas trop d'attendre une heure. 
Vous pourrez utiliser du colostrum de vache si 
l'arthrite-encéphalite spécifique de la chèvre est à 
craindre, puisque les vaches ne sont pas 
porteuses du virus. 

Vous pourriez aussi congeler du lait 
pasteurisé en petits sacs, pour l'avoir à portée de 
la main; décongelez et réchauffez dans de l'eau 
chaude, comme vous l'avez fait pour le colostrum. 
Chaque cabri devrait recevoir du lait de trois à 
quatre fois par jour, soit un maximun de 1,5 L par 
jour, jusqu'au cinquième jour. On peut substituer 
au lait un aliment d'allaitement dans une proportion 
croissante, jusqu'à ce qu'il constitue la ration 
totale. N'employez qu'un aliment de première 
qualité, tel que l'aliment d'allaitement de brebis. 

TRAITEMENT THERMIQUE DU COLOSTRUM 
Versez l'épais liquide jaunâtre dans* une terrine 
propre, en le filtrant. Portez le colostrum à une 
température de 56 °C et maintenez-le à cette 
température pendant une heure. Cette façon de 
procéder préserve les ingrédients essentiels qui 
aideront le cabri à combattre la maladie et 
l'infection. 

PASTEURISATION DU LAIT Pour pasteuriser le 
lait, on l'amène à une température qui tue les virus 
et les bactéries. On peut acheter un appareil à 
pasteuriser domestique ou utiliser un bain-marie 
sur la cuisinière électrique. Après le traitement, 
refroidissez rapidement le lait dans un contenant 
stérilisé. Tout ce qui touche le lait traité 



(ustensiles, entonnoirs, etc.) doit être stérilisé pour 
éviter la recontamination. Vous avez le choix 
entre deux méthodes de pasteurisation, l'une 
rapide et l'autre lente : 

Méthode rapide Amener le lait à 74 °C et le 
maintenir à cette température pendant 
30 secondes seulement. 

Méthode lente Amener le lait à 64 °C et le 
maintenir à cette température pendant 
30 minutes. 

ALIMENTATION AU BIBERON On trouve des 
biberons dans les magasins de fournitures pour le 
bétail. Ils sont généralement carrés, d'une 
contenance d'environ 1 L, munis de tétines 
résistantes; on trouve aussi des porte-biberons. 
Une bouteille de boisson gazeuse bien nettoyée, 
munie d'une tétine pour agneau, fera l'affaire. 
L'alimentation au biberon permet de mesurer la 
quantité exacte de colostrum que consomme le 
cabri et développera un lien étroit entre lui et vous. 

Cependant, ce n'est pas la façon la plus 
rapide de nourrir les petits. Le nettoyage des 
bouteilles exige beaucoup de travail. En 
grandissant, les cabris vont bondir et tirer 
brusquement sur le biberon, blessant parfois la 
personne qui les nourrit. 

ALIMENTATION À L'ÉCUELLE C'est une autre 
méthode pour administrer le colostrum. Amenez 
celui-ci à une température supérieure de un ou 
deux degrés à la température normale de 39 °C, 



Figure 27 Alimentation (de gauche à droite) au biberon, à 
l'écuelle, au multibiberon 



Bouchon 




27 



pour inciter le cabri à boire à l'écuelle. Trempez 
simplement son museau dans le lait pendant une 
seconde; généralement, il se mettra à boire. 

Les jeunes boivent plus facilement de cette 
façon et ils boiront donc plus de colostrum en 
moins de temps. On peut utiliser de petits bols 
jusqu'à ce que le cabri ait quelques jours et 
passer ensuite à des écuelles plus grandes. Bols 
et écuelles sont plus faciles à nettoyer et à 
entretenir que les bouteilles; ils n'exigent ni tétines 
ni tubes et entraînent donc moins de frais. Si l'on 
nourrit les cabris individuellement, on peut quand 
même mesurer la consommation de lait. 
Cependant, si l'on n'a pas de cornadis en «trou de 
serrure» (Figure 4), les cabris pourront tremper 
leurs pattes dans le lait. 

«BAR POUR AGNEAU» Ce «multibiberon» est un 
appareil constitué d'un grand contenant muni de 
tuyaux sur lesquels sont fixées des tétines. Ce 
système, qui se vend en un ensemble, permet de 
nourrir plusieurs petits à la fois, mais il ne permet 
pas de mesurer exactement la consommation de 
lait de chacun d'eux. De plus, le nettoyage prend 
du temps et les pièces sont assez coûteuses, de 
sorte que l'appareil revient cher, même si on le 
fabrique soi-même. 

Chevrettes de renouvellement 

Alimentez les chevrettes deux fois par jour. 
Certains éleveurs estiment qu'il faut limiter la 
quantité de lait ou d'aliment d'allaitement à 1,8 L 
par jour. 

Gardez constamment de l'excellent foin 
devant elles. Lorsqu'elles ont bien démarré au 
concentré, donnez-leur libre accès à un aliment 
complémentaire de démarrage pour jeunes 
animaux à 18-20% de protéines et contenant 
suffisamment de vitamines et de minéraux. 
Poursuivez ce régime jusqu'à ce qu'elles pèsent 
environ 15 kg, puis commencer à remplacer le 
concentré par une ration de croissance à 15%. 
Lorsque le poids des chevrettes approche les 
20-25 kg, limitez leur alimentation en concentré; 
ne les laissez pas engraisser trop. 

Une chevrette peut être sevrée dès que son 
poids de naissance a triplé, mais on retarde 
souvent le sevrage jusqu'à l'âge de 3 mois ou 
plus. 

Chevreaux de boucherie 

Pour grossir rapidement, les chevreaux de 
boucherie seront nourris de lait ou d'un aliment 
d'allaitement, donné à volonté, qui leur sera servi 
chaud ou froid; l'addition d'1 mL de formaline 
(37% de formaldéhyde) par litre peut éviter les 
ballonnements de la caillette. Les chevreaux 
devraient avoir constamment accès à du bon foin 



et à un aliment complémentaire pour jeunes 
animaux à 18-20%, jusqu'à ce que leur poids 
atteigne 15 kg; passez alors à un concentré de 
croissance à 15%. 

Chèvres en lactation 

Trois ou quatre semaines avant la parturition, 
commencez à donner à la chèvre de petites 
quantités (100-200 g) du concentré qu'elle recevra 
pendant la lactation. Augmentez la quantité 
progressivement jusqu'à environ 1 kg par jour, de 
préférence en deux repas, jusqu'à la mise bas. 

À la parturition, on augmentera de nouveau la 
quantité de concentré aussi rapidement que 
possible, en veillant à ce que cela n'entraîne pas 
de troubles digestifs, En alimentant la chèvre plus 
souvent, avec de plus petites rations, on évitera 
un excès d'acidité dans le rumen. S'il ne vous est 
pas possible de nourrir la chèvre au moins trois 
fois par jour, l'addition de bicarbonate de soude 
(vendu à bon marché pour le bétail) au concentré 
évitera l'acidose. 

Si la chèvre refuse de s'alimenter, diminuez 
fortement le grain et n'augmentez que légèrement 
la quantité des aliments. Il faut viser à alimenter la 
chèvre en vue d'une augmentation rapide de la 
production. Lorsque la quantité de concentré 
représentera de 60 à 70 % de la quantité totale de 
matière sèche ingérée et que la production laitière 
de la chèvre commencera à décliner après s'être 
stabilisée, on pourra réduire la ration de 
concentré à la quantité nécessaire pour la 
production quotidienne. La règle empirique pour 
les rations de concentré à base de grain est de 
donner 0,5 kg de grain par litre de lait. 

On maintient une bonne consommation de 
foin en donnant à la chèvre les légumineuses les 
plus appétissantes qu'on peut trouver. Elle a 
besoin de fourrage, à la fois pour que son lait ait 
un bon taux butyreux et pour la santé du rumen. 
Afin qu'elle reste intéressée à ce régime, passez 
de temps en temps à un foin mélangé de bonne 
qualité, ou variez les types de foin. 

Il arrive qu'une grosse productrice maigrisse 
pendant les premiers mois de sa lactation, pour 
reprendre du poids vers la fin. Cette situation est 
parfaitement normale et même souhaitable, mais 
ne la laissez pas trop engraisser. 

Chèvres en gestation taries 

C'est deux mois avant l'époque prévue de la 
parturition que vous allez tarir la chèvre (réduire sa 
production laitière jusqu'à ce qu'elle s'arrête). Si 
possible, séparez les chèvres taries des laitières, 
car il leur faut un régime très différent. 

Il serait bon de s'assurer que la chèvre ne 
présente aucun signe de mammite avant de la 
tarir. 



28 



Pour tarir la chèvre, réduisez-en la 
production en supprimant le grain et les plantes 
succulentes; donnez-lui du foin plus sec, moins 
riche, et réduisez radicalement (mais non 
totalement) la quantité d'eau qu'elle absorbe. 
Lorsqu'elle produira moins de 2,25 kg de lait par 
jour, cessez de la traire. Ne lui faites pas voir ni 
entendre les opérations de traite, ce qui stimule 
l'éjection du lait. 

De quatre à sept jours plus tard, exprimez à 
la main le lait qui pourrait être coagulé dans le pis. 
Ne trayez plus la chèvre. 

Pendant la lactation, la chèvre aura mangé 
de grosses quantités de grain, ce qui risque 
d'avoir causé une certaine irritation de la 
muqueuse du rumen. De plus, le rumen aura 
rétréci, car les aliments concentrés occupent un 
moindre volume que le fourrage. Dès que la 
chèvre sera tarie, cessez de lui donner du grain. 
Elle aura faim et se mettra à manger du foin pour 
satisfaire son appétit; toujours affamée, elle 
emmagasinera de gros volumes de foin dans son 
rumen, qui sera ainsi étiré, conditionné et remis en 
forme pour la prochaine lactation. Pourvu qu'il soit 
exempt de moisissure, assez vert et pas trop 
poussiéreux, un foin grossier ou à faible teneur en 
protéines sera parfaitement acceptable. Un foin 
de graminées contenant de 9 à 1 1 % de protéines 
(sur la base de la matière sèche) est l'idéal. Au 
quatrième mois de la gestation, la chèvre peut 
facilement satisfaire ses besoins et ceux de sa 
portée avec du foin seulement. 

À partir du cinquième mois, vous ajouterez 
du grain en proportions croissantes. À ce 
moment-là, les petits prennent plus de place dans 
le corps de la mère et limitent la capacité du 
rumen, sans parler de leurs exigences 
nutritionnelles. Gardez la chèvre à l'oeil, en 
veillant à ce qu'elle ne devienne ni trop grasse ni 
trop maigre. Si vous devez modifier la quantité de 
grain que vous lui donnez, vous pouvez le 
supprimer brusquement sans problème (si ce n'est 
les plaintes de la chèvre), mais vous ne pourrez 
ajouter du grain que progressivement, sous peine 
de sérieux ennuis. 

Ne donnez pas de foin de légumineuses à 
une chèvre en fin de gestation. Les légumineuses 
ont une forte teneur en calcium; si les aliments en 
contiennent trop, la chèvre ne sera pas capable de 
puiser dans ses réserves corporelles au moment 
de la mise bas, lorsque la production de lait 
impose soudainement de fortes exigences. Après 
la parturition, on pourra imposer à la chèvre un 
régime de foin et de légumineuses à forte teneur 
en calcium; elle s'habituera ainsi à utiliser sa 
nourriture pour couvrir ses besoins en calcium. 
Par ailleurs, une balance de calcium négative 
pendant les quelques premières semaines 
n'empêchera pas la production et ne fera pas de 
tort à la chèvre. 



Boucs 

Les chevreaux peuvent être nourris au lait 
plus longtemps et en plus grandes quantités que 
les chevrettes. Un peu trop de poids n'est pas 
aussi grave pour un bouc, qui n'aura jamais à 
produire du lait venant d'une mamelle où s'est 
accumulé dans sa jeunesse un excédent de tissu 
adipeux. 

Pendant la plus grande partie de l'année, on 
peut donner à un bouc adulte une ration 
d'entretien. Le foin de graminées ou le foin 
mélangé est ce qu'il y a de mieux, avec seulement 
assez de grain pour couvrir les besoins en 
énergie, en fonction de l'activité de l'animal, du 
temps et de la qualité du foin. Le bouc pourra 
tirer ses vitamines et ses minéraux du mélange 
sel — minéraux, donné à volonté. Si vous donnez 
chaque semaine des minéraux frais, les vitamines 
seront peut-être suffisantes; autrement, le bouc 
aura peut-être besoin d'injections de vitamines 
A, D et E pendant l'hiver. 

Un mois avant d'utiliser le bouc pour la 
reproduction, commencez à lui donner du grain. 
Portez graduellement la part de grain dans sa 
ration à 1 kg par jour, en surveillant les symptômes 
de troubles digestifs. Le bouc devrait arriver au 
trot quand il voit le seau de grain; il pourra 
d'autant mieux effectuer la transition que sa ration 
de grain sera divisée en un plus grand nombre de 
repas quotidiens. Au moment où vous aurez 
besoin de ses services, il devrait avoir acquis une 
bonne couche de graisse sous-cutanée. Il la 
perdra pendant la saison d'accouplement, de sorte 
que vous pourrez continuer à lui donner du grain 
pendant un certain temps pour le remettre en 
forme. Un bouc trop gras ne sera cependant pas 
un bon reproducteur. 



LA REPRODUCTION 

La chèvre possède 60 paires de 
chromosomes dans chaque cellule de son corps : 
30 héritées de sa mère et 30 de son père. 
Chaque chromosome renferme un certain nombre 
de gènes; la nature et la position de chaque gène 
déterminent un caractère génétique donné. 
Pendant la formation de l'ovule ou du 
spermatozoïde, tout le matériel génétique est 
mélangé et divisé en deux. Chaque cellule 
reproductrice se retrouve ainsi avec 
30 chromosomes, chacun avec le nombre voulu 
de gènes, mais dans une combinaison aléatoire à 
partir de la paire initiale. Cette génétique 
incroyablement compliquée empêche de prédire 
avec une totale assurance les caractéristiques 
d'une chèvre. 



29 



Certaines caractéristiques de la chèvre sont 
régies par une seule paire de gènes, l'un 
provenant du père et l'autre de la mère. Souvent, 
l'un des deux domine, empêchant l'autre (le gène 
récessif) de s'exprimer. 

Par exemple, c'est une paire de gènes 
donnée qui contrôle la présence ou l'absence de 
cornes. Le gène qui cause l'absence de cornes 
(caractère motte) chez les chèvres étant domi- 
nant, nous utiliserons la majuscule «P» pour le 
décrire, et la minuscule «p» pour décrire le gène 
qui entraîne la présence de cornes. Génétique- 
ment, donc, toute chèvre à cornes peut avoir deux 
gènes récessifs (pp). La combinaison génétique 
d'une chèvre motte peut être soit Pp (où le gène 
dominant l'emporte), soit PP. Une chèvre à 
cornes (pp) produira deux cellules reproductrices 
porteuses du gène p. La chèvre PP produira deux 
cellules reproductrices P; la chèvre Pp, par contre, 
en produira une de chaque type. 

L'accouplement de sujets PP et de sujets pp 
produira un seul type génétique de descendance, 
le Pp, étant donné qu'un des gènes doit provenir 
de chaque parent. L'animal n'aura pas de cornes. 
Si l'on accouple un sujet Pp avec un sujet PP, pp 
ou Pp, la variété de la descendance sera plus 
grande. 

Ces calculs paraissent assez simples, mais 
un grand nombre des caractéristiques qu'on 
cherche à obtenir en améliorant par croisement les 
chèvres laitières sont régies par des douzaines, 
voire des centaines de paires de gènes. 
Dommage que ce ne soit pas toujours aussi 
simple que pour le facteur motte ! 

Malheureusement, un autre fait complique 
même cet exemple simple : l'accouplement d'un 
sujet motte avec un autre sujet motte produit 
souvent une descendance intersexuée. Le gène 
PP donne un chevreau qui n'est ni mâle ni 
femelle, mais entre les deux. Il pourra paraître 
extérieurement mâle ou femelle, mais sera stérile. 
Les organes génitaux femelles d'apparence 
normale vont se modifier et migrer au cours du 
développement du cabri, l'orifice externe du 
conduit urinaire migrant vers le bas, entre les 
pattes, et pointant vers l'arrière, de sorte que le 
chevreau aura souvent les pattes de derrière 
mouillées et malpropres. Une masse pseudo- 
scrotale peut se développer. Notons que 
seulement la chevrette peut se transformer en cet 
hermaphrodite inutile. 

Certains éleveurs soutiennent que cette 
tendance à l'hermaphrodisme ne se retrouve pas 
dans toutes les lignées de chèvres mottes et que 
la femelle Pp n'est évidemment pas affectée. 
Cependant, des recherches approfondies n'ont 
révélé aucune exception. Si vous recherchez 
dans vos croisements des chèvres sans cornes, 
vous prenez des risques. 

Si vous vous sentez découragé, regardez les 
chèvres laitières que nous donnent les 



Figure 28 P/p Tableau d'accouplement d'animaux à caractères 
P (cornu) et p (motte) 



Accouple- 
ment 



; 



P 


p 


pp 


Pp 


pp 


Pp 



Tous mottes 1/1 



Accouple- 
ment 



I 



P 


p 


Pp 


pp 


Pp 


pp 



Motte/cornu 1/1 



Accouple- 
ment 



i 



P 


p 


pp 


Pp 


Pp 


Pp 



Motte/cornu 3/1 



croisements sélectifs ! L'animal a changé 
radicalement par rapport à l'espèce sauvage 
d'origine, pour devenir un sujet de belle taille, de 
bonne capacité et d'une productivité remarquable, 
que nos ancêtres ne reconnaîtraient guère. C'est 
en identifiant les caractéristiques souhaitables et 
en sélectionnant des reproducteurs ressemblant le 
plus possible à cet idéal que l'on a obtenu ce 
résultat. Nous pouvons encore utiliser les mêmes 
méthodes avec une égale validité, mais avec 
l'avantage suivant : nous sommes maintenant en 
mesure d'identifier et de mesurer de façon plus 
exacte que jamais auparavant, en utilisant le 
programme de contrôle laitier informatisé et le 
programme de classification des types normalisé 
sur le plan national, que la Société canadienne 
des éleveurs de caprins a élaborés. 



30 



Sélection en vue de l'amélioration 
génétique 

Que vous éleviez quelques chèvres pour 
usage familial, que vous procédiez à des 
croisements pour obtenir des animaux d'exposition 
améliorés ou que vous exploitiez une laiterie 
commerciale, la chèvre laitière a pour raison d'être 
de donner du lait. Une chèvre résultant d'une 
sélection rationnelle pourra donner de bonnes 
quantités de lait, tout au long de la lactation et 
pendant de nombreuses lactations. Plus encore, 
un animal vraiment désirable transmettra ces 
qualités à sa descendance. 

La quantité exacte de lait que produira la 
chèvre et le nombre de lactations qu'elle aura 
dépendront des normes de l'éleveur. Il sera facile 
d'en mesurer la production laitière en pesant une 
fois par mois la production de 24 heures et en 
utilisant ce résultat pour calculer le total. 

Dans le cas du bouc, à moins qu'il n'ait de 
nombreuses filles laitières, il sera plus difficile de 
déterminer son aptitude à influencer la production 
laitière de la génération suivante. Même s'il a 
plusieurs filles qu'on peut étudier, l'environnement 
peut influencer davantage la production que la 
génétique. Idéalement, pour évaluer un bouc, on 
a besoin de renseignements sur plusieurs 
lactations de plusieurs douzaines de ses filles et 
de leurs compagnes de troupeau, dans plusieurs 
troupeaux différents. 

À défaut de ces renseignements, on peut 
choisir un bouc d'après son pedigree. Le bouc 
issu d'une génitrice à forte productivité, croisée à 
un bouc issu d'une génitrice à forte productivité 
(dont les filles auront peut-être aussi été soumises 
à des tests de production), donnera de meilleures 
chances d'obtenir des laitières améliorées que le 
bouc sur l'ascendance duquel on ne possède pas 
de renseignements précis. 



On doit aussi examiner les traits de 
conformation, car ils pourront être liés à la 
longévité chez les filles du bouc. Ici encore, il est 
sage de regarder la conformation des filles, si 
possible, ou pour le moins celle de proches 
parentes. La conduite de l'élevage joue un grand 
rôle dans le développement du bouc; alors qu'un 
sujet dont on ne s'occupe pas bien peut 
engendrer des filles qui lui seront supérieures, 
certains boucs de très belle allure n'auront 
peut-être pas la force génétique nécessaire pour 
surmonter des défauts structurels présents chez 
les chèvres auxquelles ils seront accouplés. 

Si vous voulez que le bouc ait une influence 
positive sur votre troupeau, l'investissement risque 
d'être coûteux. Mais si vous basez votre sélection 
sur l'information la plus complète qui soit 
disponible, votre bouc pourrait vraiment conférer 
au troupeau la moitié de sa valeur. 

Les qualités recherchées chez un bouc 
varieront selon la chèvre que vous souhaitez 
obtenir par sélection et selon vos objectifs de 
reproduction. Si vous élevez des chèvres 
laitières, vous devrez mettre au moins 
partiellement l'accent sur les caractéristiques 
laitières. 

C'est en opérant la sélection en vue d'un 
seul caractère à la fois que vous ferez le plus de 
progrès dans votre élevage. Lorsque vous aurez 
atteint cet objectif, vous pourrez passer à un autre 
caractère que vous souhaitez améliorer. Certains 
caractères sont plus faciles à modifier que certains 
autres; on dit qu'ils ont une héritabilité élevée. 
Cela s'explique peut-être par le fait qu'ils sont 
régis par des paires de gènes moins nombreuses, 
ou que l'environnement a moins d'influence sur 
leur expression, ou qu'ils sont plus faciles à 
mesurer de façon exacte. Il est difficile d'évaluer 
l'amélioration si la mesure est totalement 
subjective et varie d'une personne à l'autre. 



TABLEAU 2 CARACTERES HEREDITAIRES DES CHÈVRES LAITIÈRES 



Caractère 


Héritabilité 


Mesure 


Effet 


Taille à maturité 


Forte 


Mètre et balances 


Ventes de reproducteurs 


Pourcentage de gras 


Forte 


Milk-O-Scan 


Différence sur le prix du lait 


Pourcentage de protéines 


Forte 


Milk-O-Scan 


Rendement en fromage 


Production laitière 


Moyenne 


Balances à lait, programme 
de contrôle 


Ventes de lait 


Facilité de la traite 


Moyenne 


Éjection du lait (kg/min) 


Temps et coûts de la main-d'oeuvre 


Résistance aux mammites 


Moyenne 


CMT, numération des cellules 


Rendement au cours de la vie, coûts 






somatiques 


de la main d'oeuvre et des traitements 


Conformation 


Moyenne 


Classification, observation 


Ventes de reproducteurs 


Longévité 


Faible 


Âge à la réforme 


Taux de renouvellement 


Reproduction 


Faible 


Intervalle entre les mises bas 


Rendement annuel en lait 


Oedème de la mamelle 


Faible 


Observation 


Production, coûts de la main d'oeuvre 
et des traitements 


Pieds et pattes 


Faible 


Observation, classification 


Taux de renouvellement 



31 



Vous trouverez peut-être que certains 
caractères présentent plus d'intérêt pour vous que 
d'autres. Dans ce cas, essayez d'améliorer 
d'abord ceux qui ont pour vous le plus 
d'importance économique. 

Age à la première saillie 

Une chèvre peut entrer en chaleur (oestrus) 
dès l'âge de 4 mois, mais vous ne la laisserez pas 
s'accoupler avant qu'elle pèse au moins 32 kg; 
beaucoup d'éleveurs trouvent même qu'un poids 
de 40 kg permet un meilleur développement. En 
fonction des facteurs génétiques dans une 
certaine mesure, mais aussi en fonction de la 
conduite de l'élevage et de l'alimentation dans une 
mesure plus grande encore, la chèvre pourra 
atteindre l'un ou l'autre de ces poids quand elle 
aura entre 7 et 9 mois. Si la saillie a lieu à ce 
moment, la chèvre aura entre 12 et 14 mois lors 
de la parturition. Une chèvre d'1 an qui donne du 
lait gagne sa pension, si le lait a de' la valeur à la 
ferme. Si elle poursuit sa croissance pendant la 
lactation, elle aura une production laitière peut-être 
faible mais régulière. 

Il y a des éleveurs qui préfèrent que leurs 
jeunes chèvres ne soient pas saillies et pour- 
suivent leur développement bien au delà de leur 
premier anniversaire; certaines ne seront pas 
saillies avant l'âge de 18 mois. Une chèvre de 
2 ans primipare n'aura pas une production de lait 
aussi abondante qu'une chèvre du même âge qui 
en est à sa deuxième lactation; cependant, il n'a 
pas été prouvé qu'elle aura une vie productive 
plus longue (comme certains l'affirment). Cette 
chèvre pourra certainement mériter un ou deux 
points de plus au classement; du côté négatif, il 
est souvent difficile de réussir une saillie fertile sur 
une chèvre tarie, car elle a tendance à engraisser. 
Vous devez décider sur quoi vous voulez mettre 
l'accent. 

Saison d'accouplement 

Au Canada, l'accouplement des chèvres est 
très saisonnier. La lumière régit les cycles 
d'oestrus, qui commencent généralement 
10 semaines après le jour le plus long de l'année. 
Du début de septembre à la fin de février ou mars, 
la majorité des chèvres seront fertiles quand elles 
sont en chaleur. Au milieu d'avril, la plupart auront 
cessé leur cycle et ne s'intéresseront plus à 
l'accouplement avant le mois de septembre 
suivant. Un petit nombre de chèvres, peut-être 
5%, commenceront leur cycle un ou deux mois 
plus tôt ou plus tard que leurs compagnes. Une 
bonne nutrition et une bonne gestion permettront 
aux sujets en question d'exprimer cette tendance; 
c'est un trait qui peut aussi être génétique, 
permettant une longue saison d'accouplement, 
sans traitement spécial, grâce à la sélection de 
génitrices choisies parmi des chevrettes nées de 
septembre à décembre. 



Il existe des traitements permettant de 
ramener l'oestrus chez une femelle dont les 
cycles sont interrompus pour la période annuelle 
d'anoestrus. 

Détection des chaleurs 

Vous devez savoir reconnaître les signes des 
reproductrices en chaleur. Tout au début ou tard 
dans la saison d'accouplement, ces signes 
peuvent être très subtils. D'octobre à février, par 
contre, l'instinct d'accouplement est plus fort et la 
femelle qui n'a pas été saillie manifeste beaucoup 
sa présence pendant ses chaleurs. La longueur 
du cycle oestral (du jour 1 d'une chaleur au jour 1 
de la suivante) peut varier de 18 à 24 jours selon 
les sujets; la longueur de l'oestrus lui-même est 
variable: il arrive qu'il ne soit apparent que 
pendant 12 heures, mais il peut aussi se 
manifester sans erreur possible pendant quatre 
jours. C'est au milieu de la saison d'activité 
sexuelle (d'octobre à décembre) que les chaleurs 
ont tendance à avoir le maximum d'intensité. 
L'accouplement réalisé à ce moment aura plus de 
possibilités d'aboutir à une gestation multiple. 
Pour détecter les chaleurs, observez les signes 
suivants chez la chèvre : 

La vulve (orifice génital) enfle, paraît humide 
et prend habituellement une coloration qui va 
du rose au rouge. 

La chèvre manifeste une agitation inhabituelle 
et bêle souvent. 

Elle est fortement attirée par l'odeur du bouc. 
Vous pourrez préparer un «chiffon bouc» en 
frottant un vieux bas nylon sur les glandes 
qui sécrètent cette odeur, localisées sur la 
tête du bouc, à l'arrière de la zone des 
cornes. Vous conserverez ce chiffon dans 
un bocal en verre fermé hermétiquement. Si 
vous faites respirer à une chèvre en chaleur 
le contenu du bocal, les manifestations de 
l'oestrus s'intensifieront. 

La chèvre balance la queue rapidement et 
sans arrêt. 

L'écoulement vaginal de mucus varie en 
quantité; généralement épais et opaque au 
début de l'oestrus, il est clair et liquide 
pendant l'oestrus proprement dit ou rut, pour 
redevenir blanc et opaque à la fin de 
l'oestrus. 

Typiquement, la chèvre qui entre en chaleur 
commence à importuner d'autres chèvres du 
troupeau (souvent seulement une) en essayant de 
susciter un comportement de poursuite et de 
monte. Pendant le rut proprement dit, elle restera 
tranquille jusqu'au moment où elle sera montée 
par un bouc ou par une de ses compagnes. 
Lorsqu'elle sort de la période de chaleur, le 
comportement d'affrontement et de poursuite 
reprend le dessus. 



32 



Les symptômes seront plus apparents chez 
certaines chèvres que chez d'autres; il vous faut 
observer de près les variations de comportement 
de vos animaux. 

Sélection du bouc 

C'est le mot «sélection» qui est important ici. 
À peu près n'importe quel bouc est fertile, surtout 
celui qu'il ne faut pas ! Qu'il s'agisse du chevreau 
à la mamelle ou de celui qu'on laisse dans la 
même loge que les chevrettes jusqu'à la fin de 
l'été, ou encore du bouc destiné à la boucherie 
que vous gardez pour des gens qui ne veulent pas 
d'un sujet castré, tous ces sujets seront imman- 
quablement capables de féconder une femelle ! 
Une bonne clôture, que les boucs ne pourront pas 
franchir, vous aidera beaucoup à réaliser un 
programme d'élevage supervisé, en maintenant 
les boucs d'un côté et les chèvres de l'autre. Des 
boucs bien élevés, heureux et tranquilles dans leur 
stalle jusqu'au début de la saison du rut, peuvent 
se transformer en véritables Houdinis lorsque les 
chèvres entrent en chaleur ! Vérifiez la stalle 
avant que la tentation ne se présente; renforcez 
les clôtures s'il y a lieu et réparez celles qui sont 
brisées. Si un bouc réussit à s'échapper, vérifiez 
combien de chèvres il a pu féconder ! 

ENTRETIEN DU BOUC Dans de nombreux 
troupeaux, le bouc n'est utilisé que pendant trois 
ou quatre mois de l'année. Le reste du temps, il 
reçoit une ration d'entretien et l'on ne s'occupe 
guère de lui, si ce n'est peut-être pour une ou 
deux expositions de printemps. Quand commence 
la saison d'activité sexuelle, par contre, vous 
aurez immédiatement besoin de ses services. Un 
bouc doit commencer la saison d'accouplement en 
excellente condition : une belle robe luisante et 
assez de graisse pour arrondir les angles. Trop 
de graisse, par contre, le ralentirait, empêcherait 
l'action des hormones et risquerait, en fait, 
d'entraîner la stérilité. Entre septembre et 
décembre, le bouc sera généralement trop excité 
pour manger; il perdra énormément de poids, qu'il 
soit utilisé ou pas. 

Pour être certain qu'il sera en bonne 
condition et plein d'ardeur, examinez-le deux mois 
à l'avance. S'il est trop gras, laissez-lui sa ration 
d'entretien - beaucoup de fourrage grossier - afin 
qu'il ne prenne plus de poids. S'il est plutôt 
mince, voyez s'il n'a pas de vers. Portez un 
échantillon de matières fécales au vétérinaire et 
faites-les analyser, pour détecter la présence de 
parasites et (si le bouc est encore tout jeune) de 
coccidies; traitez tout problème selon les conseils 
du vétérinaire. 

Commencez à donner au bouc un régime 
plus riche en apport énergétique, mais ne modifiez 
pas ses rations trop rapidement, car vous 
risqueriez de l'amener à refuser toute nourriture. 
Ajoutez petit à petit plus d'aliments digestibles, par 



exemple du foin plus feuillu ou des rations de 
concentrés. Si vous commencez par 100 g de 
grain par jour, vous devriez prendre plusieurs 
semaines pour en porter la quantité à 600 g par 
jour. 

Assurez-vous que le bouc reçoit les 
vitamines et les minéraux requis. Dans certaines 
régions, le régime est pauvre en zinc, alors que ce 
minéral est très important pour le processus 
reproducteur mâle; d'autres carences en minéraux 
auront des retentissements sur l'état général. Si 
le bouc n'est pas dans un bon pâturage, donnez- 
lui un supplément de vitamine A. Pour l'encoura- 
ger à consommer les vitamines et minéraux 
appropriés, combinez au sel que vous lui donnez, 
dans une proportion de 50/50, un mélange bien 
équilibré de vitamines et de minéraux. Remplacez 
le mélange chaque semaine, pour être sûr qu'il 
conserve sa teneur en vitamines. 

Le bouc doit être exempt de parasites 
externes. Les poux sont généralement rares en 
été mais s'il y en a ne fût-ce que quelques-uns, ils 
se multiplient rapidement et peuvent entraîner 
l'anémie. Il existe divers produits permettant de 
traiter les boucs qui ne sont pas destinés à 
l'abattoir. 

Entretenez les sabots et veillez au bon état 
des pattes. Toute raideur est à contrôler, car elle 
pourrait nuire à l'ardeur ou à la capacité de monte 
de votre bouc. Ne laissez pas un bouc arthritique 
prendre trop de poids. 

Les testicules doivent être fermes et sains. 
S'il y a enflure ou gonflement, ou encore des 
masses importantes ou de petites boules indurées 
dans le scrotum, consultez le vétérinaire. La peau 
autour de l'ouverture du fourreau doit être 
exempte de plaies ou d'infections; observez les 
érections et l'émission d'urine, qui doivent être 
normales et ne causer aucune gêne. 

Si vous employez le bouc pour 
l'accouplement hors-saison, entre mai et juillet, le 
vétérinaire recommandera peut-être des 
traitements aux hormones, à administrer environ 
un mois à l'avance. Si vous utilisez la lumière 
pour prolonger la saison d'accouplement, 
assurez-vous de traiter le bouc en même temps 
que les chèvres (mais de préférence sans le 
laisser entrer avec elles). 

L'utilisation de la lumière trompe les animaux 
en leur faisant croire que la période de rut est 
arrivée. L'exposition des animaux à des lampes 
fluorescentes qu'on allume de plus en plus tard le 
matin et qu'on éteint de plus en plus tôt le soir 
simule l'effet du changement de saison sur la 
lumière du jour. 

Certains éleveurs commencent par traiter 
une chèvre pour qu'elle entre en chaleur à peu 
près une semaine avant que les chèvres 
importantes ne commencent leur cycle, afin de 
rappeler au bouc de quoi il retourne. Il serait en 
effet frustrant de réussir à faire entrer vos chèvres 
en chaleur hors-saison, pour constater que le 



33 



bouc ne s'intéresse pas à elles ! L'insémination 
artificielle, quand vous en aurez pris l'habitude, 
vous évitera ce problème, car ça marche à 
n'importe quel moment de l'année. 

INFERTILITÉ DU BOUC Pour être fertile, il faut 
qu'un bouc produise du sperme qui peut fertiliser 
un ovule. Il doit aussi avoir à la fois le désir et la 
capacité de monter la chèvre et de la saillir. Si 
l'un des facteurs manque, même partiellement, la 
fécondité sera réduite. 

Des malformations congénitales ou 
héréditaires peuvent entraîner des problèmes de 
reproduction. De nombreuses malformations des 
testicules ou du pénis sont héréditaires et sont 
décelables par le toucher et l'observation 
(testicules sous-développés, absence d'un 
testicule ou déviation du pénis, par exemple). Un 
gène récessif peut provoquer certains défauts du 
sperme qui compromettront la fertilisation. 

La stérilité acquise peut dépendre de lésions, 
de maladies, de la nutrition, du milieu ou de 
facteurs liés à la conduite de l'élevage. Même un 
bouc fertile peut être incapable de monter une 
chèvre à cause d'une enflure des articulations des 
pattes postérieures ou d'une entorse; des sabots 
douloureux d'avoir trop poussé peuvent avoir le 
même effet. Des contusions ou même des 
fractures du pénis, résultant d'une surutilisation ou 
d'interférences pendant l'accouplement, peuvent 
empêcher l'érection (malgré un fort désir) et 
compromettre la fertilité du sperme. 

Une alimentation défectueuse retarde la 
puberté, abaisse la production et réduit la qualité 
du liquide séminal. Chez un bouc en croissance, 
elle risque d'entraîner des dommages permanents 
à l'épithélium germinal des testicules. Chez un 
bouc mature, cette alimentation abaisse la libido; 
on peut y remédier en augmentant avec 
précaution la teneur énergétique des aliments. 

Une carence en vitamine A risque d'entraîner 
une dégénérescence testiculaire, tandis qu'une 
carence en iode peut affecter la libido et la qualité 
du sperme. Les carences en cuivre, en 
phosphore, en cobalt, en zinc et en manganèse 
peuvent aussi causer des problèmes de fertilité. 

Une élévation d'environ un degré de la 
température du corps, due à une température 
élevée ou à la maladie, risque de compromettre la 
fertilité du bouc. La maladie, surtout 
accompagnée de fièvre, entraînera la stérilité, au 
moins temporairement. Une température 
corporelle élevée peut affecter la fertilité pendant 
dix semaines. Si des bactéries envahissent les 
glandes génitales, l'enflure peut être suivie de la 
dégénérescence, de la calcification ou de 
l'atrophie de l'un des testicules ou des deux. 
L'infection affecte généralement les canaux, les 
bloquant et en empêchant le fonctionnement 
normal; elle sera diagnostiquée par la présence de 
pus dans le liquide séminal si l'examen est 
effectué à un stade précoce. 



Le stress provoqué par la chaleur entraîne 
souvent une stérilité temporaire; logez le bouc 
dans un local frais, bien aéré, et donnez-lui à boire 
beaucoup d'eau propre et fraîche pendant les 
journées chaudes de l'été. 

Un bouc arrivé à maturité pourra fournir ses 
services à un grand nombre de femelles, au cours 
de plusieurs mois. Il n'est pas déraisonnable 
d'avoir un bouc pour 50 femelles, si les saillies 
sont espacées. Un jeune bouc, par contre, devra 
se reposer plusieurs jours, voire une semaine, 
entre les saillies. Soyez strict au sujet de son 
activité sexuelle; ne lui permettez pas de fournir 
plus d'un service toutes les quatre ou six heures, 
et pas plus de deux par accouplement. 
Autrement, vous pourriez constater que le jeune 
sujet qui a fécondé deux ou trois chèvres au début 
de la saison reste ensuite deux ou trois mois 
infertile. Évidemment, pour les mêmes raisons, 
vous ne le laisserez pas gambader avec des 
femelles en chaleur. 

Monte en main ou monte en 
liberté 

Dans la monte en main, on identifie 
individuellement les chèvres en chaleur, on les 
amené au bouc et on supervise le coit. C'est 
cette méthode qui permet de tenir les registres 
d'accouplement les plus précis. Cependant, elle 
ne sera pas efficace en cas d'erreur dans la 
détection des chaleurs, si la chèvre est saillie à un 
moment où elle n'est pas en oestrus ou si l'on n'a 
pas constaté son retour en chaleur. Si vous 
n'êtes pas en mesure de surveiller vos chèvres 
deux ou trois fois par jour, autrement qu'en allant 
les nourrir et les traire, vous risquez de ne pas 
repérer celles qui sont en chaleur, surtout au 
début de la saison des amours. 

Les producteurs commerciaux de lait, qui ont 
besoin que la lactation commence le plus tôt 
possible en automne, pourront choisir pour leurs 
jeunes chèvres l'accouplement en stalle. Par 
contre, ils éviteront ce système pour les chèvres 
en lactation, car l'odeur de bouc que dégagent les 
sécrétions glandulaires huileuses risquerait de se 
transmettre au lait par les poils de la chèvre ou 
même par l'air. On pourra répartir les chèvres qui 
n'ont encore jamais été saillies en groupes qui 
partageront chacun une stalle avec un bouc 
reproducteur. En munissant le bouc d'un tablier 
marqueur, vous serez en mesure de constater 
quel jour chaque chèvre aura été montée et vous 
pourrez enregistrer la date de saillie. Un bouc 
vigoureux est cependant capable de monter 
n'importe quelle chèvre, qu'elle soit en chaleur ou 
non, surtout les quelques premiers jours où on 
l'envoie dans la stalle. Changez la couleur du 
marqueur après la première semaine, pour repérer 
les chèvres qui reviennent alors qu'elles sont en 
chaleur. Comme le bouc est le plus précis des 
détecteurs de chaleurs, la saillie en stalle est le 



34 



plus sûr moyen d'obtenir la conception chez vos 
chèvres. 

Chez une chèvre qui n'a eu auparavant 
qu'un minimum de contacts avec un bouc, 
l'oestrus sera souvent induit en cinq jours, 
simplement par la brusque exposition à un mâle. 
C'est ce que l'on appelle «l'effet bouc» bien 
documenté, qui se produit même à un stade 
précoce de la saison d'activité sexuelle, avant que 
les chaleurs ne deviennent apparentes. Vous 
trouverez peut-être qu'il vaut la peine de l'essayer, 
lorsque vous voulez hâter le début du cycle chez 
vos chèvres. Si vous avez la certitude qu'elles 
n'ont eu aucun contact avec un bouc, ni même 
avec l'odeur d'un bouc, depuis deux ou trois de 
mois, vous aurez plus de chances de succès. 

Insémination artificielle 

Les éleveurs canadiens utilisent depuis 
plusieurs années la semence congelée pour 
inséminer les chèvres sans les services du bouc. 
Si l'on considère les inconvénients du bouc— son 
odeur, son comportement peu docile, les soins et 
l'entretien qu'il exige— l'insémination artificielle a 
bien des attraits. 

La semence disponible au Canada, même si 
elle est importée, a été recueillie dans 
d'excellentes conditions d'hygiène, et provient de 
boucs dont le bon état sanitaire est certifié. Vous 
pourrez réaliser plus rapidement des améliorations 
génétiques dans votre troupeau au moyen de 
l'insémination artificielle, si la semence provient de 
géniteurs génétiquement supérieurs. La Société 
canadienne des éleveurs de caprins élabore 
actuellement un programme de «testage des 
géniteurs», pour évaluer l'aptitude d'un géniteur 
donné à améliorer chez ses filles la production 
laitière et le type. Tous les mâles utilisés 
actuellement pour l'insémination artificielle sont 
prometteurs, par leur type et leur pedigree, et 
vous voudrez peut-être en utiliser un ou plusieurs 
pour introduire dans votre troupeau un matériel 
génétique plus varié. 

Dans l'accouplement naturel, le bouc dépose 
sa semence à l'entrée du col de la matrice, mais 
le volume et le nombre de spermatozoïdes sont 
bien plus grands que dans l'insémination 
artificielle. La chèvre elle-même réagit aussi un 
peu mieux à l'accouplement naturel, en 
transportant le sperme dans l'utérus, par exemple. 
Pour inséminer une chèvre, on essaie de déposer 
la semence à l'intérieur de l'utérus, ou au moins à 
l'intérieur du col, ce qui compense, sinon 
entièrement du moins dans une certaine mesure, 
l'avantage de l'accouplement naturel. 

Dans certaines régions du pays, le ministère 
provincial de l'agriculture offre des cours pratiques 
sur les techniques d'insémination artificielle chez 
la chèvre ou apporte son concours pour en 
organiser, si suffisamment d'éleveurs se montrent 
intéressés. On doit utiliser un matériel 



d'insémination spécial pour chèvres, mais la 
semence congelée peut être manipulée 
exactement de la même façon que la semence de 
taureau, et on utilise souvent pour l'expédier et la 
stocker le système de distribution qu'utilisent les 
éleveurs de bovins. 

Tests de gestation 

Une chèvre saillie alors qu'elle était 
naturellement en chaleur pendant la période 
régulière d'activité sexuelle permet d'obtenir 
l'indication de gestation la moins coûteuse et l'une 
des plus fiables : trois semaines plus tard, 
l'oestrus ne revient pas. Cependant, si la chèvre 
saute un oestrus mais qu'un retour de chaleur se 
produit un peu plus tard, son organisme aura 
peut-être réabsorbé l'embryon pour une raison 
quelconque. 

Les chèvres devraient prendre du poids à 
l'époque de l'accouplement; il convient de leur 
présenter un programme d'alimentation à haut 
niveau jusqu'à ce que la gestation soit bien en 
marche, la troisième ou la quatrième semaine 
suivant la saillie. Ce programme d'alimentation 
pré-saillie induit la production et la fertilisation d'un 
plus grand nombre d'ovules; la chèvre risque 
moins de perdre une portée complète. Si une 
chèvre a un retour de chaleur, vous pouvez 
essayer de la faire saillir de nouveau avant de 
soupçonner une maladie. Si elle n'est toujours 
pas grosse, consultez le vétérinaire. 

D'autres méthodes de détection de la 
gestation ont été commercialisées ces dernières 
années, notamment une trousse de mesure du 
taux de progestérone dans le lait. On doit 
administrer le test au moment prévu du retour des 
chaleurs de la chèvre si elle n'était pas grosse (de 
18 à 22 jours après la saillie, selon l'animal). La 
plupart des chèvres pourraient subir ce test 
20 jours après la saillie avec une bonne précision. 
Un niveau élevé de progestérone indique la 
possibilité d'une gestation. 

Un autre test permet de vérifier la présence 
d'une hormone de gestation, le sulfate d'oestrone, 
dans le lait ou l'urine. On peut envoyer des 
échantillons à un laboratoire ou acheter une 
trousse pour administrer le test sur place. Le test 
peut être exécuté dès le trente-cinquième jour 
suivant la saillie, mais il est plus exact après 
50 jours. 

Les appareils qui utilisent les sons et les 
ultrasons pour détecter la gestation sont très 
coûteux et exigent que l'opérateur reçoivent de la 
formation pour bien les utiliser. Ces appareils sont 
surtout utiles aux producteurs commerciaux de lait, 
qui doivent vérifier le taux de gestation résultant 
de l'accouplement hors-saison pour prévoir leur 
production laitière de l'hiver. Parfois, l'éleveur qui 
est à la tête de quelques animaux obtiendra que le 
propriétaire d'une de ces machines la lui prête ou 
la lui loue. 



35 



Figure 29 Insémination artificielle 




Figure 30 Matériel d'insémination artificielle introduit dans les voies génitales 



Corps de l'utérus 



Aiguille en plastique 



Cornes de l'utérus 



Cape stérile sur pistolet 
d'insémination 



Oviducte 



Spéculum 



Pistolet d'insémination 




36 



Il existe d'autres moyens de vérifier la 
gestation. Certains, comme la tige utilisée pour 
vérification interne par le rectum, risquent de 
provoquer un stress assez fort pour entraîner 
l'avortement. Certains éleveurs sont capables de 
palper l'abdomen de la chèvre pour découvrir si 
l'utérus a grossi et s'il est gravide. Mais la 
méthode la plus sûre et la moins dangereuse est 
d'attendre cinq mois pour voir si des cabris vont 
naître. Évidemment, certains signes paraissent 
avant cela. Le pis des primipares commence à 
gonfler au quatrième mois; même le pis tari d'une 
chèvre adulte commence à «reprendre vie» au 
cinquième mois. L'expansion de l'abdomen est 
évidente, surtout dans la profondeur du tronc, à la 
hauteur des flancs, même sans gain apparent en 
largeur. 

Développement foetal 

La chèvre laitière a une période dé gestation 
moyenne d'environ 145 à 155 jours; en général, 
quelques jours de plus ou de moins ne feront pas 
de tort à la mère ni aux cabris. 

Vers la fin de la période de rut, l'ovaire libère 
un oeuf (l'ovule) qui pénètre dans l'oviducte. 
C'est là que se produit la fertilisation, et l'ovule 
fertilisé poursuit sa progression vers l'utérus tout 
en se développant. Lorsqu'il parvient à l'utérus, 
certaines transformations se sont en outre 
produites qui permettent à ce qui est maintenant 
l'embryon de s'accrocher à la paroi utérine et de 
continuer à se développer. Souvent, les chèvres 
libèrent et fertilisent plusieurs ovules. Chacun 
d'eux s'implante à un endroit différent de l'utérus 
et développe son propre placenta. Ce dernier fait 
partie du foetus, qui reçoit, grâce à cet organe, les 
éléments nutritifs provenant du sang de la mère. 
Dans une certaine mesure, le placenta diffuse 
également dans le corps de la mère des hormones 
nécessaires à la poursuite de la gestation et pour 
entraîner la mise bas et provoquer le 
développement du tissu galactogène dans le pis. 

Au soixantième jour, le foetus est presque 
entièrement formé, à part quelques éléments 
comme les dents et les poils. A partir de ce 
moment, il va simplement grandir jusqu'à la 
naissance. Bien que la taille augmente 
rapidement, elle est si petite au départ que la 
croissance du foetus impose de sérieuses 
exigences à la mère au cours des six dernières 
semaines de la gestation. La présence de foetus 
multiples accroît évidemment ces exigences. Les 
deux ou trois dernières semaines avant la 
naissance, les poils apparaissent et les dents du 
chevreau percent. Le développement des cornes 
est variable: certains chevreaux naissent avec de 
petites cornes bien formées, tandis que les cornes 
ne se développent chez d'autres que trois 
semaines après la naissance (naturellement, les 
chèvres mottes resteront toujours sans cornes). 



Après la naissance, la chèvre expulse le 
placenta. 

Gestations indésirables 

Des injections de prostaglandine pourront 
éliminer une gestation indésirable; les fabricants 
affirment qu'il est peu probable que les produits 
chimiques dérèglent le système hormonal de 
l'animal, mais utilisez-les quand même avec 
prudence. Pratiquées à un moment quelconque 
entre six jours et six semaines après 
l'accouplement, les injections feront avorter la 
chèvre avec le minimum de douleurs, mais plus 
tôt vous administrerez le produit, moins elle s'en 
apercevra. La prostaglandine ramène les chaleurs 
de 48 à 72 heures après l'injection. Veillez donc 
à ce que le bouc soit bien à l'écart ! 

Accouplements en saison et 
hors-saison 

Que vous le vendiez ou que vous l'utilisiez 
pour consommation familiale, le lait produit en 
hiver a plus de valeur que celui qui est en 
surproduction au printemps et en été. Bien que 
vous disposiez de peut-être plus de temps l'été, 
vous risquez de vous apercevoir que l'aug- 
mentation de la consommation est inversement 
proportionnelle à celle de l'approvisionnement ! 

Une chèvre saillie en septembre met bas en 
février; saillie en mars, elle met bas en août. 
Même avec deux chèvres d'égale productivité, 
celle qui met bas en août produira un peu moins 
de lait au cours de sa lactation que celle qui a mis 
bas en février. Aucune des deux n'a été 
véritablement saillie hors-saison, même s'il y a des 
chèvres qui ne commencent pas leur cycle avant 
la fin de septembre et d'autres qui ne le 
poursuivent pas au-delà du début de mars. 

Il ne faut que fort peu d'interférence dans la 
saison naturelle d'activité sexuelle pour maintenir 
ce programme de renouvellement de la production 
laitière. Cependant, si vous doutez le moindre- 
ment que les chèvres soient en chaleur en 
septembre— l'absence de retour du rut pouvant 
être dû tout simplement à la fin de la saison 
d'activité sexuelle— vous voudrez peut-être en 
faire saillir une ou deux de plus au mois de mars. 
La chèvre qui n'a pas «pris» au début de 
septembre le montre par le retour des chaleurs; 
elle peut alors être accouplée de nouveau, avec 
un petit retard dans la parturition. 

On utilise la lumière pour provoquer l'entrée 
en chaleur hors-saison. Ce procédé «trompe» les 
glandes pituitaires de la chèvre, qui contrôlent le 
début de la saison d'activité sexuelle. Ou bien on 
limite le nombre d'heures d'exposition des 
animaux à la lumière pendant deux semaines, ou 
bien on ajoute des heures de «plein jour», que l'on 
réduit brusquement dix semaines avant l'époque 



37 



normale. Certaines chèvres entreront alors 
spontanément en chaleur, indépendamment de 
l'époque de l'année. Cette méthode a l'avantage 
de ne pas introduire de produits chimiques dans 
l'organisme des chèvres. 

Une innovation récente en matière 
d'accouplement hors-saison est l'éponge vaginale, 
imprégnée d'un composé analogue aux 
progestérones. Introduite comme un tampon dans 
le vagin, elle dégage lentement le produit 
chimique, que l'organisme de la chèvre absorbe. 
Dans la nature, les chèvres reçoivent cette 
stimulation à la progestérone au début de la saison 
du rut, avant qu'un oestrus ne soit possible. Avec 
l'éponge vaginale, cependant, vous pouvez faire 
démarrer le processus à n'importe quel moment. 
En période d'anoestrus profond (généralement 
d'avril à juillet), laissez l'éponge dans le vagin 
pendant 1 1 jours et administrez également, 
48 heures avant de l'enlever, des injections 
d'oestrogènes (Gonadotrophine sérique de la 
jument gravide et PMSG) et éventuellement de 
cloprosténol. Cette mesure assure une période de 
chaleurs, qui commence généralement de 1 8 à 
36 heures plus tard. En saison de transition (fin 
mars à début avril ou juillet à août), injectez le 
PMSG et la prostaglandine au moment de 
l'enlèvement de l'éponge, le onzième jour. 

On peut aussi utiliser les éponges vaginales 
pour synchroniser les chèvres pendant la saison 
d'accouplement. Dans ce cas, on emploie 
l'éponge seulement, et les chaleurs surviennent 
de 24 à 48 heures après son retrait. On peut 
également utiliser la prostaglandine de la même 
façon avec des chèvres qui ont commencé leur 
cycle, dans le but de susciter des chaleurs de 
24 à 72 heures après les injections. Celles-ci ne 
seront cependant pas efficaces si elles sont 
données moins de six jours après la période de 
chaleurs précédente. La synchronisation est utile 
si vous disposez de peu de temps pour la 
détection des chaleurs ou si vous devez emmener 
une chèvre pour la faire saillir à un endroit où elle 
ne peut pas être hébergée. N'employez pas la 
prostaglandine sur une chèvre qui est peut-être 
déjà fécondée, car cela la ferait avorter; dans ce 
cas, le traitement à l'éponge est un peu plus sûr. 
Notons aussi que beaucoup de ces traitements 
chimiques interdisent l'utilisation du lait de la 
chèvre pour la consommation humaine pendant un 
certain temps. 

Les éleveurs qui se concentrent uniquement 
sur la gestation des chèvres pour la saison des 
expositions ne s'intéresseront peut-être pas au 
maintien d'une production de lait constante. Ils 
trouveront peut-être plus commode de faire saillir 
toutes les chèvres au même moment pour 
simplifier l'élevage des chevreaux, même s'ils 
doivent acheter du lait en hiver. Lorsqu'il s'agit de 
nourrir des enfants allergiques au lait de vache, on 
n'aura pas toujours la possibilité de faire un tel 



choix. Evidemment, on peut congeler le lait en 
vue d'une utilisation ultérieure, mais il n'aura 
jamais tout à fait le goût du lait frais. 

Problèmes chez les chèvres 

CHÈVRE TROP GRASSE II s'agit souvent d'une 
chèvre âgée d'un an tarie ou d'une chèvre restée 
tarie un certain temps. Si elle a reçu ne fût-ce 
qu'un peu trop d'éléments énergétiques dans son 
alimentation ou n'a pas fait assez d'exercice, elle 
a pu accumuler de la graisse pendant une longue 
période. Normalement, les chèvres n'ont pas 
beaucoup de graisse sous-cutanée; quand vous 
commencez à en voir, vous pouvez être certain 
que les organes internes en sont aussi fortement 
enrobés. 

La plupart des principales hormones de 
reproduction sont liposolubles. Lorsqu'elles 
circulent dans l'organisme d'une chèvre grasse, 
les tissus adipeux les absorbent inutilement. 
Ajoutez à cela une efficacité généralement réduite 
de la circulation et vous aurez des difficultés à 
faire féconder la chèvre. Il se peut aussi que la 
chèvre n'ait apparemment pas de cycle ou qu'elle 
entre en oestrus tous les cinq à sept jours. 
L'obésité entraîne couramment des kystes 
ovariens. Avant qu'un traitement quelconque 
puisse aider la chèvre, on doit cependant réduire 
son poids. Même si elle devait concevoir, la 
gestation entraînerait d'autres risques pour sa 
santé. Plus tard, le vétérinaire pourra prescrire 
des injections d'hydrochlorure de gonadoréline. 

CHÈVRE MAIGRE Une chèvre qui dépense plus 
d'énergie qu'elle n'en absorbe en manquera 
probablement pour la reproduction. Cette situation 
est parfois due à une forte lactation, mais dans 
certains cas, la chèvre est simplement 
sous-alimentée. Il est presque impossible à une 
grosse productrice au sommet de la lactation, 
environ 60 à 90 jours après la parturition, de 
manger suffisamment pour maintenir son poids et 
sa production de lait. Les quelques mois suivants, 
elle commencera à soutenir le rythme de la 
production et, à condition d'être alimentée 
convenablement, à prendre un peu de poids. Au 
septième mois de la lactation, lorsque vous 
voudrez la faire saillir de nouveau, elle devrait 
prendre du poids pour accroître la possibilité 
d'ovulations multiples. 

Alors que la chèvre tarie peut se suffire 
pendant la plus grande partie de l'été rien qu'en 
broutant et en pâturant, la chèvre en lactation a 
besoin pendant toute cette période de foin et des 
éléments énergétiques supplémentaires provenant 
de sa ration de grain. Si elle pâture ou broute, 
elle mangera probablement moins de foin qu'en 
hiver et vous devrez lui en fournir, sans quoi elle 
ne pourra pas retrouver sa forme optimale à temps 
pour l'accouplement à l'automne. 



38 



PYOMÈTRE ET AUTRES INFECTIONS Une 
métrite (infection de l'utérus) installée de longue 
date entravera la fécondation. Souvent l'infection 
se niche à l'intérieur de l'utérus, entraînant la 
formation d'un épais tissu cicatriciel, et l'utérus 
s'emplit de pus (pyomètre). La métrite provient le 
plus souvent de parturitions difficiles, d'une mise 
bas dans un endroit malpropre et d'une mauvaise 
hygiène dans l'assistance à la mise bas, entre 
autres. Dans tous les cas, elle sera vraisem- 
blablement apparue peu après la dernière 
parturition. Le vétérinaire peut entreprendre un 
traitement; les antibiotiques à effet systémique, les 
perfusions utérines et même la chirurgie majeure 
ont réussi dans certains cas, mais pas dans 
d'autres. Demandez une estimation juste du coût 
du traitement et décidez jusqu'où vous voulez le 
pousser. Soyez réaliste dans votre décision : ce 
ne sont pas toutes les chèvres qui méritent un 
traitement spécial. Même si c'est votre vieille 
favorite et que vous pensez que ce qui lui arrive 
est de votre faute, ce serait peut-être mieux pour 
elle que vous la laissiez partir. Veillez seulement 
à ce que la même situation ne se reproduise pas. 

AUTRES PROBLÈMES Les carences en phos- 
phore et en cuivre peuvent, respectivement, 
supprimer l'oestrus ou causer des irrégularités du 
cycle oestral; les carences en minéraux risquent 
d'avoir l'un ou l'autre de ces effets. Une carence 
en manganèse retardera l'apparition de l'oestrus et 
pourra compromettre la fertilité. Les carences en 
vitamines, et spécialement en vitamine A, peuvent 
entraver la fonction ovarienne ou le 
développement foetal. 

Une température très élevée au moment de 
l'accouplement peut provoquer des anomalies de 
l'ovule, qui n'arrive pas à bien s'implanter dans 
l'utérus. Le stress cause parfois aussi des 
problèmes d'implantation de l'embryon et, s'il est 
suffisamment grave, peut même provoquer 
l'avortement. 

Certaines plantes de pâturage, telles que le 
trèfle ladino et le trèfle, produisent un composé 
très semblable aux oestrogènes, qui favorise le 
développement de kystes sur la muqueuse interne 
du col ou de l'utérus. Cette substance gêne le 
transport du sperme et empêche parfois la chèvre 
de concevoir. 



LA PARTURITION 
Prévenir les problèmes 

Il faut tarir les chèvres en gestation de six à 
huit semaines au moins avant la mise bas. 
Pendant la dernière partie de la gestation, les 
foetus se développent très vite et prennent 
presque toute la place dans l'abdomen. La chèvre 
a donc de la difficulté à absorber assez d'éléments 



énergétiques pour nourrir ses petits et se nourrir 
elle-même, à plus forte raison pour produire du 
lait. En la faisant tarir, on laisse également les 
tissus de la mamelle se reposer, permettant ainsi 
une plus grande production de lait après la 
parturition. Si la chèvre a souffert d'une mammite 
pendant la lactation qui s'achève, un traitement 
adapté au moment où on la tarira évitera une 
nouvelle flambée lorsqu'elle recommencera une 
lactation. 

De quatre à six semaines avant la mise bas, 
il faut donner à la chèvre une injection de rappel 
d'un vaccin anti-clostridium polyvalent (actif contre 
huit souches, ou similaire). Si l'on n'a pas la 
certitude que la chèvre est vaccinée, ou si l'on 
sait qu'elle ne l'est pas encore, on doit administrer 
le vaccin deux fois: de 8 à 10 semaines avant la 
mise bas, puis de nouveau 4 semaines plus tard. 
Cette mesure protégera la chèvre, ainsi que les 
cabris, de l'oedème malin (courant chez les 
chèvres qui viennent de chevreter), du tétanos et 
de l'entérotoxémie (une tueuse de cabris). 
Comme le vaccin ne peut être utilisé que le jour 
même où on l'ouvre, vous réduirez vos dépenses 
en le partageant avec un voisin. Ce vaccin exige 
le maximum de propreté, car il peut provoquer la 
formation d'abcès stériles. Employez une aiguille 
stérilisée pour le prélever et badigeonnez à l'alcool 
l'endroit où vous ferez l'injection. 

Une carence en sélénium provoque chez les 
chevreaux la maladie du muscle blanc (dystrophie 
musculaire). Si l'alimentation de la chèvre ne 
contient pas de sélénium, vous devez lui en 
donner dans les concentrés ou dans le mélange 
de minéraux, ou encore en injection quatre 
semaines avant la parturition. 

La chèvre devra recevoir de la vitamine A 
dans la nourriture ou en injections pendant la plus 
grande partie de l'hiver. Même du foin très vert 
peut contenir trop peu de cette vitamine, 
extrêmement importante pour la reproduction. 

Laissez la chèvre à l'extérieur quand il fait 
beau en hiver, pour qu'elle prenne de l'exercice et 
absorbe de la vitamine D. En mettant un peu de 
foin dans la mangeoire extérieure, vous 
l'encouragerez à sortir dans la neige. 

On peut compenser la diminution de la 
capacité digestive en augmentant progressivement 
les proportions de grain ou de concentré dans le 
régime et en donnant à la chèvre en gestation un 
fourrage grossier de bonne qualité. Chez les 
chèvres grasses ou très maigres, il y a des 
risques de cétose; la chèvre refuse de s'alimenter, 
puis, au bout de quelques jours, elle peut être 
prise de convulsions et mourir. Surveillez les 
symptômes de la maladie et faites prendre à la 
chèvre (de force si nécessaire) du propylène 
glycol. Parfois, vous devrez provoquer le travail et 
faire avorter la chèvre pour la sauver. 

Essayez d'éviter tout stress inutile que 
pourraient causer, par exemple, des 
affrontements, des chiens. 



39 



Détecter les problèmes 

Apprenez à reconnaître la mise bas normale; 
n'intervenez qu'en cas de nécessité. 

La chèvre refusera peut-être de s'alimenter; 
elle pourra sembler agitée, donner des coups de 
pied dans sa litière, regarder en arrière et bêler 
plaintivement, lécher votre main et se contracter 
légèrement toutes les 5 ou 10 minutes. 



Figure 31 Chèvre présentant des signes d'approche de la mise 
bas 




bien avancée. Les plus jeunes commencent à 
s'agiter 24 heures à l'avance. Si l'agitation se 
prolonge, procédez à un examen interne, 
prudemment et dans de bonnes conditions 
d'hygiène. Si le col est tout à fait fermé, la chèvre 
n'est pas prête à mettre bas. S'il est légèrement 
ouvert, examinez-la de nouveau deux heures plus 
tard si elle n'a pas encore commencé à avoir de 
fortes contractions. Si le col se referme, vous 
aurez peut-être besoin de l'aide du vétérinaire. 



Figure 32 Premier stade du travail 




P— ^> 



Chez les chèvres adultes, il se peut que le 
pis ne se développe visiblement que quelques 
jours avant la mise bas. Quand l'heure approche, 
le pis se remplit tout d'un coup et prend une 
apparence compacte et luisante. Une jeune 
chèvre, par contre, peut remplir son pis un mois à 
l'avance. 

Environ une semaine avant la mise bas, les 
ligaments reliant le pelvis et l'os caudal se 
relâchent, créant un creux au-dessus de la pointe 
des cuisses. Quand les cabris prennent la 
position de naissance, la chèvre peut sembler 
moins grosse, car ses flancs se creusent. 

Quelque temps avant la mise bas, la vulve 
paraît enflée; quand le travail commence, le 
bouchon cervical est expulsé comme un filet de 
mucus clair, de couleur paille. Beaucoup de 
chèvres ont un écoulement de mucus continu ou 
sporadique pendant la gestation. Si l'écoulement 
est blanchâtre ou crémeux, il peut s'agir d'une 
vaginite; consultez le vétérinaire. 

La température de la chèvre peut baisser de 
un à deux degrés de 12 à 24 heures avant la mise 
bas. Les oreilles pourront alors être froides au 
toucher. Vous pouvez aussi essayer de prendre 
la température rectale (qui est normalement de 
39à40°C) de la chèvre. 

Le premier stade du travail est souvent 
difficile à observer avec précision. Les chèvres 
adultes, sans doute blasées, peuvent se montrer 
peu perturbées jusqu'à ce que la mise bas soit 



A mesure que le premier stade progresse, la 
chèvre se met à pousser plus fort. Elle cambre le 
dos et lève la queue, qui s'écarte de la croupe 
pendant quelques secondes toutes les quelques 
minutes, ou plus souvent à mesure que le travail 
progresse. Elle vide sa vessie et son rectum 
avant d'entamer le deuxième stade, où le jeune 
s'engage hors de l'utérus. La plupart des chèvres 
se couchent alors, au moins un moment; si la 
vôtre ne le fait pas, ne l'y obligez pas. 



Figure 33 Deuxième stade du travail 







40 



Le deuxième stade commence lorsque la 
poche des eaux (cavité amniotique) est poussée 
à l'avant du vagin. Le col est maintenant dilaté 
aux trois quarts. La pression de la poche des 
eaux est importante pour la dilatation du col; faites 
attention de ne pas la rompre en procédant à un 
examen. 

Une fois que la poche des eaux est rompue, 
la pression que la tête exerce par à-coups sur le 
col aidera à dilater celui-ci complètement. À ce 
stade, les onglons apparaissent et on peut sentir 
le museau engagé dans le canal vaginal. Ne tirez 
pas les pieds, cela ne ferait que coincer le jeune 
dans le col et risquerait de blesser la mère. 

Une fois que la tête s'engage dans le col, le 
reste est facile. La chèvre décidera peut-être de 
prendre un peu de repos après la sortie de la tête, 
parfois pendant plusieurs minutes. Les contrac- 
tions se poursuivent cependant et la pression 
reste importante pour aider à dégager les voies 
respiratoires du cabri du mucus et des liquides. 

La poussée finale va probablement briser le 
cordon ombilical, si ce n'est déjà fait. Jusqu'à la 
rupture du cordon, le jeune n'essaiera pas de 
respirer par lui-même, car il continue de recevoir 
de sa mère la nourriture et l'oxygène. Si le 
cordon est encore intact à la naissance du cabri, 
brisez-le avec vos doigts, à plusieurs pouces de 
son corps. 

Une des présentations normales du cabri est 
la «présentation postérieure», dans laquelle les 
pieds postérieurs sortent les premiers. 
Généralement, c'est dans cette position que se 
présente le deuxième ou le troisième cabri; à ce 
moment, le col est entièrement dilaté et 
l'accouchement est très rapide. Cependant, dans 
le cas où le premier cabri serait gros et se 
présenterait pieds postérieurs d'abord, le cordon 
ombilical risquerait de se rompre avant que la tête 
ne sorte, ce qui asphyxierait le cabri. 

Assurez-vous tout d'abord que ce sont les 
pieds postérieurs qui se présentent. Si le cabri 
est renversé, pieds antérieurs les premiers, plante 
du pied en haut, retournez-le doucement pour le 
ramener à la position normale. Si ce sont les 
pieds postérieurs qui se présentent, vous devrez 
peut-être aider la chèvre en appliquant des 
tractions sur les pieds pour hâter la délivrance. 
NE TIREZ PAS ! Attendez les contractions pour 
intensifier la traction et faire sortir le cabri sans 
employer la force. Suivez le mouvement naturel, 
en arc de cercle. 

QUAND INTERVENIR? Si la chèvre est souf- 
frante depuis plus de 24 heures, il y a peut-être un 
problème. Si le travail n'a pas commencé, on 
trouvera le col de l'utérus fermé par un bouchon 
muqueux. Si le col est légèrement ouvert, vérifiez 
de nouveau deux heures plus tard. Si l'ouverture 
n'est pas plus grande ou si le col est refermé, 
appelez le vétérinaire. 



Figure 34 Présentations normales 




Jumeaux 



Si le col est suffisamment ouvert pour y 
laisser entrer la main, vérifiez si le nouveau-né se 
présente normalement. Si oui, retirez la main; 
n'essayez pas de tirer. Si le travail n'est pas plus 
avancé quelques heures plus tard, consultez le 
vétérinaire. 

Lorsque la chèvre commence à faire des 
efforts plus intenses, vous devriez voir le résultat 
au bout de deux à trois heures. Si le cabri 
n'apparaît toujours pas au bout de trois heures, 



41 



Figure 35 Position renversée 



Figure 36 Position un pied replié 





vérifiez s'il est dans la bonne position. SI LE 
CABRI SE PRÉSENTE BIEN, LAISSEZ FAIRE LA 
CHÈVRE. Certaines ont tout simplement besoin 
de plus de temps que d'autres. Souvent, 
l'examen suffira à déclencher des contractions 
plus fortes. Si le cabri n'est pas encore né deux 
heures plus tard, appelez le vétérinaire. Celui-ci 
décidera s'il faut aider la chèvre ou la laisser 
tranquille pendant un certain temps. 

Si le cabri n'est pas bien aligné ou s'il se 
présente dans une mauvaise position, la situation 
se complique. 

Résoudre les problèmes 

Si vous n'êtes pas expérimenté, appelez le 
vétérinaire dès que vous pensez qu'une chèvre a 
des difficultés. Un débutant est rarement à même 
de faire la différence entre les situations qui 
exigent de l'aide et celles où il vaut mieux ne pas 
intervenir. Même si vous avez de l'expérience, 
n'aidez la chèvre que si c'est absolument 
indispensable. 

Assurez-vous d'abord d'avoir les ongles 
COURTS et les mains parfaitement PROPRES. 
Frottez-les avec un antiseptique et du savon, puis 
lavez la zone génitale de la chèvre. Jetez les 
chiffons sales et lavez-vous de nouveau les mains. 
Introduisez la main en là tenant allongée, les 
doigts resserrés, pour que la forme soit effilée. 
PRENEZ VOTRE TEMPS ET PROCÉDEZ AVEC 
DOUCEUR. 

PRÉSENTATION GENOU FLÉCHI Le mieux à 
faire est de repousser le cabri assez loin pour 
vous laisser la place dont vous avez besoin pour 
travailler. Poussez doucement, en gagnant du 
terrain entre les contractions de la chèvre. 
Glissez la main le long du corps et, avec vos 
doigts, relevez le genou en dirigeant l'onglon vers 
l'extérieur. Procédez avec prudence. 



Si la chèvre pousse trop fort et que vous ne 
réussissez pas à repousser le cabri, maintenez 
une traction, mais laissez la chèvre faire l'essentiel 
du travail par ses contractions : un cabri de taille 
moyenne peut naître sans aide dans cette 
position. 

PRÉSENTATION PAR LA CROUPE Cette pré- 
sentation rend la délivrance très difficile. Refoulez 
la croupe et essayez d'amener successivement 
vers l'extérieur chacun des pieds postérieurs. Si 
c'est nécessaire, utilisez une boucle de fil de fer 
souple isolé pour tenir un pied en place pendant 
que vous irez chercher l'autre. Une fois les 
jambes postérieures dirigées vers l'extérieur, vous 
aiderez comme dans la présentation postérieure, 
pour accélérer la délivrance. Le col devrait alors 
être entièrement dilaté. 

PRÉSENTATION OBLIQUE Repoussez le cabri 
de côté jusqu'à ce que les pieds postérieurs, de 
préférence, soient à la sortie. Puis introduisez les 
pieds dans le col, si c'est nécessaire en imprimant 
au cabri un mouvement de rotation, pour en 
arriver à une présentation postérieure normale. 
Aidez la chèvre en appliquant des tractions sur les 
pieds postérieurs du cabri. 

PRÉSENTATION TÊTE REPLIÉE Un cabri ne 
peut pas naître dans cette position, vous devez 
aider la chèvre. Repoussez légèrement les pattes 
vers l'arrière de manière à vous faire de la place 
pour travailler, puis allez chercher la tête en 
palpant le long d'un des côtés ou entre les pattes. 
Abaissez la tête en tournant pour la diriger vers 
l'extérieur. Faites attention aux dents coupantes ! 

Parfois, lorsque vous aurez mis le cabri en 
bonne position, la tête retombera en arrière avant 
que le museau ne s'engage dans le col. Si cela 
se produit, retirez la main et désinfectez une 
longueur de 1,3 m de fil de fer isolé souple avec 
un antiseptique et du savon. Faites une boucle à 



42 



Figure 37 Présentation de la croupe (par l'arnère-tram) 





une extrémité et, après vous être de nouveau 
soigneusement lavé les mains, introduisez la 
boucle du bout des doigts dans le corps de la 
chèvre. 



Figure 38 Présentation oblique 




Placez la boucle derrière la tête du cabri, 
sous les oreilles. Tordez-la de façon à la passer 
autour du museau. Si vous n'y arrivez pas, 
faites-la passer dans la bouche; faites attention 
aux dents, qui risquent d'endomager l'utérus ou le 
vagin si la bouche s'ouvre. 

L'extrémité libre du fil pendra à l'extérieur. 
Saisissez-la de votre main gauche et, quand vous 
aurez mis la tête en bonne position à l'intérieur, 
tirez bien le fil. Lorsque vous retirerez la main, la 
tête restera en position. Maintenez une traction 
sur le fil - sans tirer fort - pendant que la chèvre 
fera le travail. 



Figure 39 Emploi d'un fil de fer pour corriger la position du cabri 




43 



Si la chèvre est épuisée, vous devrez 
peut-être aussi l'aider en exerçant une traction sur 
les pieds. Ne vous pressez pas. Ne craignez pas 
pour le cabri tant qu'il est dans le corps de sa 
mère et que le cordon ombilical est intact. 

POSITION RENVERSÉE TÊTE EN BAS Amenez 
d'abord les pieds antérieurs dans le col, puis en 
faisant tourner le cabri, ramenez-le à la position 
normale, échine en haut. Soulevez la tête comme 
dans la position tête renversée, en employant du 
fil de fer isolé, comme indiqué. 



Figure 40 Position renversée (tête en bas) 




Soins après la naissance 

Lorsque la chèvre a terminé la mise bas, 
installez-la sur la plate-forme de traite, donnez-lui 
un peu de grain et trayez-la à moitié, de chaque 
côté. Avant la mise bas, il est bon d'habituer les 
primipares à monter sur la plate-forme et à se 
laisser masser la mamelle. Si la chèvre réagit 
trop, soyez aussi patient et rassurant que vous 
pouvez l'être; elle cherchera instinctivement à se 
faire traire, mais il faudra peut-être l'encourager à 
se détendre. Une traite partielle peut provoquer 
des contractions utérines qui l'aideront à se 
débarasser du placenta, si elle ne l'a pas encore 
fait. Si le placenta n'a pas été expulsé au bout de 
24 heures, consultez le vétérinaire. N'essayez pas 
d'extraire le placenta, vous risqueriez de 
provoquer une hémorragie. Le placenta expulsé 
doit être enlevé de la stalle et brûlé si possible. 
Ne laissez pas le placenta traîner là où d'autres 
chèvres pourraient entrer en contact avec lui, 
même indirectement. Étendez une couche de 
paille fraîche dans la stalle, veillez à ce que la 
chèvre ait de l'eau et laissez-la au calme pendant 
que vous prendrez soin de ses cabris. 

Il est très important de plonger l'ombilic du 
cabri dans une solution d'iode fortement diluée le 
plus tôt possible après la naissance. Versez la 



solution dans un bocal d'aliments pour bébés, 
introduisez-y l'ombilic et pressez fortement le 
bocal contre le ventre, puis renversez le cabri. 



Figure 41 Désinfection de l'ombilic du chevreau 




L'ENLEVEMENT DES 
BOURGEONS DE CORNE 

Enlevez les bourgeons de cornes entre le 
troisième et le dixième jour, dès que vous les 
sentirez. Le meilleur outil est le thermocautère, 
avec pointe spéciale pour chèvres. Ne procédez 
pas à l'opération avant de sentir les bourgeons, 
certains cabris étant naturellement sans cornes. 
Plusieurs éleveurs expérimentés consentiront à 
vous montrer comment faire ou à faire le travail 
pour vous. Vous pourriez aussi consulter le 
vétérinaire. 

LA CASTRATION DES 
CHEVREAUX 

Si vous employez des anneaux de gomme, 
castrez les chevreaux au cours de la première 
semaine. Plus tard, il faudra utiliser une pince à 
castrer burdizzo ou un couteau. Procédez à 
l'opération avant que les chevreaux aient 
10 semaines, car ils pourraient déjà être fertiles à 
ce moment-là. 

LE TATOUAGE 

C'est quand le chevreau est petit que le 
tatouage est le plus facile à réaliser; si vous avez 
un troupeau de chèvres de race pure ou 
Canadiennes, c'est obligatoire. Vous pouvez 
utiliser du matériel de tatouage pour bétail ou pour 
chiens. L'avantage du matériel pour chiens est 
que les lettres sont plus petites et s'inscrivent 
facilement dans l'oreille. Les aiguilles sont aussi 
plus rapprochées, ce qui rend le tatouage plus 



44 



facile à lire lorsque les animaux atteignent 5 ou 
6 ans. 

LA TAILLE DES ONGLONS 

Les onglons de la chèvre poussent vite, 
comme les cheveux et les ongles chez les 
humains. Lorsqu'ils sont trop longs, ils appuient 
à chaque pas sur les paturons et les pattes de 
l'animal. On doit commencer à tailler les onglons 
dès que l'animal atteint 4 semaines et continuer 
régulièrement par la suite, au moins quatre fois par 
année. 

La plupart des éleveurs utilisent un 
instrument appelé cisaille à onglons burdizzo, que 
l'on trouve dans les magasins de fournitures de 
ferme. La figure 42 explique la technique. 

Figure 42 Avant de tailler un onglon, il faut toujours l'examiner. 
Le bas devrait être parallèle à la ligne des poils à son sommet; il 
devrait être plat et large pour supporter le poids de l'animal. 
Lorsque vous taillez le tampon, posez souvent le pied par terre 
pour contrôler votre travail. Veillez à ce que l'onglon fini soit plat 
et horizontal d'un côté à l'autre et d'avant en arrière, pour ne 
pas fatiguer le paturon. Cessez de tailler lorsque vous voyez 
apparaître une coloration légèrement rosée; en allant plus loin, 
vous feriez saigner (si cela se produit, vaporisez un désinfectant 
sur la plaie). Si les pieds de l'animal sont mal conformés, il 
faudra peut-être répéter la taille plusieurs fois en quelques 
semaines pour remédier au problème. 



Onglon trop long 



Tailler ici, 

parallèlement 

à la ligne 

des poils 




\ 



Muraille de l'onglon repliée 






Onglon bien entretenu 



LES CHEVRES LAITIÈRES 

Le pis commence à se développer avant la 
mise bas, sous l'action des hormones que produit 
le placenta. Parfois, une chevrette non saillie 



développe un petit pis et commence à produire du 
lait; ne la trayez pas mais badigeonnez les trayons 
régulièrement pour éviter toute infection. 

Le pis est soutenu par des ligaments venant 
du pelvis appelés ceinture pelvienne; le ligament 
médian vient des tendons solides de la paroi 
abdominale. Les ligaments latéraux et médians se 
rejoignent pour soutenir et isoler chaque moitié du 
pis. Le tissu conjonctif qui infiltre le tissu 
glandulaire sert aussi à supporter l'intérieur de ce 
tissu spongieux. La chèvre fabrique son lait dans 
les alvéoles de ce tissu spongieux. Les alvéoles 
se vident dans les canaux galactophores, lesquels 
se déversent à leur tour dans la citerne 
mammaire, réservoir surmontant le trayon. 

Lorsque la chèvre s'attend à être traite, une 
hormone libérée dans la circulation sanguine, 
l'oxytocine, provoque une contraction des cellules 
entourant les alvéoles. La glande est pressée 
comme une éponge et le lait est éjecté dans la 
citerne, d'où il est facile de le soutirer en trayant 
l'animal. L'éjection du lait est stimulée par tout le 
contexte que la chèvre reconnaît comme faisant 
partie de la routine de la traite : le tintement des 
seaux, l'alimentation au grain, le massage du pis. 

Traite 

Les chèvres aiment la routine à l'heure de la 
traite. Essayez de les traire chaque jour vers la 
même heure et de la même façon chaque fois. Si 
vous devez changer les heures de traite, faites-le 
graduellement, en plusieurs jours, en augmentant 
ou en diminuant un peu à chaque fois les 
intervalles entre les traites. 

Essayez de maintenir une ambiance calme 
pendant la traite. Faites preuve de bon sens pour 
éviter les perturbations : entre autres, veillez à ce 
que les verrous des portes soient en bon état; ne 
laissez pas entrer trop de chèvres à la fois; ne 
laissez pas un seau à demi-plein sous une chèvre 
pendant que vous irez faire autre chose. Ce sont 
souvent les primipares qui vous donneront le plus 
de mal sur la plate-forme, mais ne vous emportez 
pas, car cela ne ferait que les effrayer et les 
empêcher de donner leur lait. Autant que 
possible, faites de la traite un moment agréable 
pour elles. Cajolez-les, donnez-leur quelque 
chose de bon à manger et parlez-leur doucement. 

Si, au bout de quelques jours, l'une des 
chèvres continue d'avoir un comportement 
hystérique chaque fois que vous lui touchez le pis 
(et si vous avez la certitude qu'il ne s'agit pas 
d'une mammite douloureuse), le moment est venu 
de vous montrer ferme. Beaucoup d'éleveurs 
trouvent plus simple et moins traumatisant 
d'attacher les pattes de la chèvre à l'arrière de la 
plate-forme par une courte corde, de façon à ce 
qu'elle puisse donner des coups de patte 
seulement en arrière. Quand elle commence à le 
faire, ils enlèvent le seau, attendent patiemment 



45 



Figure 43 Parties du corps d'une chèvre laitière 



Bourgeon de corne 
Oreille . 



Oeil 

Arrête du ne2 



Queue 

Pointe de la hanche 




Arrière du pis 
Ligament suspenseur médian 



Grasset 
Jarret 

Plancher du pis 



Paturon 



Plante du pied 



Figure 44 Parties de la mamelle 



Pelvis 



Ligament 

latéral 
superficiel 



Ligament 

suspenseur 

latéral profond 




Tissu 
conjonctif 



Peau de 

l'intérieur 

de la cuisse 



Tendons Ligament 

de la paroi suspenseur 
abdominale médian 



Peau de 
la mamelle 




Tissu 
glandulaire 



Citerne 
mammaire 



Trayon 



Orifice 



Citerne 
du trayon 

Canal du 
trayon 



46 



que la chèvre se fatigue, puis recommencent à 
traire. Tout cela prend du temps, bien sûr, mais la 
chèvre se fera finalement une raison si vous 
persistez patiemment. C'est beaucoup plus facile 
à faire si vous ne pataugez pas dans du lait 
renversé ! 

Figure 45 Comment traire une chèvre à la main 




Saisissez le trayon par le haut, en piégeant 
le lait dans le trayon; 




Fermez les doigts de haut en bas; 




Exprimez le lait par l'orifice; 




A mesure que le pis se vide, massez-le pour 
stimuler l'éjection finale de lait. 



Avant la traite, lavez le pis à l'eau chaude 
avec un désinfectant doux et séchez-le bien avec 
une serviette en papier propre. Trayez les 
quelques premières giclées dans une écuelle 
recouverte d'un tamis (la «tasse-filtre») pour voir si 
le lait ne contient pas de solides qui indiqueraient 
un début de mammite. 

Il ne faut pas surtraire. Après le dernier jet, 
extrait du bout des doigts, vous nettoierez le 
trayon, à la douchette ou en le vaporisant, avec un 
antiseptique non irritant; en décapant la peau des 
trayons et du pis, vous favoriseriez la pénétration 
d'infections dans la glande. Consultez le 
spécialiste en laiterie ou le vétérinaire. 

Traitement du lait 

Il faut traiter le lait convenablement pour qu'il 
conserve sa qualité. S'il est destiné à 
l'alimentation du bétail, vous pouvez prendre un 
peu plus de libertés que s'il doit servir à la 
consommation humaine. Mais il ne faut jamais 
oublier l'importance de l'hygiène : méthode de 
traite hygiénique, mains propres, trayons propres 
et bain de trayons après la traite. Tout cela joue 
un rôle dans l'état de santé du pis. 

Les seaux à lait devraient être propres, et 
c'est avec des seaux en acier inoxydable que 
c'est le plus facile à réaliser; l'aluminium coûterait 
cependant moins cher. Le plastique est poreux et 
risque de transmettre des goûts divers et des 
bactéries qui altèrent le lait. Un métal contenant 
du cuivre peut aussi dénaturer le goût. Il faut 
laver les seaux immédiatement après l'utilisation 
avec du détergent et de l'eau chaude; frottez avec 
une brosse dure, puis rincez à l'eau chaude. On 
peut employer l'eau de javel comme désinfectant, 
mais il faut ensuite rincer les seaux abondamment, 
puis les laisser égoutter et sécher. Traitez de la 
même façon tous les ustensiles et les bocaux en 
verre employés pour le lait. 

Pendant la traite, veillez à ce que le lait ne 
soit pas souillé par des poils ou des poussières 
provenant du corps de la chèvre. Pour éviter la 
contamination, il faut raser les poils du ventre, des 
flancs et des hanches. Brossez ces zones avant 
de commencer la traite. 

Filtrez le lait à travers un filtre à lait du 
commerce pour obtenir les meilleurs résultats. 
Plus tôt le lait sera filtré après avoir été soutiré à la 
chèvre et moins il contiendra de bactéries ou 
d'autres contaminants. 

Après la traite, il faut refroidir le lait 
rapidement ou le pasteuriser immédiatement. Le 
nombre de bactéries peut doubler toutes les 
20 minutes dans du lait qui reste à la température 
de la pièce, tandis que le froid ralentit 
considérablement leur multiplication. Même si la 
pasteurisation tue 98% des bactéries, les 2% 
restants suffiront à ruiner le lait s'il n'est pas 
réfrigéré rapidement. En plus de la contamination 



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bactérienne, le lait qui reste quelque temps aux 
alentours de 29 °C surit. Plus vite il quittera cette 
zone de température et meilleur en sera le goût. 

Qualité du lait 

Le lait devrait être, par-dessus tout, une 
boisson salubre. En veillant à l'état sanitaire du 
troupeau et en observant une hygiène rigoureuse 
pour la traite et le traitement du lait, vous réduirez 
au minimum la présence de micro-organismes et 
les risques de propagation d'infections par le lait 
(pourvu que les chèvres soient en santé). 

Pour réduire encore plus les risques, nous 
vous recommandons fortement de pasteuriser tout 
le lait, à moins que vous ne le vendiez à une 
laiterie qui s'en occupera. Vous pouvez soit 
acheter un petit pasteurisateur domestique, soit 
traiter le lait dans un bain-marie. Si vous optez 
pour le bain-marie, mettez le lait dans la partie 
supérieure, l'eau dans la partie inférieure, et 
portez le lait à une température de 62 °C (il vous 
faudra un thermomètre de laiterie). Maintenez-le 
environ 30 minutes à cette température, en 
remuant pour garder la chaleur uniforme. Puis 
refroidissez rapidement en immergeant la 
casserole dans de l'eau glacée. 

Une autre méthode consiste à porter le lait à 
90 °C et à le maintenir 15 secondes à cette 
température. 

Le lait devrait goûter bon. Les défauts de 
goût ont de nombreuses causes : 

AIGREUR Dans le lait cru, les enzymes de lipase 
font dégénérer les matières grasses en acides 
gras à chaîne courte, donnant un goût «de 
chèvre». C'est autour de 29 °C que les 
changements se produisent le plus rapidement. 

ACTION MICROBIENNE De nombreux organis- 
mes peuvent se développer rapidement en 
produisant toute une gamme de goûts anormaux, 
du fruité au putride, et en entraînant des 
modifications chimiques dans les graisses, les 
protéines ou les hydrates de carbone du lait. Si le 
pis lui-même est infecté, ces changements 
pourront se produire avant le prélèvement du lait, 
qui aura mauvais goût même s'il est frais. 

PRODUITS CHIMIQUES Nous avons déjà vu que 
le contact du cuivre provoquait rapidement 
l'aigreur. L'eau de javel employée pour nettoyer 
les seaux en plastique communique aussi au lait 
un goût prononcé pour un certain temps. 

VERS Une forte infestation peut entraîner des 
modifications du métabolisme, donnant au lait un 
goût anormal. 

ALIMENTATION Les aliments au goût marqué et 
les plantes de pâturage peuvent communiquer au 
lait un goût prononcé. Le tabouret des prés donne 



un goût particulièrement désagréable, mais 
d'autres végétaux (peuplier, épinette, pin, luzerne, 
ensilage, entre autres) sont aussi mis en cause, à 
tort ou à raison. Si vous pensez que l'un d'eux 
pose un problème, empêchez la chèvre d'en 
manger quatre heures avant la traite. Dans 
certains cas, on a parlé d'une carence en cobalt 
dans les rations. On dit qu'un supplément de 
vitamine E dans le régime améliore le goût du lait. 

GÉNÉTIQUE En Norvège, le lait au goût 
prononcé est très populaire et c'est pour ce goût 
qu'on élève les chèvres. Les Canadiens, par 
contre, veulent un produit au goût peu prononcé, 
et il faut donc espérer que nous réussirons des 
améliorations génétiques qui développeront cette 
qualité. On pense de nos jours que le lait a 
tendance à avoir un goût moins désirable lorsque 
le taux butyreux est inférieur au taux protéique. 
Le taux butyreux et le taux protéique sont liés à 
des facteurs génétiques, mais ils sont influencés 
aussi par certains facteurs du milieu. 

MAMMITE Que vous ayez ou non des raisons de 
soupçonner la présence de mammites dans le 
troupeau, faites tester régulièrement le nombre de 
cellules somatiques du lait de vos chèvres. Si 
vous faites régulièrement analyser le lait par le 
laboratoire provincial dans le cadre d'un 
programme de contrôle laitier, vous recevrez sans 
doute les lectures des numérations cellulaires. 
Surveillez toute hausse brusque du nombre de 
cellules dans le lait, car cela peut indiquer une 
infection mammaire. Des lectures supérieures à 
1 million par millilitre (la fiche d'analyse 
indiquera 1000; à multiplier par 1000 tel qu'indiqué 
en haut de la colonne) devraient vous alerter, en 
indiquant la possibilité d'une mammite (à moins 
que la chèvre ne soit très jeune ou presque tarie). 
Généralement, une numération inférieure à 
1 million est normale; des lectures supérieures à 
500 000 peuvent toutefois indiquer d'autres types 
d'irritation de la mamelle, causée par exemple par 
«l'astiquage» en vue d'une exposition ou par 
l'alimentation des cabris. Des lectures inférieures 
à 100 000 indiquent un lait très propre mais un pis 
sujet à des infections par E. coli si la litière est 
humide ou très sale. 

Le test californien de détection de la 
mammite (CMT), effectué avec une solution qu'on 
peut se procurer chez le vétérinaire ou dans un 
magasin de fournitures de ferme, permet de 
détecter avec une grande précision les 
numérations cellulaires élevées. En mélangeant à 
quantités égales du lait et de la solution CMT 
diluée, on peut estimer le nombre de cellules 
somatiques d'après le degré de coagulation du 
mélange. Une lecture CMT égale ou supérieure à 
deux peut indiquer une mammite. 

La mammite peut être confirmée par la 
culture d'échantillons prélevés dans des conditions 
d'aseptie, ou encore par l'observation, car le lait 



48 



se modifie rapidement dans les cas graves. On 
trouve d'abord quelques flocons dans le filtre à 
lait, puis, à la traite suivante, des grains de caillé 
nageant dans une solution aqueuse. Le pis peut 
devenir brûlant et enflé, et la sécrétion du lait 
changer radicalement; la traite devient difficile et 
très douloureuse pour la chèvre. Traitez la 
mammite le plus rapidement possible et n'utilisez 
pas le lait des chèvres qui en sont atteintes, qu'il 
soit traité ou non, pour nourrir des chevrettes 
destinées au renouvellement, ni à plus forte raison 
pour la consommation humaine. 

LES MALADIES 

Bien que les chèvres soient des animaux 
universellement réputés pour survivre dans les 
conditions les plus difficiles, la chèvre laitière 
grosse productrice a toutefois besoin de soins 
spéciaux pour maintenir à la fois sa santé et sa 
production. La lactation est extrêmement exige- 
ante physiquement; si l'on ne veut pas qu'elle 
réduise la résistance aux maladies, il faut veiller à 
une bonne nutrition et à une conduite rationnelle 
du troupeau. Le corps d'une chèvre bien nourrie 
possède l'énergie et la vigueur nécessaires pour 
résister aux maladies; élevée dans un milieu 
propre, bien aménagé, la chèvre sera moins expo- 
sée aux infections et le bien-être qu'elle éprouvera 
l'aidera à surmonter les périodes de stress de 
courte durée qu'elle peut avoir à traverser. 

Les chevreaux en croissance sont également 
exposés à des problèmes de santé. Ici encore, la 
nutrition est importante, mais beaucoup de 
problèmes nutritionnels peuvent découler 
directement d'une hygiène qui laisse à désirer. 
Ainsi, des chevreaux fortement infestés de 
parasites ne tireront pas pleinement profit de leurs 
rations et seront plus sujets aux infections. Les 
chevreaux doivent développer de la résistance 
face à la plupart des types d'infections; jusqu'à ce 
qu'ils l'aient acquise, il faut leur éviter l'exposition 
à de fortes concentrations d'organismes 
pathogènes. 

La prévention des maladies par une nutrition 
équilibrée, une bonne hygiène du troupeau, des 
vaccinations régulières et un groupement rationnel 
des animaux se traduira par des économies. Il 
faut peu de temps pour que des frais de 
vétérinaire et de médicaments, de longues heures 
de soins à donner aux bêtes malades et des 
pertes de production transforment une exploitation 
rentable en exploitation déficitaire. 

Infections 

Les maladies infectieuses sont celles dont 
les agents pathogènes sont des virus ou des 
bactéries. Beaucoup sont contagieuses — 
c'est-à-dire qu'elles se transmettent directement 
d'un animal à un autre— tandis que d'autres sont 
propagées par l'environnement. 



Vous éviterez à vos chèvres toute exposition 
à des proliférations d'agents pathogènes. Les 
excréments d'animaux adultes, par exemple, con- 
tiennent souvent des organismes pathogènes 
envers lesquels les jeunes n'ont pas développé de 
résistance; ils risquent donc de contracter des 
maladies du simple fait du nombre de ces orga- 
nismes. Moins il y aura d'organismes pathogènes 
dans leur environnement et plus les chèvres 
pourront non seulement demeurer exemptes de 
symptômes de maladies, mais même développer 
au contraire une certaine résistance. Parfois, elles 
deviendront porteuses d'une maladie dont on ne 
les aura jamais vues atteintes; les animaux guéris 
peuvent également devenir porteurs. 

Les maladies peuvent aussi se transmettre 
par le placenta et les enveloppes foetales lors de 
la mise bas, ainsi que par les écoulements 
vaginaux qui la suivent. La probabilité d'infection 
est encore plus grande si l'animal avorte. 
Quelques règles de conduite du troupeau vous 
aideront à réduire les risques de propagation de 
problèmes graves dans tout le troupeau : 

Dans un petit troupeau où des chèvres en 
gestation et des chevrettes sont logées 
ensemble, gardez les litières fraîches et 
sèches. Parcourez le troupeau plusieurs fois 
par jour et regardez s'il n'y a pas d'écoule- 
ments brun rougeâtre. Si vous en observez 
chez certaines chèvres, isolez-les et éliminez 
les litières souillées par des matières foetales 
ou des écoulements. Cette méthode de 
contrôle est possible dans un petit troupeau, 
si la probabilité d'infection est faible. 

Autant que possible, séparez en petits 
groupes les chèvres qui sont au dernier 
stade de la gestation. De nombreux éleveurs 
constatent que certains cas d'avortements 
sont provoqués par un coup reçu. Eliminez 
ce risque si vous le pouvez. 

Isolez les chèvres dans l'aire de parturition 
peu avant le deuxième stade du travail. 
Veillez à ce que le sol soit recouvert d'une 
litière propre, si possible, car la première 
chose qu'elles feront sera d'aller chercher la 
couche inférieure pour l'amener à la surface. 

Enlevez le placenta et les enveloppes 
foetales; brûlez-les. 

Nettoyez la stalle de mise bas immédiate- 
ment après la parturition; mettez-y une litière 
de paille fraîche. La chèvre restera peut-être 
deux ou trois jours à cet endroit et l'isole- 
ment lui sera bénéfique, même si elle se 
plaint (si elle était renvoyée dans le troupeau, 
elle se plaindrait tout autant !). Si vous 
disposez d'assez de place, laissez-la à cet 
endroit, avec une bonne litière et à l'abri des 
jeunes mâles. 



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Les chèvres entrant en lactation après la 
mise bas devraient, si possible, occuper la surface 
la plus propre de la chèvrerie. Si vous ne pouvez 
pas cloisonner une partie de la chèvrerie 
spécialement pour elles, veillez à maintenir 
particulièrement sèche, claire et propre toute l'aire 
où elles seront logées. 

La plupart des organismes pathogènes se 
multiplient en profitant de l'humidité des litières ou 
de l'air. Les infections qui se transmettent par l'air 
affectent le plus souvent les voies respiratoires, 
quoique certaines utilisent simplement les 
poumons comme voie d'accès. Même ainsi, 
l'animal sera mieux en mesure de résister à une 
légère attaque si la muqueuse de ses voies 
respiratoires est saine. L'ammoniac présent dans 
l'air dissout le mucus, tout comme le produit de 
nettoyage des vitres dissout la graisse sur le 
verre. L'hiver, n'enfermez pas les chèvres sans 
avoir installé un bon système de ventilation. La 
vitamine A est également indispensable à la santé 
des membranes muqueuses. 

Il est possible d'éviter dans une certaine 
mesure la transmission par voie orale, qui se 
produit par exemple lorsque des chèvres ingèrent 
accidentellement du fumier ou du matériel 
placentaire. Présentez aux animaux des aliments 
propres, dans des mangeoires qu'ils n'auront pas 
la possibilité de souiller, et ménagez assez de 
postes d'alimentation pour que même les animaux 
les plus timides aient accès aux bonnes parties. 
Les chèvres grignoteront toujours distraitement la 
litière, s'il y en a aux alentours, ou grignoteront 
même les murs ou les cloisons si elles s'ennuient. 
Une certaine dose de plein air et d'exercice est 
donc recommandée, même dans les troupeaux à 
forte productivité. Les boiseries seront préservées 
et les chèvres plus stimulées, ce qui les aidera à 
rester saines. 

Carences nutritionnelles 

Les symptômes, nombreux et variés, 
dépendent de la carence. Généralement, 
plusieurs animaux du troupeau sont affectés, bien 
qu'un ou deux puissent présenter des symptômes 
plus tôt que les autres, ou avec plus d'intensité 
que d'autres qui ont peut-être des besoins moins 
élevés. 

L'analyse des aliments que vous donnez à 
vos chèvres, faite au début de l'hiver, aidera à 
éviter des carences en éléments énergétiques, 
protéines, minéraux et vitamines, avant que la 
froide saison n'accroisse les risques de maladie. 

De nombreuses carences sont décrites dans 
le chapitre consacré à la nutrition; il existe aussi 
d'autres troubles métaboliques directement dus à 
des problèmes nutritionnels. 

CÉTOSE Maladie du dernier stade de la 
gestation, la cétose se rencontre surtout chez des 
chèvres grasses portant deux foetus ou plus. Une 



interruption d'un jour dans l'alimentation peut faire 
apparaître les symptômes. Vous constaterez 
d'abord une chute de l'appétit. Commencez le 
traitement immédiatement, en administrant par 
voie orale du polyéthylène glycol (de 100 à 
200 mL, deux fois par jour) à toute chèvre en fin 
de gestation qui semble le moindrement abattue. 
Si vous vous trompez, le polyéthylène glycol ne lui 
fera en tout cas pas de mal. Lorsque la maladie 
progresse, on voit apparaître d'autres symp- 
tômes : prostration, démarche chancelante (la 
chèvre s'appuie contre des objets), contractions 
des muscles faciaux, grincement des dents, perte 
progressive des réflexes et de la vue, puis enfin 
coma et mort. Une telle évolution ne prend que 
de deux à cinq jours, et le traitement est très 
difficile au-delà d'un certain point. Cependant, on 
peut régler le problème par l'avortement ou 
procéder à une césarienne. Dans la plupart des 
cas, les cabris infectés ne survivront pas. Il est 
donc préférable d'administrer la dose de 
polyéthylène glycol quelques jours plus tôt ou, 
mieux encore, d'éviter que la chèvre n'engraisse 
trop au début de la gestation. 

Un mot au sujet du polyéthylène glycol : il n'y 
a rien de tel ! Il existe des «remèdes pour la 
cétose» qui contiennent d'autres mélasses ou des 
composés à base de sucre, mais c'est le 
polyéthylène glycol qui élève le taux de glycémie 
le plus rapidement, même s'il coûte un peu plus 
cher. 

FIÈVRE DE LAIT Les symptômes sont très 
semblables à ceux de la cétose, mais ils se 
développent beaucoup plus vite. La maladie peut 
survenir à tout moment, de deux mois avant la 
parturition jusqu'à environ 10 semaines après. Elle 
est causée par une baisse soudaine du taux de 
calcium dans le sang, après une suralimentation 
en calcium à la fin de la gestation. Étant dans 
l'impossibilité d'absorber du calcium provenant de 
sa ration en quantité suffisante pour répondre aux 
exigences de la production de lait, la chèvre est 
incapable d'utiliser les réserves de calcium 
déposées dans ses os, comme elle le ferait 
normalement. 

Pour éviter la fièvre de lait, réduisez la ration 
de calcium - phosphore dans les aliments à la 
proportion de moins de 2 contre 1, en donnant du 
foin de graminées au lieu de foin de légumineuses 
à la fin de la gestation, et en ajoutant des 
suppléments d'énergie et de protéines dans le 
concentré. 

Pour soulager les symptômes, administrez du 
calcium à la chèvre par injection intraveineuse ou 
sous-cutanée. La méthode intraveineuse est celle 
qui donne les résultats les plus rapides, mais il 
faut injecter lentement la solution pour éviter des 
palpitations cardiaques. 

TÉTANIE D'HERBAGE (hypomagnésiémie) Cette 
maladie apparaît brusquement chez des chèvres 



50 



en lactation paissant dans des pâturages à la 
végétation luxuriante, ou encore elle peut se 
développer en deux ou trois jours. Dans ce 
dernier cas, la chèvre est nerveuse, a une 
démarche raide ou sursaute aux bruits soudains. 
Elle peut uriner fréquemment. Cette évolution 
mène à un stade aigu caractérisé par la frénésie et 
les convulsions, puis à la mort. 

Les herbages à croissance luxuriante et le 
blé ne peuvent absorber suffisamment de magné- 
sium pour entretenir les chèvres au pré, surtout 
par temps humide. Les animaux sont sensibles au 
temps froid et humide, surtout si elles ne reçoivent 
pas de fourrage sous abri. Elles ont faim en allant 
au pré, se gorgent d'herbe à faible teneur en 
magnésium et contractent la tétanie d'herbage. 

Il faut les traiter immédiatement. Une 
injection sous-cutanée ou intraveineuse d'une 
solution de calcium - magnésium - glucose fera 
disparaître immédiatement les symptômes; mais 
pour éviter les rechutes, il faudra administrer 
ensuite pendant plusieurs jours du magnésium par 
voie orale. 

POLIOENCÉPHALOMALACIE Communément 
appelée polio, cette maladie est provoquée par 
une carence en vitamine B (thiamine). 
Habituellement, la microflore du rumen fabrique la 
vitamine Ben bonnes quantités, mais il se produit 
parfois un dérèglement. On a imputé la 
destruction soudaine de la thiamine et l'apparition 
des symptômes de polio à des changements de 
régime trop rapides, où l'on passait à des rations 
à teneur énergétique plus élevée, ou encore à 
l'emploi excessif de mélasse, ou à une carence en 
cobalt. La chèvre peut refuser de s'alimenter, 
devenir instable et commencer à chanceler, 
apparemment avec des troubles de la vue. Elle 
devient nerveuse, a des tremblements 
musculaires, appuie sa tête contre les murs. Les 
convulsions et la mort sont l'issue finale. 

Plus tôt vous constaterez et traiterez cette 
affection et plus prompt sera le rétablissement. 
Des injections de thiamine ou du complexe 
vitaminique B par voie intramusculaire ou 
intraveineuse, ou les deux, remédieront au 
problème, mais il faudra peut-être les répéter 
pendant un jour ou deux, jusqu'à ce que les 
fonctions du rumen soient rétablies. 
L'administration de vitamine B par voie orale, 
comme médicament, peut aussi aider. Après le 
traitement, réduisez la proportion de grain dans la 
ration et donnez du bon fourrage à l'animal 
pendant cinq à sept jours. 

Problèmes digestifs 

Ces maladies sont les plus répandues, bien 
que les chèvres n'aient peut-être pas autant de 
problèmes de ce genre que les autres ruminants. 
Mais il en survient quand même et vous pouvez 



les empêcher de dégénérer en maladies plus 
graves si vous êtes sur vos gardes. 

LES DENTS Une croissance exagérée des bords 
extérieurs des molaires cause des problèmes chez 
les chèvres de 2à3ans. Les bords acérés des 
molaires raclent l'intérieur de la joue. Souvent, 
l'animal se bourrera d'aliments entre la joue et la 
dent pour calmer l'irritation; vous verrez une boule 
aller et venir d'un côté à l'autre de la bouche. 
Limez la dent avec une lime en bois et donnez à 
la chèvre un léger traitement aux antibiotiques 
pour prévenir l'infection. 

GASTRITE TRAUMATIQUE Cette gastrite affecte 
des animaux qui ont ingéré des corps étrangers 
métalliques (clous, fil de fer). Les chèvres, qui 
choisissent soigneusement ce qu'elles mangent, 
en sont rarement atteintes. 

INDIGESTION Un brusque changement de 
régime peut faire apparaître les premiers 
symptômes : dépression, manque d'appétit, selles 
pâteuses et malodorantes. Si une surcharge de 
grain est la cause du problème, essayez 
d'administrer du lait de magnésie par voie orale; si 
l'animal a mangé trop de suppléments protéines, 
donnez-lui du vinaigre dans de l'eau. Au moment 
où la chèvre cesse de mâcher les aliments 
éructes, l'activité du rumen a cessé. Un peu 
d'aliments régurgités par une chèvre saine 
pourront être prélevés, dilués dans de l'eau 
chaude et donnés comme potion à la chèvre 
souffrante. Cette mesure accélère la 
reconstitution de la flore du rumen et l'action du 
rumen aidera à éliminer toute obstruction. Des 
vitamines B, administrées par voie buccale, 
stimulent aussi la croissance et la reproduction 
des organismes dans le rumen. 

SURCHARGE PAR LES GRAINS Cet état se 
produit généralement lorsqu'une chèvre a accédé 
«illégalement» à la réserve et s'est empiffrée 
l'estomac vide. Protégez les réserves de grain et 
de suppléments de toute intrusion accidentelle, ne 
fût-ce que pour le bien de vos chèvres. Dans cet 
état très grave, l'acidification du contenu du rumen 
conduit à une intoxication par l'acide lactique; la 
chèvre est déprimée, refuse de s'alimenter et 
souffre de diarrhée. L'acidose et la déshydratation 
entraînent la mort en deux ou trois jours. Le 
vétérinaire pourra être obligé d'ouvrir et de vider le 
rumen pour sauver l'animal. 

MÉTÉORISME Les chèvres sont moins sujettes 
au météorisme que bien d'autres animaux. 
Cependant, certains types de pâturages, comme 
les pâturages de jeune trèfle mouillé au début de 
l'été, peuvent provoquer de graves problèmes. Le 
rumen se remplit d'un liquide mousseux que 
l'animal n'arrive pas à éructer lors de la 



51 



rumination; le rumen gonfle et se distend 
douloureusement, ce qui peut provoquer la mort 
par suffocation. Dans la plupart des cas, vous 
pouvez atténuer les symptômes les plus graves en 
faisant ingérer une dose d'huile minérale, d'huile 
d'arachide ou de suif, puis en maintenant l'animal 
pendant plusieurs jours à un régime de foin sec 
grossier. En fait, si l'un de vos animaux souffre 
de météorisme, il serait sage d'augmenter la part 
de fourrage grossier dans la ration du troupeau, 
afin d'éviter d'autres cas. 

Certaines chèvres vont souffrir de 
météorisme si elles sont fortement infesté de 
parasites intestinaux. Administrez un vermifuge et 
observez si les symptômes disparaissent. Il y a 
des chèvres qui semblent atteintes de météorisme 
chronique sans en souffrir outre mesure. Du 
bicarbonate de soude mélangé à la ration de grain 
donne parfois de bons résultats. 

DIARRHÉE BACTÉRIENNE Chez fes jeunes 
animaux, la diarrhée peut avoir différentes causes. 
Dans le cas des cabris de 1 à 3 jours, elle est 
provoquée la plupart du temps par une 
prolifération bactérienne. Si les trayons ou la 
toison de la mère sont souillés de fumier lorsque 
les cabris prennent leur premier repas, le système 
digestif de ces derniers, encore sans protection, 
est submergé par les bactéries qui attaquent alors 
les muqueuses intestinales. La diarrhée survient 
lorsque les parois intestinales ne laissent plus le 
corps absorber l'eau. Des déjections 
excessivement liquides le drainent complètement 
en emportant les nutriments et les vitamines 
nécessaires à l'animal. La déshydratation des 
tissus corporels est la menace la plus immédiate 
à sa vie. 

Pour sauver un animal de la déshydratation, 
faites-lui avaler un électrolyte. Un cabri boira 
allègrement cette solution s'il est habitué au 
biberon, et l'électrolyte sera substitué à sa ration 
de lait. Ne donnez pas de lait avant l'élimination 
des bactéries (par un traitement aux antibiotiques 
si nécessaire). Certains électrolytes en poudre 
sont assez nutritifs pour alimenter les chevreaux 
sans risque pendant plusieurs jours, avant le 
retour du lait. 

On peut préparer un électrolyte d'urgence en 
diluant 2,5mLde sel, 5mLde bicarbonate de 
soude et 30mLde sirop de maïs blanc dans 1 litre 
d'eau. Utilisez-le seulement en attendant de 
pouvoir vous procurer une solution plus complète, 
contenant les vitamines et les nutriments 
essentiels. 

Parasites 

COCCIDIOSE Chez les jeunes de plus de 
3 semaines, une diarrhée foncée peut indiquer une 
infection sérieuse par le protozoaire parasite 
Eimeria. Presque toutes les chèvres hébergent 
cet organisme dans leurs intestins, mais les 



animaux adultes y deviennent généralement très 
résistants. Les adultes excrètent par intermittence 
des ookystes (un des stades de développement 
du protozoaire) dans leurs matières fécales. En 
milieu chaud et humide, les ookystes passent par 
un cycle évolutif et les coccidies envahissent le 
système digestif de la jeune chèvre, où elles se 
multiplient rapidement. Ces parasites envahissent 
et endommagent les muqueuses de l'appareil 
digestif et prolifèrent en l'absence de toute 
résistance. Ils attaquent parfois aussi d'autres 
organes, tels que l'appareil respiratoire et le 
système nerveux, provoquant la toux, la 
pneumonie ou, plus rarement, des convulsions et 
la paralysie. 

Au premier stade de l'infestation, les 
symptômes sont la perte d'appétit, la posture 
accroupie, la détérioration de l'état général ou la 
déshydratation, le dessèchement de la peau ou du 
pelage, l'anémie et, finalement, la diarrhée. À 
l'apparition de la diarrhée, la plupart des 
dommages se sont déjà produits; il faut donc 
commencer le traitement dès que l'on soupçonne 
l'infection. Un contrôle très efficace commence 
avant la naissance des cabris. On a remarqué 
que si l'on ajoutait du décoquinate ou du 
lasalocide dans les quartiers des femelles de 
quatre à six semaines avant la mise bas, la 
quantité d'ookystes diminuait. Si vous vous 
proposez d'élever les cabris avec leur mère, ce 
traitement préventif est indispensable. Donnez de 
toute façon aux cabris, dès la naissance, ce même 
sel mélangé. Les deux produits utilisés sont très 
sûrs. De plus, ils sont administrés en si petites 
quantités qu'il n'y a pas de délai d'attente à 
respecter avant l'abattage. Ce traitement 
n'élimine pas complètement les coccidies chez les 
chèvres et dans leur environnement, mais il 
ralentit considérablement le développement des 
parasites, laissant ainsi aux chevreaux le temps de 
développer leur propre résistance. 

Une bonne hygiène est l'un des moyens les 
plus efficaces et les moins coûteux d'éviter toute 
menace de coccidiose chez les jeunes. Les 
cabris, en particulier, ne devraient pas être 
exposés à de grandes quantités de fumier 
provenant d'adultes ou de jeunes plus âgés. 
Gardez les enclos des chevreaux bien propres, 
utilisez des mangeoires qui évitent la 
contamination des aliments et conservez une 
bonne couche de paille sèche et propre aux 
endroits où ils aiment s'allonger. Isolez les 
animaux atteints de diarrhée. Entre chaque 
groupe successif de chevreaux, nettoyez les 
enclos et laissez-les sécher complètement; la 
chaux aide à assécher et à désinfecter. 

Un autre moyen d'éviter l'infestation est 
d'ajouter de l'amprolium au lait ou à l'eau potable 
pendant au moins cinq jours. Donnez aux 
chevreaux des suppléments de vitamine B si vous 
prolongez le traitement. La sulfaméthazine et la 
sulfaquinoxaline donnent d'excellents résultats 



52 



dans le traitement de la diarrhée ou des 
symptômes plus précoces. Administrez la solution 
par voie buccale, sous forme de médicament, car 
la plupart des animaux préféreront ne rien boire 
plutôt que de boire de l'eau médicamentée. Deux 
ou (au maximum) trois traitements aux 
sulfonamides enrayeront une flambée grave. 
Cependant, les ookystes peuvent de nouveau 
proliférer rapidement si la température est 
favorable. 

Les ookystes sont généralement détectés par 
l'examen des excréments; toutefois, les animaux 
n'émettent des ookystes que lorsque l'infection est 
déjà assez avancée. Chaque fois que les 
chevreaux entrent en contact avec du fumier 
provenant des adultes, même en très petites 
quantités, dites-vous que vous risquez des 
problèmes de coccidiose. Les chevreaux auront 
une croissance plus rapide et seront mieux 
portants si vous maintenez un programme de 
contrôle régulier, de la naissance jusque bien 
après le sevrage. 

VERS INTESTINAUX La diarrhée chez la chèvre 
ou le bouc adulte (ou chez les chevreaux de plus 
de 1 mois) indique souvent la présence de vers 
intestinaux. Les jeunes sont particulièrement 
réceptifs à ces parasites. L'examen des matières 
fécales confirmera une infection, mais comme la 
plupart des anthelminthiques (vermifuges) 
modernes sont à large spectre, vous pouvez 
commencer le traitement dès que vous observez 
les symptômes de la maladie : baisse de la 
production, ralentissement de la croissance, 
déshydratation, anémie et, éventuellement, autre 
infection. Si l'une des chèvres du groupe 
présente les symptômes de la maladie, traitez 
immédiatement tout le groupe. 

La mise bas diminue la résistance aux vers 
chez la chèvre; chez les animaux fragiles, de 
graves infections peuvent se déclarer dans le mois 
qui suit la parturition. On peut traiter les femelles 
en lactation avec un anthelminthique approuvé 
pour animaux de laiterie en lactation, à condition 
de retirer le lait de la consommation au moins 
pendant la période recommandée. Le meilleur 
moment pour le traitement est le jour de la mise 
bas, puisque le lait sera de toute manière impropre 
à la consommation humaine pendant plusieurs 
jours. Un second traitement peut être nécessaire 
deux à trois semaines plus tard. 

Certaines conditions favorisent l'apparition 
des vers. Des chèvres qui vont paître quand il fait 
chaud et humide risquent une forte infestation. En 
effet, ces conditions sont idéales pour le 
développement rapide des oeufs des parasites. 
Vous pouvez éviter ces problèmes en faisant 
souvent des rotations de pâturage lorsque régnent 
de telles conditions climatiques, et en prenant soin 
de ne pas amener les chèvres dans un pâturage 
qui a été utilisé au cours des trois semaines 
précédentes. 



L'ivermectine est un nouvel anthelminthique 
très sûr. Il n'est malheureusement pas autorisé 
pour les animaux en lactation. Il est très efficace 
contre les larves des vers, comme celles que l'on 
trouve chez les chèvres pendant l'hiver, surtout 
pendant la gestation. Utilisé au début de la 
période de tarissement, il permet de réduire 
l'infestation au moment de la mise bas; toutefois, 
une nouvelle contamination risque de se produire 
si l'hygiène et la nutrition laissent à désirer. 

STRONGYLOSE PULMONAIRE Une toux grasse 
et enrouée (particulièrement chez les jeunes 
animaux, lorsqu'il fait doux et humide) est l'un des 
premiers signes de la présence de strongles dans 
les poumons. Le diagnostic se fait par l'examen 
microscopique de matières fécales. Cette 
infection peut conduire à la bronchite vermineuse, 
à la pneumonie et à la formation de tissus 
cicatriciels dans le poumon. Dans la plupart des 
cas, cependant, les animaux récupèrent 
d'eux-mêmes au bout d'environ trois mois et 
développent alors une résistance accrue à ces 
parasites. Le traitement à l'ivermectine est 
efficace; il empêche la détérioration de l'état 
général et le ralentissement de la croissance. 

GRANDES DOUVES DU FOIE ou FASCIOLOSE 
Bien que les chèvres évitent, lorsque c'est 
possible, les pâturages marécageux, il arrive, dans 
certaines circonstances, qu'elles aillent paître dans 
des endroits infestés de kystes de grandes douves 
du foie (métacercaires). Ceux-ci peuvent survivre 
plusieurs mois sur une végétation qui n'est pas 
complètement sèche. Les métacercaires libèrent 
les grandes douves dans l'intestin, d'où elles 
rejoindront le foie, où elles erreront et détruiront 
les tissus pendant plusieurs semaines avant de se 
mettre à pondre. Une forte infestation peut tuer 
une chèvre en six semaines, à la suite d'un 
pénible gonflement de l'abdomen et d'une anémie. 
Les infestations moins graves peuvent causer de 
l'anémie, une dégradation de l'état général et un 
oedème sous la mâchoire («signe de la bouteille»); 
elles risquent de réduire les performances pendant 
une longue période. Si vous soupçonnez une 
infestation par les grandes douves du foie, traitez 
les animaux selon les conseils du vétérinaire et 
retirez-les des pâturages suspects. 

OESTROSE ou FAUX TOURNIS L'oestre du nez, 
la mouche responsable de l'oestrose, dépose ses 
larves sur le bord des narines des chèvres, 
particulièrement aux heures chaudes de la 
journée. Ces larves migrent dans les sinus où 
elles poursuivent leur croissance. Elles 
provoquent alors des éternuements, des 
écoulements muqueux et, parfois, une sinusite ou 
une infection du cerveau via le nerf olfactif. 
L'ivermectine peut se montrer efficace. Le ruelen 
donné sous forme de médicament est aussi un 
bon moyen de combattre la maladie. 



53 



POUX Les poux suceurs pénètrent la peau de 
l'animal et se nourrissent de son sang. Ils 
peuvent causer une anémie qui, à son tour, 
provoque souvent des complications. Les poux 
broyeurs causent des démangeaisons et la perte 
de poils. Ces deux types de poux sont très 
irritants et empêchent la chèvre de se reposer. 

Les sujets atteints se frottent, se grattent et 
perdent leurs poils. Examinez-les en rebroussant 
les poils le long de la cage thoracique, des flancs 
ou des épaules : s'il y a des poux, vous les verrez. 
Le pou suceur (le plus gros des deux types) est 
bleu sombre et peut atteindre 0,3 cm. Les poux 
broyeurs sont plus petits et plus pâles. 

On peut traiter les chèvres en lactation avec 
des insecticides organophosphorés approuvés 
pour les bovins laitiers (crotoxyphos, crotosphos 
plus dichlorvos et coumaphos). La roténone est 
aussi autorisée dans la plupart des régions. 

On peut traiter les chèvres taries, les boucs, 
les boucs castrés et les chevreaux avec les 
mêmes composés, ou avec plusieurs autres qu'on 
emploie pour les boeufs et les moutons. Certains 
composés peuvent être utilisés pour traiter les 
chèvres taries : Lindane, malathion, 
méthoxychlore, carbaryl et ronnel. Employez les 
insecticides à action systémique avec précaution 
sur les chèvres en gestation, car ils peuvent 
provoquer l'avortement. L'ivermectine est efficace 
contre les poux suceurs, mais n'a guère d'effet 
sur les poux broyeurs. 

Saupoudrez l'insecticide sur la peau, en 
frottant pour le faire pénétrer dans la robe le long 
de la ligne du dos, autour du cou et (en particulier) 
autour de la queue. Répétez le traitement 17 jours 
plus tard pour tuer les poux qui sont apparus 
entre-temps. On recommande un troisième 
traitement après une deuxième période d'attente 
de 17 jours. 

ACARIENS Ces petits arachnides, qui s'incrustent 
sous la peau des chèvres, favorisent l'apparition 
de gales. La gale est une dermatose qui présente 
différents symptômes : plaies à vif dégarnies qui 
s'encroûtent, avec de vives démangeaisons, ou 
petites protubérances non irritantes à la base des 
poils. La première forme est le type classique, 
très contagieux mais facile à traiter par 
l'ivermectine. Il faut répéter que ce médicament 
n'est pas autorisé pour les femelles en lactation, 
car des résidus peuvent apparaître dans le lait 
jusqu'à un mois après le traitement. On peut 
cependant choisir de faire tarir l'animal et d'utiliser 
l'ivermectine de préférence aux traitements 
traditionnels, qui consistaient à vaporiser ou à 
immerger les animaux six fois, à intervalles de 7 à 
10 jours, en utilisant une solution de chaux 
sulfurée. 

On peut aussi traiter à l'ivermectine 
l'infection par ies acariens la moins irritante, la 
gale démodécique. Elle prend la forme de petits 
nodules (jusqu'à 8 mm de diamètre) dans la peau. 



Cette infection est souvent due à une défaillance 
du système immunitaire, et les animaux peuvent 
être infectés plusieurs fois. La gale démodécique 
n'étant ni particulièrement contagieuse ni très 
irritante, on peut repousser le traitement jusqu'à la 
période de tarissement. Toutefois, si vous avez 
besoin de résultats immédiats, vous pouvez ouvrir 
les nodules avec une lame bien coupante, extirper 
et éliminer le contenu cireux; il suffira alors de 
badigeonner la plaie à la teinture d'iode. 

TIQUES II existe très peu d'espèces de tiques qui 
peuvent survivre à des latitudes aussi nordiques 
que celles du Canada, mais on en trouve dans 
l'Ouest une variété très importante : la tique 
d'Anderson. Ce parasite est le vecteur de la 
fièvre tachetée, de la tularémie et de la fièvre Q. Il 
est, de plus, la principale cause de la paralysie à 
tiques chez les humains et les animaux. 

Si vous emmenez les chèvres paître dans 
les broussailles de zones infestées, examinez-les 
quotidiennement pour vérifier s'ils ne sont pas 
porteurs d'insectes brun rouge ou d'insectes 
argentés, particulièrement autour de la tête, du 
cou, des épaules, de l'aine et de l'écusson. 

La paralysie provoquée par les tiques 
commence par une perte de coordination dans 
l'arrière-train, pour évoluer, au bout d'un ou deux 
jours, en paralysie générale et causer finalement 
un arrêt respiratoire. Si vous trouvez une tique, 
enlevez-la en appliquant une allumette enflammée 
sur la partie arrière de son corps jusqu'à ce 
qu'elle se détache de la peau. N'arrachez jamais 
une tique, car la tête se casserait simplement et 
resterait enfouie sous la peau de la chèvre, 
risquant de lui causer d'autres problèmes. 

TÉNIAS Ces parasites ne causent généralement 
pas de problèmes aux chèvres. Même une forte 
infestation n'entraîne qu'un léger amaigrissement, 
des troubles digestifs et une baisse de la 
production. La plupart des chèvres développent 
assez rapidement une résistance au ténia. Les 
chèvres rejettent dans leurs excréments des 
fragments de ténias, que l'on peut observer à l'oeil 
nu, comme des «vers» blancs qui se tortillent. 
L'ivermectine est sans effet sur les ténias, mais 
plusieurs anthelminthiques sûrs, tels que 
l'albendazole et le cambendazole, se sont révélés 
efficaces. 

Maladies respiratoires 

Les chèvres sont très sensibles à l'humidité. 
Un fort taux d'humidité dans l'air qu'elles respirent 
peut avoir des conséquences dévastatrices, plus 
particulièrement en présence de substances 
irritantes, tel l'ammoniac, ou d'organismes 
infectieux provenant d'autres animaux (qui ne 
présentent peut-être pas de symptômes marqués 
de la maladie). Tout en évitant les forts courants 



54 



d'air dans la chèvrerie, il faut toujours permettre à 
l'air venant de l'extérieur de circuler librement. 
Pour un grand troupeau, un système de ventilation 
avec ventilateurs et plénums devrait permettre de 
bien répartir l'air frais dans la chèvrerie. 

D'autres affections, présentées ci-après, 
entraînent également des problèmes respiratoires. 

LARYNGITE La laryngite est provoquée le plus 
souvent par des bêlements ininterrompus, comme 
ceux d'un jeune qui est séparé de sa mère 
pendant une journée, ou d'une nouvelle venue 
dans le troupeau. Au bout de plusieurs heures, 
l'animal ne pourra plus émettre qu'un petit cri 
plaintif. Traitez-le gentiment, donnez-lui un endroit 
sec où se reposer, de l'eau et une nourriture de 
bonne qualité, qu'il pourra manger sans être 
interrompu par d'autres. Ce traitement contribuera 
beaucoup à éviter une infection dans une gorge 
fatiguée. 

PASTEURELLOSE (Pasteurella pneumonia) 
Associée à un changement brusque de 
température ou d'environnement, la pasteurellose 
se manifeste d'abord par un écoulement nasal, la 
perte d'appétit et de l'apathie, puis par la toux et 
une fièvre dépassant 40 °C. Les chèvres qui 
entrent en contact avec d'autres récemment 
transportées sont aussi vulnérables. Isolez donc 
les nouvelles venues pendant plusieurs jours et 
observez-les attentivement; si aucun symptôme 
n'apparaît au bout d'une semaine, on peut 
supposer qu'elles peuvent être mises avec les 
autres. Si des symptômes semblent apparaître, 
commencez immédiatement une thérapie aux 
antibiotiques. Un traitement avant le transport, 
avec un antibiotique à action prolongée, peut aider 
à prévenir l'apparition de la maladie. 

PNEUMONIE ENZOOTIQUE Ce terme général 
désigne toute pneumonie, quel que soit le 
micro-organisme en cause, de la bactérie au virus 
en passant par les mycoplasmes. La pneumonie 
affecte généralement plusieurs jeunes animaux 
d'un groupe. Elle peut évoluer très rapidement : la 
fièvre, la toux et une respiration rapide et 
superficielle apparaissent du jour au lendemain. 
Elle peut aussi évoluer plus progressivement; on 
voit alors plusieurs chevreaux tousser de temps à 
autre et le groupe présenter une faible croissance 
générale. Le problème résulte du fait que 
l'infection initiale laisse l'animal affaibli, à la portée 
d'une nouvelle invasion par un autre organisme; 
les petits peuvent être submergés et mourir en 
très peu de temps. 

La meilleure protection contre la pneumonie 
est de donner aux cabris du colostrum de chèvres 
adultes, si possible dans les six heures suivant 
l'accouchement, et de maintenir un régime assez 
riche en vitamine A. Les stalles des jeunes 
doivent être sèches et sans courants d'air; les 



lampes chauffantes sont rarement nécessaires et 
ne feraient qu'ajouter à vos problèmes. 

Dès l'apparition des symptômes, traitez les 
animaux à l'oxytétracycline. 

POUMON DE FERMIER Le foin engrangé encore 
humide est susceptible de surchauffe, permettant 
à certaines moisissures de proliférer. Le poumon 
de fermier est une affection respiratoire chronique 
que provoque chez les chèvres l'inhalation des 
spores de ces moisissures. Les symptômes 
majeurs en sont une faible production, la perte de 
poids chez les animaux matures et une toux 
généralisée dans le troupeau. La maladie se 
déclare généralement tard en hiver et affecte plus 
durement les animaux les plus âgés. Le 
traitement est difficile. La cicatrisation réduit la 
capacité pulmonaire, mais en général les animaux 
récupèrent très vite au printemps. Pour éviter tout 
problème, évitez si possible de leur donner du foin 
humide. 

PNEUMONIE PAR ASPIRATION Causée par la 
présence de corps étrangers dans les poumons, 
cette pneumonie est généralement le résultat 
d'une médication mal faite. Lorsque vous 
administrez un médicament par voie buccale, 
faites attention de ne pas élever les naseaux 
au-dessus du niveau des yeux; donnez à la chèvre 
la possibilité de bien avaler en administrant le 
médicament lentement; et arrêtez-vous dès que 
l'animal tousse ou crie. Si l'animal a beaucoup de 
matières étrangères dans les poumons, ses 
chances de survie sont minces. Même s'il ne se 
développe pas d'infection, cet animal sera toujours 
plus susceptible d'avoir des difficultés 
respiratoires. 

Pour administrer un médicament, utilisez une 
seringue normale de 50cm3 à laquelle est fixé un 
petit tuyau. Ce tuyau, glissé le long de la bouche 
de la chèvre, là où il n'y a pas de dents, devrait 
être assez long pour atteindre l'arrière de la 
langue. 

Maladies provoquant la boîterie 

Les problèmes aux pieds et aux pattes sont 
des raisons majeures de réforme des animaux de 
laiterie. Ces problèmes, moins fréquemment 
congénitaux qu'acquis, peuvent être causés par 
un déséquilibre nutritionnel, de la négligence dans 
la taille des onglons ou une maladie. Si vous 
observez une boîterie, examinez d'abord la 
possibilité d'une cause nutritionnelle, regardez si 
les onglons sont bien taillés et envisagez ensuite 
le fait qu'une maladie puisse en être la cause. 

ARTHRITE L'arthrite est simplement l'inflam- 
mation d'une articulation. Une mauvaise 
conformation peut soumettre une articulation à une 
fatigue anormale, entraînant une enflure 



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douloureuse. Des bactéries ou des virus peuvent 
aussi envahir la capsule articulaire. 

Les cabris peuvent contracter une infection 
ombilicale dans les quelques heures qui suivent la 
naissance. Si le cordon ombilical n'est pas traité, 
des micro-organismes se propagent par cette voie 
et s'installent dans les articulations, entraînant 
l'apparition d'enflure, de boîterie et d'hyperthermie 
dans le mois qui suit. Une boîterie chronique peut 
se développer par la suite. Dans les cas aigus, 
une infection généralisée peut exiger un traitement 
immédiat aux antibiotiques pour sauver le petit. 
De toute façon, le développement du jeune sera 
retardé et la boîterie risque de devenir plus ou 
moins définitive. 

L'arthrite suppurante est provoquée par une 
lésion sur une articulation ou à proximité, ou par 
une infection qui a envahi l'organisme depuis un 
certain temps (métrite par exemple) et qui 
s'installe dans les capsules articulaires. Si l'on 
prélève des échantillons, on peut généralement 
détecter dans la lymphe des bactéries ou des 
mycoplasmes. Les analyses peuvent en outre 
indiquer quel médicament utiliser si l'on décide de 
tenter un traitement. 

L'arthrite-encéphalite spécifique de la chèvre 
est causée par un virus lent, transmis au cabri par 
le lait maternel. Ce virus peut causer une forme 
de paralysie chez les jeunes, mais dans la plupart 
des cas, il reste dormant jusqu'à la maturité de 
l'animal. Il cause alors de l'arthrite et d'autres 
problèmes. L'oedème du pis est fréquent chez 
les femelles infectées, et il empire à chaque mise 
bas. Dans certains cas, l'enflure de la partie 
supérieure du cou, à la base du crâne, révèle la 
maladie. Les symptômes de l'arthrite-encéphalite 
spécifique de la chèvre ne se manifesteront 
peut-être pas avant quatre ou cinq ans chez une 
chèvre infectée, mais pendant ce temps, elle aura 
disséminé le virus dans son lait. Le colostrum 
aussi en contiendra. Beaucoup d'éleveurs 
s'efforcent de briser la chaîne de l'infection en 
élevant leurs cabris sans jamais leur donner de lait 
ni de colostrum de chèvres non traitées. Le lait 
pasteurisé et le colostrum chauffé sont sans 
danger pour les cabris, mais de nombreux 
éleveurs préfèrent utiliser un substitut du lait ou du 
lait de vache, puis sevrer les jeunes assez tôt. 

Certains laboratoires recherchent des 
anticorps du virus de l'arthrite-encéphalite 
spécifique de la chèvre, mais les tests sanguins 
ne sont pas toujours fiables. De nombreux 
animaux dont les tests s'avèrent négatifs 
développent la maladie par la suite, et d'autres 
montrent de graves symptômes. Un résultat 
positif indique que la chèvre risque de développer 
les symptômes à un moment donné. Il n'y a pas 
de traitement. 

L'arthrite nutritionnelle s'attaque à la chèvre 
en croissance. Elle est due à un manque de 
calcium ou à un manque d'apport phosphore dans 
l'alimentation. Elle peut provoquer des 



déformations osseuses et la boîterie. Les jeunes 
sont exposés à cette maladie si leur ration 
alimentaire contient une forte proportion de grains 
et peu de foin ou de fourrage. Même si vous 
mesurez le grain que vous leur donnez, veillez à 
ce qu'ils mangent aussi leur ration de foin ou bien 
réduisez le grain jusqu'à ce qu'ils mangent le foin. 
Si vous préférez, ajoutez au mélange de sel que 
vous leur donnez du calcaire ou un autre 
supplément en calcium. Les symptômes sont une 
boîterie peu apparente, un affaiblissement du 
paturon et des genoux cagneux aux pattes 
antérieures et postérieures. 

CARENCE EN VITAMINE D Une carence en 
vitamine D entraînera un ramollissement des os et, 
par conséquent, des jambes arquées. 

MALADIE DES MUSCLES BLANCS Quoiqu'une 
carence en sélénium soit la cause la plus directe 
de cette affection, des injections de vitamine E 
aideront à la prévenir. La maladie attaque en 
premier lieu les animaux qui grandissent le plus 
rapidement. Si le muscle cardiaque est touché, le 
chevreau risque de mourir subitement, pendant 
qu'il joue. Si les muscles du squelette sont 
gravement touchés, la démarche sera raide, le 
chevreau devra souvent se reposer et, d'une 
manière générale, il manquera de tonus. Dans les 
cas où l'affection persiste depuis longtemps, la 
ceinture scapulaire se relâche et les onglons 
s'évasent. Les cabris nés avec une carence en 
sélénium risquent de mourir au bout de deux ou 
trois jours (une carence peut aussi affecter la 
mère et contribuer à la rétention du placenta). 

Consultez le vétérinaire ou le nutritionniste 
pour déterminer si le régime de vos chèvres n'est 
pas déficient en sélénium. S'il l'est, veillez à 
incorporer des compléments dans la ration de 
concentré ou le mélange sel — minéraux. 
Beaucoup de mélanges commerciaux ne 
contiennent pas assez de sélénium pour 
compenser une insuffisance dans l'alimentation. 
Le vétérinaire pourra prescrire un traitement 
additionnel. Il est particulièrement important que 
les chèvres en fin de gestation, les cabris et les 
chevreaux en croissance reçoivent assez de 
sélénium ou de vitamine E pour éviter toute 
complication. 

FOURBURE Cette inflammation des tissus de 
l'onglon est généralement la suite d'une surcharge 
de grains, d'une métrite ou d'une mammite aiguë. 
Aux premiers stades, le pied est fiévreux et la 
boîterie est visible et douloureuse. Le traitement 
de la cause première ou la suppression de l'excès 
de grains peut aider à atténuer les dommages; il 
pourrait être utile aussi de baigner les pieds de la 
chèvre dans l'eau courante froide. Après le stade 
aigu, il arrive souvent que les onglons poussent 
anormalement vite et deviennent difformes, avec 
une élongation du pied et un épaississement de la 



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muraille de l'onglon, qui forme des sillons. Parez 
souvent les onglons jusqu'à ce que leur état 
finisse par s'améliorer, si jamais ça se produit. 

PIÉTIN Cette boîterie infectieuse est due à 
l'action combinée de bactéries qui pénètrent dans 
le pied par des écorchures et d'une exposition 
constante à l'humidité ou au gel. La peau de 
l'espace interdigital est attaquée en premier lieu, 
devient irritée et semble à vif. Plus tard, l'infection 
gagne le tissu sous-ongulé, créant des replis de 
matière nécrosée et séparant du pied la partie 
cornée de l'onglon. 

Chez la plupart des sujets, le piétin cause 
une forte boîterie. Beaucoup d'animaux peuvent 
être porteurs de la maladie sans en présenter les 
symptômes, particulièrement s'ils ont des onglons 
trop longs, avec de la matière infectieuse 
emprisonnée entre le pied et l'onglon. Pour éviter 
cette maladie dans votre troupeau, examinez et 
taillez les onglons de chaque nouveau venu avant 
de le mettre avec les autres. Si vous soupçonnez 
une infection, trempez les pieds de l'animal dans 
une solution de sulfate de cuivre ou de zinc, ou 
badigeonnez-les avec une solution du commerce. 
Lorsque vous taillez les onglons, tous les replis 
doivent être vidés et exposés à l'air pour vérifier 
s'il n'y a pas d'infection. 

Si le piétin se déclare dans le troupeau, il 
faut tailler les onglons de toutes les chèvres, isoler 
les animaux atteints et commencer un traitement 
rigoureux, par des bains de pieds et des 
antibiotiques à action systémique. Certains 
producteurs croient pouvoir éviter une flambée de 
cette infection en donnant du sel riche en iode, 
mais les essais sur le terrain n'ont jamais été 
concluants. Il est bon toutefois de s'assurer que 
le régime de l'animal contient assez de zinc pour 
éviter les lésions initiales, qui permettent aux 
agents infectieux de pénétrer dans l'organisme. 

Infections à clostridies 

Les chèvres sont sensibles aux clostridies 
qui causent les oedèmes malins, le tétanos et les 
entérotoxémies des types C et D. Les clostridies 
sont toujours présentes dans l'environnement des 
chèvres, mais dans certaines circonstances, elles 
se multiplient rapidement et produisent des 
toxines. 

Le vaccin anti-clostridium polyvalent peut 
prévenir ce genre de maladies et devrait être 
utilisé régulièrement. Même si les chèvres ne 
sont pas exposées à certaines des maladies que 
ce vaccin permet de prévenir, son utilisation ne 
causera aucun dommage. La vaccination des 
chevreaux de moins de 10 semaines ne leur 
permet pas de développer une immunité 
suffisante, mais ils peuvent la recevoir par 
l'entremise de leur mère si celle-ci a été 
immunisée de quatre à six semaines avant la 
parturition. Si la mère n'a pas été complètement 



immunisée plus tôt, elle aura besoin de deux 
vaccins : le premier de huit à dix semaines avant 
la mise bas et le second quatre semaines plus 
tard. Tout animal non vacciné et tous les cabris 
nés de mères non vaccinées doivent être traités 
de cette façon pour qu'une bonne immunité puisse 
se développer. Faites des injections tous les six 
mois. De plus, veillez à la salubrité du milieu de 
vie et de l'alimentation; cela contribuera à réduire 
l'incidence des infections. 

OEDÈME MALIN Cette infection se déclare 
généralement lorsque Clostridium septicum 
pénètre dans l'organisme par une plaie 
contaminée (par exemple après la castration), ou 
encore à l'occasion d'injections faites dans de 
mauvaises conditions d'hygiène ou d'une mise bas 
dans un environnement malpropre, ou même par 
les orifices des trayons, surtout s'il y a 
refroidissement du pis et si la litière est humide. 
Les chèvres peuvent mourir de 24 à 48 heures 
après l'apparition des premiers symptômes. 
L'animal perd l'appétit, souffre de vertiges et fait 
de la fièvre; les endroits atteints enflent de façon 
marquée et l'enflure se répand rapidement. Si 
vous détectez les symptômes assez tôt, des 
doses massives d'antibiotiques pourraient être 
utiles, mais cette affection est généralement fatale. 

TÉTANOS Le tétanos, causé par Cl. tétani, se 
manifeste de 10à14jours (parfois plusieurs 
semaines) après une blessure profonde qui n'a 
pas été ouverte et nettoyée convenablement. Les 
symptômes— raideur, spasmes musculaires, pouls 
rapide, agitation inhabituelle —évoluent en rigidité 
et incapacité de mâcher ou d'avaler. Des soins 
prodigués jour et nuit et des antitoxines ont sauvé 
certains animaux. 

ENTÉROTOXÉMIE (Type C ou D) Cette maladie, 
causée par Cl. perfringens, de type C ou D, 
entraîne souvent la mort, qui sera le seul 
symptôme visible, particulièrement chez les jeunes 
animaux. Les adultes atteints d'entérotoxémie de 
type D se traînent, souffrent de diarrhée et 
d'incoordination, puis meurent en quelques 
semaines. Les chevreaux refusent de s'alimenter, 
souffrent de diarrhée et meurent dans des 
convulsions au bout d'un ou deux jours. Si vous 
donnez trop de lait aux cabris, ou trop de grains 
aux chevreaux et aux adultes, ils seront plus sujets 
à l'entérotoxémie. 

Pasteurelloses 

Le genre bactérien Pasîeurella est 
responsable de nombreuses maladies. La section 
sur les maladies respiratoires traite de la fièvre 
des transports; la bactérie Pasteurella haemolytica 
cause d'autres infections : mammite, arthrite, 
méningite. Elle est responsable aussi d'un type 
de septicémie présentant des symptômes très 



57 



similaires à ceux d'une entérotoxémie. En effet, 
ce sont le plus souvent de jeunes animaux au 
meilleure de leur forme qui en sont affectés, et la 
mort soudaine est fréquente. Cette maladie suit 
généralement l'introduction d'un niveau de 
nutrition plus élevé. Les animaux qui ne meurent 
pas immédiatement font de la fièvre, leur 
respiration devient superficielle et de l'écume 
s'échappe de leur bouche. Souvent, ils restent 
immobiles, la tête pendante. Les antibiotiques ont 
un succès variable. La prévention est la meilleure 
méthode pour éviter les maladies dues aux 
bactéries Pasteurella. Essayez de modifier les 
rations le plus graduellement possible, pour ne pas 
relever trop brusquement le niveau de nutrition. 

Mycoplasmoses 

Mycoplasma spp. est aussi responsable de 
bien des problèmes chez le bétail. Une 
pneumonie en sera peut-être le premier signe. 
Toutefois, les sujets qui en réchappent peuvent 
développer de l'arthrite, être sujets à l'avortement 
ou contracter, lors de la mise bas, une forme 
contagieuse de mammite qui fait des ravages. 
Les foetus peuvent être infectés dans le ventre de 
la mère, et les jeunes en buvant du lait cru 
contaminé. Les trayeurs eux aussi risquent d'être 
contaminés si les mains ou les gobelets trayeurs 
ont été en contact avec une chèvre porteuse. 
Enfin, une transmission aérienne est possible. 

Un troupeau qui n'a jamais présenté de 
symptômes peut être infecté si l'on y introduit une 
chèvre porteuse, qui évacuera de temps à autre 
les micro-organismes dans son lait. C'est 
généralement le stress qui déclenche la 
dissémination de mycoplasmes par le pis, aussi le 
meilleur moment pour faire une culture destinée à 
contrôler s'il n'y a pas de germes dans le lait se 
situe-t-il quelques jours après la mise bas. 

Il suffit d'une chèvre qui répand des germes 
pour contaminer les chevreaux qui se nourrissent 
à un abreuvoir collectif de lait cru. Les 
articulations des pattes s'échauffent et enflent, la 
fièvre dépasse 41 °C et la mort peut survenir. 
Des symptômes respiratoires sont également 
fréquents. 

Pour éviter que les mycoplasmes ne 
prennent pied dans votre troupeau, analysez le lait 
des nouvelles venues dans les deux jours qui 
suivent leur arrivée. Tant que vous n'aurez pas la 
certitude qu'elles ne sont pas contaminées, 
trayez-les en dernier lieu. Ne donnez jamais de 
lait cru aux chevreaux. Si possible, réformez les 
porteuses connues; sinon, isolez-les et montrez 
encore plus de vigilance pour éviter la 
contamination réciproque. Le vétérinaire pourra 
faire un prélèvement de liquide dans les 
articulations enflées pour en faire une culture. 



Mammites 

Des problèmes survenant lors de la mise bas 
(métrite, rétention du placenta) sont souvent les 
signes avant-coureurs d'une mammite. Au début 
de la lactation, le système mammaire est soumis 
à un stress considérable, et la chèvre doit avoir un 
système immunitaire en bon état pour le protéger 
des infections. Le lait est un milieu de croissance 
idéal pour bien des micro-organismes. Certains, 
tel Streptococcus agalactia, se développent dans 
le lait ou sur les surfaces internes du pis, où ils 
causent des dommages. D'autres, comme 
Staphylococcus spp., colonisent les tissus 
mammaires eux-mêmes et peuvent causer soit 
des infections aiguës, soit des infections 
chroniques, moins graves mais persistantes. Un 
troisième groupe, représenté par exemple par E. 
coli et Klebsiella spp., se multiplie rapidement 
dans un lait à faible taux de leucocytes, en 
causant de l'inflammation et en libérant des 
toxines actives dans le corps de la chèvre. 

Dans tous les cas de mammite, il faut trouver 
exactement le micro-organisme auquel vous avez 
affaire. Dès que vous observez les symptômes, 
mais avant d'entreprendre tout traitement, 
prélevez un échantillon de chaque côté de la 
mamelle. Désinfectez à l'alcool l'orifice de chaque 
trayon et laissez sécher. Trayez la chèvre à 
moitié puis versez les échantillons dans un bocal 
STÉRILISÉ (un bocal à aliments pour bébés que 
vous aurez fait bouillir fera l'affaire; n'oubliez pas 
de stériliser le couvercle), sans permettre aucun 
contact avec la poussière ou des poils, ni avec 
vos mains. Fermez le bocal immédiatement pour 
éviter toute détérioration et remettez-le à un 
laboratoire, qui fera des tests afin de déterminer 
quel antibiotique sera le plus efficace. Le 
vétérinaire vous aidera à interpréter les résultats 
des tests et à déterminer la marche à suivre pour 
le traitement. 

Une mammite commence souvent par la 
production d'un lait anormal. De petits flocons 
dans un liquide légèrement aqueux peuvent 
bientôt devenir des caillots grumeleux, pâteux et 
souvent sanguinolents, flottant dans le lactosérum. 
Dans le cas d'infections à E. coli, le lait dégage 
une odeur nauséabonde, devient brunâtre, aqueux, 
et contient de petits granules blancs. S'il s'agit 
d'infections à streptocoques ou d'infections aiguës 
à staphylocoques, la mamelle s'échauffe et 
devient douloureuse. Lorsqu'il s'agit d'infections 
à E. coli, la fièvre peut être passagère et on 
constate d'abord que la mamelle est dure et 
froide. Si la maladie n'est pas enrayée, la chèvre 
risque de devenir gravement malade, avec fièvre, 
dépression et mammite gangreneuse. 

La mammite subaiguë est sans doute 
l'infection mammaire la plus répandue. Ceci 



58 



s'explique notamment par le fait qu'elle est très 
difficile à détecter. Le lait ne subit pas de 
changements particuliers, bien qu'on puisse 
parfois constater un goût anormal. La chèvre ne 
présente guère de symptômes, mais sa production 
peut diminuer. Le test californien de détection de 
la mammite (CMT) ou la numération électronique 
cellulaire permettront de détecter un nombre 
anormalement élevé de cellules somatiques dans 
le lait, ce qui peut indiquer une infection. Les 
numérations cellulaires étant plus élevées au 
début et à la fin de la lactation, il faut effectuer des 
tests régulièrement pour permettre une 
interprétation exacte. Une numération cellulaire 
élevée justifierait la culture d'échantillons de lait 
pour la recherche de micro-organismes; c'est le 
plus souvent Staphylococcus spp. qui provoque 
les infections chroniques subaiguës. 

Même si un traitement immédiat avec un 
antibiotique à large spectre s'impose lorsque les 
symptômes apparaissent, il faut cependant se 
rappeler que les échantillons qu'on envoie au 
laboratoire peuvent indiquer que ce traitement est 
inefficace contre le micro- organisme en cause. 
En fait, dans le cas de mammites chroniques, le 
traitement pourra se révéler inefficace jusqu'à ce 
que la chèvre soit tarie et qu'on lui applique le 
traitement approprié. Dans les cas aigus toutefois, 
et particulièrement si la chèvre paraît malade, un 
traitement aura toujours plus d'effet que pas de 
traitement du tout. Des antibiotiques à effet 
systémique (en injections) et des perfusions 
intramammaires aideront à combattre le mal. 

Si vous pratiquez une perfusion 
d'antibiotiques dans la mamelle par l'orifice du 
trayon, respectez rigoureusement les règles 
d'hygiène pour ne pas introduire dans la mamelle 
des micro-organismes qui résistent aux 
antibiotiques. Ne prenez pas de raccourcis; 
suivez les instructions à la lettre pour éviter toute 
contamination de l'orifice, de la canule et de la 
solution elle-même. 

Autres maladies 

DERMATITE MYCOSIQUE Cette maladie de la 
peau causée par un champignon microscopique 
apparaît généralement sous forme de plaques 
circulaires de la taille d'un dix cents sur la tête et 
la face. Les autres formes peuvent être moins 
faciles à détecter, produisant des zones où la 
peau est sèche et squameuse et où le poil a 
tendance à tomber. Une chèvrerie sale et humide 
est un milieu favorable. Si les symptômes 
apparaissent, il est grand temps de nettoyer la 
chèvrerie et d'installer une nouvelle litière sèche, 
ce qui arrêtera souvent la dissémination de la 
maladie dans le troupeau. Si la mycose sévit dans 
le troupeau depuis un certain temps, vous devrez 
désinfecter les murs de la chèvrerie, les 
mangeoires et les cloisons avec du Captan ou un 
produit similaire. Frottez fort ou utilisez un jet 



d'eau puissant pour obtenir le meilleur résultat. 
Épouillez le troupeau si les poux ont répandu la 
maladie. Des suppléments de vitamine A peuvent 
aussi être nécessaires. 

Traitez les cas isolés en brossant les croûtes 
squameuses des plaies et badigeonnez de teinture 
d'iode ou d'une autre préparation fongicide. Pour 
éviter les démangeaisons locales, mélangez la 
teinture d'iode à de la glycérine pour adoucir la 
peau. Quel que soit le médicament utilisé, 
appliquez-le quotidiennement ou tous les deux 
jours jusqu'à la guérison. Pendant le traitement, 
portez des gants de caoutchouc et un vêtement 
protecteur, car ces mycoses se transmettent aux 
humains. 

AFFECTIONS DES YEUX Au début, l'animal 
larmoie, la conjonctive est enflammée, puis la 
cornée s'opacifie et se voile; en dernier lieu, une 
ulcération qui peut éclater apparaît sur la cornée. 
Les mycoplasmes, le chlamydia et surtout les 
rickettsies sont des causes possibles des 
affections des yeux. La chèvre atteinte est 
sensible à la lumière; aussi faut-il la laisser dans 
un endroit sombre tant que les symptômes 
persistent. Le vent et la poussière, en asséchant 
et en irritant les yeux, exposent souvent l'animal à 
l'infection. Une carence en vitamine A est aussi 
un facteur important. 

Un traitement précoce aidera à minimiser les 
dommages. N'utilisez que les solutions et les 
pommades recommandées par le vétérinaire. NE 
METTEZ JAMAIS DE POUDRE DANS LES YEUX. 
Les poudres irritent les yeux et stressent l'animal 
inutilement. Si le problème persiste, une injection 
d'antibiotiques directement sous la cornée peut 
faciliter la guérison. Ces affections sont très 
contagieuses et, dans certains cas, il y a 
apparemment transmission aérienne. 

ECHTYMA BUCCAL (Stomatite contagieuse ou 
orf) Cette maladie est transmise par un virus qui 
attaque généralement des jeunes ou des animaux 
qui ont déjà été exposés à la maladie. Certaines 
souches sont plus virulentes que d'autres: quelle 
que soit la souche, l'immunité peut devenir 
imparfaite au bout d'un an ou deux. Cette maladie 
débute généralement par l'apparition de cloques 
autour des lèvres ou des narines. Les plaies 
s'étendent et se multiplient, s'assèchent puis 
forment des croûtes. Finalement, après deux ou 
trois semaines, les croûtes se cicatrisent et 
tombent, laissant des plaques de peau dénudée. 
Ces taches disparaissent au bout de quelques 
jours. On ne peut faire grand chose contre cette 
maladie, si ce n'est lui laisser suivre son cours et 
empêcher une infection bactérienne secondaire en 
appliquant des solutions antiseptiques. C'est pour 
la mère qui nourrit un cabri infecté que la maladie 
peut avoir les pires conséquences. Si cette 
chèvre a une faible immunité, elle développera des 
plaies sur le pis et les trayons et risque de 



59 



contracter une mammite. L'echtyma est 
extrêmement contagieux. Si vous remarquez 
qu'un de vos chevreau en est atteint, séparez tous 
les petits de leur mère et sevrez-les, ou 
nourrissez-les au biberon ou à l'écuelle. Cette 
maladie est aussi transmissible aux humains 
lorsqu'il y a contact avec les plaies ou les croûtes. 
Protégez-vous donc du mieux que vous pouvez et 
portez des gants de caoutchouc. 

Vous pouvez acheter un vaccin contre 
certaines souches du virus ou en préparer un 
vous-même en broyant les croûtes d'un des 
premiers animaux atteints dans un peu d'eau 
distillée et en utilisant cette solution comme un 
vaccin commercial. Mettez à vif en grattant une 
petite surface de peau dénudée et appliquez-y 
cette solution. L'intérieur de l'oreille est un des 
endroits utilisés pour vacciner les chèvres de cette 
manière. La face interne de la queue en est un 
autre. Une plaie se développera à cet endroit et 
sera tout aussi contagieuse que la maladie 
elle-même, mais on peut espérer que la bouche 
ne sera pas atteinte et que l'immunité sera 
acquise. Si l'on prépare les chevreaux au 
printemps en vue d'une exposition, il faut les 
vacciner au moins six semaines à l'avance; ils ont 
en effet besoin d'une période d'incubation de 10 à 
15 jours, puis d'une période infectieuse de trois 
semaines, et enfin d'une semaine supplémentaire, 
par précaution. 

Bien que l'on n'admette pas d'animaux 
atteints d'echtyma dans les expositions, vos 
chèvres risquent toujours d'être infectées par des 
chèvres étrangères. La prévention par la 
vaccination évite bien des problèmes. 

ABCÈS Un animal peut faire un abcès pour 
toutes sortes de raisons : un corps étranger, telle 
une écharde, ou une contusion profonde 
provoqueront une accumulation locale de globules 
blancs avec formation de pus, même en l'absence 
de bactéries. Un échantillon du contenu de 
l'abcès ne révélera que peu ou pas d'agents 
infectieux, tels que les staphylocoques ou les 
streptocoques. 

Dès que vous décelez un abcès chez une de 
vos chèvres, faites analyser un échantillon du 
contenu pour détecter la présence possible de 
Corynebacterium pseudotuberculosis, aussi connu 
sous le nom de Corynebacterium ovis. Cette 
bactérie est la cause d'abcès répétés, au niveau 
des glandes lymphatiques en particulier, et peut 
entraîner le dépérissement et la mort des animaux 
très atteints. Typiquement, le contenu de ce type 
d'abcès est blanc verdâtre et inodore. Lorsque 
l'abcès mûrit, le pus sèche et devient «caséeux». 

On appelle lymphadénie caséeuse la maladie 
causée par cette bactérie, qui se loge dans les 
glandes lymphatiques et s'agglutine par grappes, 
s'entourant d'une membrane de mucus quasi 
impénétrable. Plus cette colonie se développe, 



plus la capsule qui l'entoure devient fibreuse. Les 
antibiotiques n'arrivent pas à franchir la paroi de 
l'abcès. Lorsque la maladie suit son cours normal, 
l'abcès grossit jusqu'à atteindre une certaine taille 
(variable) et la paroi s'amincit en un endroit. Si 
cet amincissement se produit vers l'extérieur, les 
poils tombent avant que l'abcès ne crève et que 
son contenu ne s'écoule. Si l'abcès crève vers 
l'intérieur, la boule semble simplement disparaître, 
mais en fait, le pus continue à répandre l'infection 
dans tout le corps. L'espace entre les poumons 
et le coeur, les tissus conjonctifs entourant les 
intestins, le foie et même les capsules articulaires 
peuvent être infectés d'abcès multiples. La 
chèvre atteinte de plusieurs abcès internes peut 
répandre des particules infectieuses dans les 
matières fécales ou même en toussant. 

Un troupeau qui n'a jamais montré de signes 
de cette maladie peut être contaminé par une 
chèvre provenant d'un troupeau contaminé, que 
celle-ci présente ou non des traces d'abcès (ou 
d'abcès guéri). Certaines chèvres semblent plus 
résistantes que d'autres; il y en a qui développent 
un abcès isolé et qui n'en auront jamais un 
second. 

La conduite du troupeau et le degré d'expo- 
sition des animaux à des germes pathogènes 
jouent un rôle dans les risques d'apparition d'une 
infection. En isolant complètement les nouveaux 
cas avant que les abcès n'éclatent, vous 
minimiserez les risques de contamination. 

Si c'est possible, videz entièrement l'abcès 
avant qu'il ne crève de lui-même. S'il est déjà 
ouvert, videz-le, nettoyez et grattez l'intérieur de la 
capsule et lavez la cavité avec une solution 
antiseptique. Stérilisez ensuite la plaie avec de 
l'alcool ou de la teinture d'iode, et asséchez. Ne 
laissez pas l'animal retourner dans le troupeau tant 
que la plaie ne sera pas entièrement cicatrisée. Si 
un second abcès apparaît, songez sérieusement 
à réformer l'animal avant qu'il ne contamine tout le 
troupeau. Si plusieurs animaux sont atteints en 
même temps, les possibilités d'enrayer la maladie 
seront très réduites. 

Le pus d'un abcès caséeux est porteur de la 
bactérie; il l'empêche de se dessécher et d'être 
au contact des rayons solaires, qui l'inactiveraient. 
Si vous devez utiliser des enclos que vous croyez 
infectés, nettoyez toutes les surfaces avec un jet 
puissant d'une solution antiseptique modérément 
concentrée et séchez complètement. Ce 
traitement est assez sûr. 

Un nouveau vaccin qui donne des résultats 
encourageants a été obtenu en combinant un 
vaccin contre la lymphadénie caséeuse et 
plusieurs vaccins anti-clostridium. Les chevreaux 
qui ont été vaccinés deux fois avant l'âge d'un an 
semblent résister mieux à l'infection. On obtient 
ce vaccin par l'entremise du vétérinaire. La 
conduite du troupeau reste un facteur important du 
succès du programme. 



60 



Corynobacterium pyogenes est une bactérie 
très parente de celle qui cause la lymphadénie 
caséeuse. Ce micro-organisme est presque aussi 
difficile à déloger que son cousin, mais l'infection 
débute presque toujours par quelque atteinte 
préalable. Une engelure, une blessure ou un 
autre traumatisme physique lui permettront de se 
loger dans le corps, provoquant la mammite, la 
laryngite nécrotique ou le piétin. Le pus des 
abcès est plutôt liquide et jaunâtre. Un traitement 
aux antibiotiques à effet systémique se révèle 
généralement inefficace. 

Pour empêcher la bactérie de s'attaquer à 
vos chèvres, protégez les trayons des engelures 
et évitez les blessures dues à des objets 
coupants, comme les fils barbelés. Nettoyez le 
plus tôt possible toutes les plaies, même les 
écorchures, avec un antiseptique. 

Un kyste peut avoir l'aspect d'un abcès. Il 
est par contre généralement rempli d'un liquide 
clair. Des kystes se forment souvent sur les 
conduits salivaires. Ils sont gênants mais pas 
contagieux. 

PARATUBERCULOSE CAPRINE En raison de la 
longue période de latence, les symptômes de 
cette maladie ne se manifestent que lorsque 
l'animal a plus de 2 ou 3 ans. Les excréments 
sont porteurs de la maladie bien avant que les 
symtômes n'apparaissent. L'infection atteint le 
plus souvent les cabris de moins de 6 mois. 
L'agent pathogène, une mycobactérie, peut 
résister plus d'une année dans les excréments ou 
les sols contaminés. 

Il est très difficile, voire impossible, d'établir 
le diagnostic avant l'apparition des signes 
cliniques. On observe un amaigrissement 
progressif et une détérioration de l'état général, 
avec une baisse de la production, même si 
l'appétit se maintient. La diarrhée apparaît au 
cours de la dernière semaine et la mort s'ensuit. 
L'autopsie révèle un épaisissement et un 
plissement caractéristiques de la paroi de l'intestin 
grêle qui empêchaient l'absorption des matières 
nutritives. On peut cultiver le micro-organisme à 
partir d'échantillons de tissus de la zone affectée. 

Dès que vous vous rendez compte qu'il y a 
des individus infectés dans le troupeau, vous 
pouvez prendre des mesures pour empêcher la 
propagation de la maladie. Il faut séparer les 
cabris de leur mère dès la naissance et les élever 
sans qu'ils puissent entrer en contact avec les 
matières fécales des adultes. Si le troupeau 
s'enrichit fréquemment de nouveaux animaux, 
provenant d'élevages dont on n'a pas l'assurance 
qu'ils sont exempts de paratuberculose, vous vous 
éviterez des problèmes en élevant les jeunes de 
cette façon. Vous aiderez aussi à enrayer la 
propagation de plusieurs autres maladies en 
réduisant le plus possible les quantités 
d'excréments auxquelles tous les animaux sont 
exposés. 



LISTÉRIOSE Si une chèvre en gestation 
contracte cette maladie, elle risque fort d'avorter. 
C'est probablement par la bouche que la bactérie 
s'introduit dans l'organisme. Il semble parfois que 
c'est un lot d'ensilage donné qui produit des cas 
de listériose; quand on change de lot, il n'y a pas 
de nouveaux cas qui surviennent. Le germe peut 
aussi être transmis par les poux. Lorsqu'une 
chèvre avorte, faites faire une culture sur le 
placenta et le foetus pour déterminer la présence 
du micro-organisme (qui peut se retrouver pendant 
plusieurs mois dans le lait de la chèvre). Les 
humains peuvent contracter la maladie, qui 
provoque des avortements et des méningites. 

La listériose chez une chèvre non gestante 
prend la forme d'une encéphalite, avec fièvre, 
manque de coordination des mouvements et 
manque d'appétit. La chèvre s'isole généralement 
dans un coin et s'appuie contre le mur. Elle bave, 
et a souvent une ou les deux oreilles pendantes; 
les muscles de la tête et du cou semblent 
spécialement tendus. On parle parfois de «circling 
disease», car on voit l'animal tourner en rond, 
toujours dans le même sens. Si vous entreprenez 
le traitement assez tôt avec de fortes doses 
d'antibiotiques, il sera possible de sauver l'animal. 

C'est à la fin de l'hiver ou au début du 
printemps qu'une attaque de listériose risque le 
plus de se produire; souvent, une période de 
temps plus chaud survenue la semaine 
précédente aura été suivie d'un refroidissement. 
Isolez immédiatement les animaux malades. 

AVORTEMENT CHLAMYDIAL ET VIBRIOSE Ces 
deux maladies se manifestent par des symptômes 
quasi identiques. L'avortement se produit au 
cours des deux derniers mois de la gestation, 
sans guère de signes précurseurs. Les primipares 
et les chèvres qui n'ont jamais été exposées 
précédemment à la maladie sont celles qui 
courent le plus de risques. 

Un diagnostic en laboratoire sur le foetus et 
le placenta permettra de différencier les deux 
micro-organismes. Il existe des vaccins qui 
permettent de prévenir le retour de la maladie les 
saisons suivantes; vous pouvez empêcher dans 
une certaine mesure qu'elle ne se déclare en 
administrant des antibiotiques au cours des 
dernières semaines de la gestation. Il n'est pas 
prouvé que le bouc puisse transmettre l'une ou 
l'autre de ces maladies. Par contre, les 
enveloppes foetales et les matières expulsées lors 
d'un avortement sont très infectieuses : les 
chevrettes risquent d'être infectées à la naissance 
ou peu après, en grignotant de la litière souillée, 
sans montrer aucun signe de maladie jusqu'à leur 
première gestation. 

TOXOPLASMOSE Les chats domestiques sont 
souvent porteurs du protozoaire qui provoque 
cette maladie; il est évacué par intermittences 
dans leurs matières fécales, où il peut survivre 



61 



plusieurs mois. Une solution d'iode ou 
d'ammoniaque à forte concentration tuera le 
parasite. Chez les chèvres adultes, des 
symptômes tels qu'un léger manque de 
coordination ne dureront peut-être que quelques 
jours; elles feront parfois de la diarrhée. 
Toutefois, chez une chèvre en fin de gestation, le 
parasite risque de se localiser dans l'utérus, 
provoquant l'avortement ou la naissance de cabris 
malingres. Après l'infection, la chèvre transmet le 
micro-organisme au lait pendant une période 
indéfinie. S'il boit ce lait non pasteurisé, l'être 
humain peut être contaminé, ce qui entraîne des 
avortements et des malformations foetales. 

MÉTRITE Une infection microbienne de la matrice 
suit souvent un avortement ou une parturition 
difficile, surtout en présence d'une rétention 
entière ou partielle du placenta. Même une mise 
bas normale peut ouvrir la porte à la pénétration 
d'organismes pathogènes dans les voies génitales, 
si elle se fait dans de mauvaises conditions 
d'hygiène. Les organismes qui provoquent la 
métrite peuvent être n'importe quel de ceux, 
nombreux, qui vivent dans l'environnement de la 
chèvre. Ce sont les animaux affaiblis par une 
blessure ou par la malnutrition qui sont envahis. 

Les symptômes généraux apparaîtront de 
une à trois semaines après la mise bas. La 
chèvre refuse de s'alimenter, devient dépressive 
et fait plus de 40 °C. La maladie risque de 
devenir chronique si elle n'est pas traitée; la 
chèvre se rétablit (en apparence complètement), 
mais l'utérus s'épaissit et s'emplit de pus. Le col 
devient parfois impénétrable, la chirurgie étant 
alors la seule façon d'introduire des antibiotiques 
dans l'utérus. A ce stade, cependant, même la 
chirurgie n'a que peu de chances de succès. 

La prévention commence par une bonne 
nutrition. Il faut en particulier que les chèvres 
reçoivent assez de sélénium pour éviter une 
rétention du placenta. Si vous voyez une chèvre 
mettre bas ou avorter, isolez-la dans une zone 
propre. Si elle n'arrive pas à expulser le placenta 
dans les quatre heures qui suivent la naissance 
des cabris, vous pourriez lui donner une injection 
d'oxytocine ou de prostaglandine, qui favorisera 
les contractions de l'utérus. 

Une chèvre saine a de bonnes chances de 
combattre l'infection sans administrations 
régulières d'antibiotiques et la décomposition 
pourra être limitée aux matières placentaires. Par 
contre, une chèvre dont l'état général est 
médiocre ou qui souffre d'épuisement ou de 
maladie résistera moins bien à l'invasion des 
tissus utérins par des organismes pathogènes; des 
antibiotiques pourront lui être utiles après la mise 
bas. Si elle commence à présenter des signes 
d'infection, traitez-la immédiatement selon les 
recommandations du vétérinaire. 



Principales maladies des chèvres 
transmissibles aux humains 

Les humains peuvent contracter de 
nombreuses maladies des animaux. Dans le cas 
des animaux laitiers, le principal danger vient du 
lait qui contient des germes pathogènes. 
Certaines des maladies classiques transmises par 
le lait (tuberculose, brucellose) sont extrêmement 
rares en Amérique du Nord; cependant, le lait de 
chèvre peut contenir d'autres organismes, même 
si personne ne soupçonne que l'animal est 
infecté. La liste suivante reprend certaines 
maladies qui ont déjà été mentionnées, mais sur 
lesquelles il est bon d'insister : 

LISTÉRIOSE Cette maladie peut provoquer des 
avortements, des fausses couches ou des 
méningites chez les humains. 

FIÈVRE Q (Fièvre du berger) Cette maladie 
affecte peu les chèvres mais peut être transmise 
aux humains par le lait cru ou les liquides foetaux. 
Les symptômes sont d'allure pseudo-grippale, 
avec fièvre; la maladie peut entraîner la mort chez 
les bébés et les cardiaques. 

TOXOPLASMOSE Cette maladie est provoquée 
par un parasite protozoaire qui est évacué par 
intermittences dans le lait des porteuses et qui se 
localise dans l'utérus des femmes enceintes. Elle 
provoque des malformations foetales ou des 
fausses couches. Si le foetus est infecté, le bébé 
risque d'être aveugle de naissance. 

SALMONELLOSE Le lait non pasteurisé est 
assurément une source majeure d'infections. Les 
salmonelles peuvent aussi contaminer le lait en se 
propageant dans l'air. Les symptômes gastro- 
intestinaux, notamment la diarrhée, peuvent être 
graves, surtout chez les très jeunes enfants et les 
personnes très âgées. 

AFFECTIONS GASTRO-INTESTINALES La 
yersiniose, la shigellose et la campylobactériose 
sont aussi transmissibles par le lait non pasteurisé. 



AUTRES RACES 
L'Angora 

La chèvre de race Angora est élevée pour sa 
toison, le mohair, l'une des fibres les plus 
précieuses produites dans notre pays. Plus 
petites que les laitières, les chèvres angoras 
pèsent de 27 à 45 kg à maturité. Elles sont 
cornues et robustes sans être épaisses. La robe 
devrait être toute blanche, mais on tolère que les 
oreilles et le nez soient tachetés. On laissera les 
cornes intactes, car elles aident ces chèvres à 
faire leur toilette et à se défendre. 



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La toison devrait couvrir le corps entièrement 
—les oreilles, les yeux, le nez et la bouche étant 
les seules zones qui n'en sont pas recouvertes. 
Idéalement, les poils devraient être de longueur et 
de qualité uniformes et le rendement devrait 
atteindre de 5 à 7 kg par an. En général, les 
fibres provenant d'animaux jeunes ont plus de 
valeur commerciale. Lorsque l'animal atteint l'âge 
de 8 ans, la qualité du poil diminue. 

La conduite de l'élevage des chèvres 
angoras ne sera pas la même que pour les 
chèvres laitières. La toison demande des soins 
spéciaux si l'on veut qu'elle ait de la valeur. 
Comme les moutons, ces animaux ont des 
besoins particuliers à cause de leur toison dense; 
ils souffrent parfois de problèmes qui ne sont pas 
courants chez d'autres chèvres. 

Les Naines : la Pygmée et la 
Nigérienne 

Les chèvres naines ressemblent à des 
chèvres laitières miniatures. Elles ont les oreilles 
dressées, la face droite et peuvent présenter 
n'importe quelle combinaison de couleurs. Pour 
pouvoir être enregistrées au Canada, elles ne 
doivent pas être mottes et la hauteur au garrot ne 
doit pas dépasser 58 cm chez les boucs et 
55,5 cm chez les femelles. 

La chèvre Pygmée est un animal trapu, bien 
musclé, chez qui le cou et le canon (partie 
inférieure des jambes) sont courts. Elle doit avoir 
des oreilles dressées et être née cornue. Elle doit 



aussi avoir une face concave et certaines marques 
de couleur particulières, bien que différents tons 
soient admis. Les marques normales sont le 
museau, le front, les yeux et les oreilles de toutes 
couleurs, sauf chez celles qui sont noires, 
blanches ou caramel. Les animaux dont la couleur 
de base n'est pas foncée doivent avoir une bande 
dorsale avant foncée, ainsi que les onglons et les 
canons arrière, la couronne, la bande dorsale et la 
martingale foncés. Pour les chèvres Agoutis, 
blanc et caramel, des bandes verticales claires sur 
des canons foncés sont acceptables; toutes les 
autres taches sont des défauts graves, mais ne 
disqualifient pas l'animal au point d'empêcher 
l'enregistrement. Cette race doit également 
atteindre la même taille maximum standard que les 
Naines. 

Les deux races miniatures sont surtout 
élevées comme animaux de compagnie. On les 
trouve dans les mini-zoos, mais elles sont 
généralement le centre d'intérêt dans les petites 
fermes où les enfants veulent avoir des animaux 
affectueux, faciles à élever. 

Pour de plus amples 
renseignements 

Si vous souhaitez obtenir plus de ren- 
seignements sur ces races caprines, écrivez à la 
Société canadienne des éleveurs de caprins, dont 
vous pouvez obtenir l'adresse actuelle à Agri- 
culture Canada, Direction générale des communi- 
cations, Ottawa K1A0C7 Tél. : (613) 995-5222. 



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